II DECEMBRE
Le deuxième jour de décembre de l'an 1635, mourut à Brisach le P. GoDEFROY Feller, de Luxembourg, victime de sa charité au service des pestiférés. Il n'était prêtre que depuis un an, et s'exerçait à l'apostolat parmi les pauvres et les soldats malades, sans crainte du péril, qui avait mis en fuite presque tous les prêtres des environs. Si parfois il quittait le lit des mourants, c'était pour aller mendier de porte en porte tout ce qui pouvait servir à les soulager. Beaucoup d'hérétiques touchés de son dévouement voulurent expirer entre ses bras, après s'être sincèrement réconciliés avec Dieu.
Bientôt il fut frappé à son tour. Dès qu'il eut reçu les derniers sacrements, il conjura ses frères de s'éloigner dans la crainte de leur communiquer la contagion. II s'estimait heureux de mourir comme le bienheureux Xavier qu'il avait pris pour modèle, privé de tout secours humain et sous les seuls regards de Dieu. Le P. Feller n'était âgé que de trente-et-un ans, dont il avait passé quatorze dans la Compagnie.
Alegambe, Heroes et Victimœ charit., p. 381. — Drews, Fasti.^ 2^ decemb.y p. 473. — Kropf, Histor. Provinc. German. Super., t. 5, decad. 10, n. 486, p. 243.
* Le deuxième jour de décembre de l'an 1676, mourut à Rome, dans la maison professe du Gesù, le P. Nathanael Bacon, plus connu sous le nom de Souïhwell, pseudonyme qu'il avait pris, selon l'usage, en entrant au collège anglais de cette ville. Il était né dans le comté de Norfolk en Angleterre. Après avoir rempli pendant plusieurs années les fonctions de ministre, de procureur et de Père spirituel dans ce même collège anglais, il fut nommé Secrétaire de la Compagnie par le Vénérable P. Vincent Garaffa. Il exerça cet emploi avec tant de zèle et d'application, il y fît paraître une telle connaissance de l'Institut, tant de sagesse et d'intelligence des affaires, qu'après le P. Vincent Garaffa, quatre Généraux lui donnèrent successivement la même confiance et le retinrent auprès de leur personne.
G'est alors seulement que le P. Southwell eut permission de se retirer pour préparer une nouvelle édition de la Bihliothcque des écrivains de la Compagnie, « œuvre véritablement admirable, dit le docteur Oliver, par les rechercbes qu'elle suppose, le soin avec lequel elle est composée, l'élégance du style, et même la piété et la délicatesse de sentiment qu'elle respire partout ». Nous relevons d'autant plus volontiers cette appréciation élogieuse, que pour écrire le Ménologe de la Gompagnie, nous avons plus souvent et plus largement puisé dans cette Bibliothèque, fruit du travail du P. Southwell et de ses devanciers, les Pères Ribadeneira et Philippe Aleg'ambe. Au témoignage encore du docteur Oliver, le P. Southwell était considéré par ses frères comme une vivante image de la vertu et de la sainteté siniulaeruni quoddani virtutis et sanctitatis. II s'éteignit plein de jours et de mérites à l'âge de soixante-dix-