‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 288 sur 356 · IV DECEMBRE · texte numérisé non relu

IV DECEMBRE

* Le quatrième jour de décembre de l'an 4622, mourut à Malines le P. Jean Wiring, de Louvain, longtemps missionnaire en Hollande. 11 n'avait point de plus ardent désir que de partager les humiliations et les souffrances de Jésus-Christ. Trahi par un malheureux catholique comblé de ses bienfaits, il fut découvert dans la retraite où il était obligé de se cacher et condamné à la prison. En entrant dans son cachot, il fit éclater sa joie de la manière la plus vive et baisa avec amour les fers dont on chargea ses mains. Les catholiques voulaient le racheter à prix d'argent. Il les conjura de n'en rien faire ; car, disait-il, ni sa santé, ni sa réputation, ni sa vie elle-même ne méritaient qu'on dépensât pour elles un denier ; et s'il était conduit au supplice, il serait au comble de ses vœux. La captivité n'enchaîna point son zèle et sa parole. Nombre d'hérétiques, qui jusqu'alors avaient résisté à toutes ses instances, se laissèrent toucher par ses prières et ses exhortations et abjurèrent l'erreur. En même temps, son frère, le P. Thomas Wiring, lui écrivait pour le féliciter ; les fidèles le vénéraient comme un confesseur de la foi ; et quand, sur les instances d'une noble dame catholique, il eut été rendu à la liberté, après une détention de sept mois, un personnage considérable a-

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cheta ses chaînes à grand prix pour les garder comme un trésor et une relique.

Le P. Jean Wiring se remit aussitôt à ses œuvres, surtout auprès des pauvres. Après la bataille de Fleurus, livrée le 30 août 4622 entre Gonzalve de Cordoue et Ernest de Mansfeld, une épidémie terrible se déclara parmi les troupes des deux camps. Les soldats espagnols remplissaient les hôpitaux de Louvain, de Bruxelles et de Malines. Le P. Wring, qui demeurait dans cette dernière ville, se consacra au service des malades avec un entier dévouement. Frappé par la contagion, une consolation extraordinaire inonda son âme ; et quand le moment suprême fut arrivé, on vit ses traits s'éclairer d'une douce joie ; a. Mori non timeo, dit-\\, quia honum Dominum habeo ; je ne crains pas de mourir, car j'ai un bon Maître ». Le P. Jean Wiring était âgé de cinquante-deux ans, il en avait passé trente-trois dans la Compagnie.

Menolog. ms. (Arch. Rom.). L'auteur de ce ménologc cite Ann. flandrobelg. 1622, Mechlin. — Gordara, Histor. Soc, part. 6^ lib. 7, n. 84, p. 368. — Imago primi saeculi, lib. 6, p. 802. — Societ. Jesu in NeerlancL, p. 15. — Sotuellus, Biblioth., p. 513. — Sommervogel, Biblioth., t. 8, p. 739.

* Le quatrième jour de décembre de l'an 1684, mourut à Polotsk le F. Mathias Serenensis, l'un de ces héroïques Frères Goadjuteurs, remplis de l'esprit de saint Ignace, prêts à donner pour la Compagnie la sueur de leur front et tout le sang de leurs veines. Il remplissait l'office de sacristain au collège de Dûna-

bourg-, lorsque les Suédois s'emparèrent de cette ville. Les ornements sacrés de l'église et d'autres objets avaient été sauvés à temps et mis en lieu sûr. Le F. Serenensis, retiré dans un village voisin, surveillait le précieux dépôt. Mais soit dénonciation malveillante, soit perquisitions plus actives des Suédois, ceux-ci finirent par le soupçonner de cacher un trésor.

' Ils se saisissent alors de sa personne et, à force de menaces fet de coups, tentent de lui arracher son secret. Le Frère répond d'abord d'une manière évasive et cherche à leur donner le change. Il ne fait que les irriter ; et leur fureur croissant avec leur convoitise, ils en appellent aux moyens extrêmes. Ils dépouillent le prisonnier, promènent des torches ardentes le long- de ses épaules et de ses flancs, et entourent sa tête d'une lanière qu'ils serrent avec violence au moyen d'un écrou. Le fidèle serviteur de Dieu et de la Compagnie ne dit pas un mot, et les brigands, de guerre lasse, renoncent à d'inutiles cruautés. Le F. Serenensis se ressentit toute sa vie de cette torture ; il ne laissa pas de travailler jusqu'à l'entier épuisement de ses forces. Après sa mort, son visage apparut comme transfiguré. Il était âgé de soixante-et-onze ans, et en avait passé quarante-neuf dans la Compagnie.

Summar. vitx ilefunct. Provinc. Lithuan. (Arc/iw. Rom.). — Posza- KOwsKi, Societ. Jesu lithuan., p. 763.

* Le quatrième jour de décembre rappelle la mémoire des Frères Coadjuteurs Henri Aler et Paul Haecx, morts l'un et l'autre

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