IV DÉCEMBRE. FF. ALER ET HAECX
en g-rande réputation de vertu, le premier à Aix-la-Chapelle en 1735, le second à Anvers en 1653.
Le F. Henri Aler était né dans le Luxembourg. Il savait le latin, le français et l'allemand. Mais loin de se prévaloir de ces connaissances, il ne pensait qu'à se faire oublier ; nul n'était plus humble, plus respectueux envers les prêtres et les supérieurs, plus mortifié. Il prenait son court sommeil sur un sac, se flagellait tous les jours pendant un quart d'heure, et ne quittait jamais une ceinture hérissée de pointes de fer, dont il était encore armé au moment de sa mort, à l'âge de soixante-quinze ans.
Le F. Paul Haecx appartenait à l'une des premières familles d'Anvers. Cependant il ne voulut point d'autre degré dans la Compagnie que celui des Frères Coadjuteurs. Il remplit tour à tour les offices de tailleur, de cuisinier, de portier et de sacristain, avec une diligence et une allégresse qui témoignaient hautement de la sincérité et de la générosité de son sacrifice. Quatorze des Nôtres avaient succombé en se dévouant au service des pestiférés. Le F. Haecx ne voulut céder à aucun autre le périlleux honneur de les ensevelir lui-même de ses mains ou de les porter sur ses épaules jusqu'à l'endroit de leur sépulture.
Mais sa charité et son abnégation brillèrent avec un éclat encore plus vif peut-être dans une autre occasion. Un pauvre Frère Scolastique avait perdu la raison. Le F. Haecx se constitua son consolateur et son gardien. Pendant quinze ans, dit le P. Nadasi, il lui prodigua tous les soins avec une inaltérable patience, avec l'amour, la délicatesse d'un frère et d'une mère. Dieu l'éprouva lui-même par de longues et pénibles souffrances ; mais ni son courage, ni la sainte joie de son âme ne se démentirent un seul
moment. Enfin, riche de ses inérites, le fidèle disciple de la charité et de l'humilité de Jésus-Christ s'endormit saintement dans le Seigneur, à l'âge de soixante-cinq ans, dont il avait passé trentehuit dans la Compagnie.
F. Henri Aleh. — Suininar. vitiv defunct. Provinc. Rheni Infer. (Arc/i. Rom.}.
F. Paul IIaecx. — Nadasi, Annus dier.., 4» dec, p. 306. — Oviedo,
Elogios de Herinaiios Coadjiit.., t. 2, p. 515. — Levens van Broeders
Coadj., p. 678.
* Le quatrième jour de décembre de l'an 1663, mourut à Gand le F. Barthélémy Rogmans, Coadjutcur temporel, après avoir exercé pendant près de quarante ans l'office de portier dans les collèges de Bois-le-Duc et de Gand. Son exactitude, son air grave et recueilli, montraient assez l'esprit de foi dont il était animé. Il ne perdait jamais de vue la présence de Dieu et priait sans cesse ; plusieurs assurent qu'il était parvenu à un haut degré de contemplation. Ses paroles aux personnes qui venaient à la porte étaient pleines de douceur et d'urbanité ; et, suivant le sens de sa règle, il ne manquait pas, à l'occasion, de leur dire quelque mot de Dieu. La nuit, afin d'être prêt à ouvrir, dès qu'on viendrait appeler un Père pour quelque malade, il prenait son repos à demi habillé. En toute chose, il se traitait lui-même avec une extrême rigueur ; peu de jours avant sa mort, lorsque l'épuisement de ses forces l'obligea de se rendre à l'infirmerie, on le trouva encore