‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 293 sur 356 · VII DECEMBRE · texte numérisé non relu

VII DECEMBRE

Le septième jour de décembre de l'an 1621, mourut à Tournai le Frère Coadjuteur Ignace De Rassinghem, de l'illustre famille des comtes de ce nom. A l'âge de trente-neuf ans, il avait renoncé généreusement à toutes les grandeurs du monde, pour consacrer le reste de ses jours aux emplois domestiques dans la Compagnie ; et il y persévéra jusqu'à la mort avec la réputation d'un saint. Son amour pour les humiliations l'empêcha seul d'aspirer au sacerdoce. Il avait pris pour devise ces paroles du Roi-prophète : Elegi ahjectus esse in domo Del mei (Ps. 83. 11.). Son plus grand plaisir était d'être rencontré, dans l'exercice de ses humbles fonctions, par l'évêque de Tournai son frère et les seigneurs de sa maison. Il n'entreprenait rien de tant soit peu important dans son office, sans demander à genoux, avec l'humilité et la simplicité d'un enfant, la bénédiction de son supérieur, comme il l'aurait demandée à Notre-Seigneur lui-même.

Pendant ses dix-neuf années de vie religieuse, le F. De Rassinghem mérita d'être offert aux plus jeunes novices comme un modèle d'obéissance entre les mains de ceux qui lui tenaient la place de Dieu. Il avait un amour très tendre et un respect profond pour sa vocation. C'était une de ses plus douces joies, quand

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il exerçait l'office de portier, d'ouvrir à ceux qui se présentaient pour entrer dans, la Compagnie ; mais quant à ceux qui manquaient de parole à Dieu et retournaient au monde, il ne les jugeait pas dignes d'un seul mot, et refusait absolument de se faire leur intercesseur auprès des grands.

Summar. vitœ defunct. Provinc. gall.-belg. {Arch. Rom.]. — Nadasi, Ann. dier. memor., 7* dec, p. 311. — Id., Pretiosas occupât., c. 24, «.5, p. 204. — Drews, Fasti, 7» dec, p. 481.

* Le septième jour de décembre de l'an 1602, mourut à Palerme le F. Hubert Ketel, d'Anvers. Il avait fait ses études et reçu le diaconat avant son entrée dans la Compagnie. 11 n'en demanda pas moins à partager le genre de vie de nos Frères Coadjuteurs, et obtint de n'être jamais élevé au sacerdoce. Il se sanctifia dans les offices domestiques, et les remplit avec un soin et un empressement joyeux, qui étaient pour tous un grand sujet d'édification. L'auteur de sa notice se plaît à relever son admirable propreté, indice, selon notre Bienheureux Père, de la pureté de l'âme. Le F. Ketel mourut à l'âge de soixante-seize ans, dont il avait passé cinquante-trois dans la Compagnie.

Litterœ ann. Societ., ann. 1602, p. 5. — Nadasi, Ann. dier., 17* dec, p. 329. — Aguileba, Histor, Prou. Sîcul., t. 1, p. 436.

* Le septième jour de décembre de l'an 175Î, mourut à Antequera, dans la Province d'Andalousie, le P. Léonard Sweetman, irlandais. Il était né à Dublin le 1*''" août 1708, d'une noble et très chrétienne famille, et avait été élevé par les Pères de la Compagnie. Dès l'âg-e de treize ans, tels étaient déjà son éloignement du monde, sa piété, sa modestie, qu'on l'appelait « le petit jésuite ». Moins de trois ans après, il entra au noviciat de Saint-Louis à Séville. Il fit sa rhétorique à Garmona, sa philosophie et sa théologie à Grenade, et après sa troisième probation fut renvoyé dans son pays. 11 y supporta de grandes fatigues pour la gloire de Dieu et le bien des âmes. Tout en soutenant la foi des catholiques, il fît de précieuses conquêtes dans les rangs de l'hérésie. Le 15 août 1742, il prononça ses vœux solennels à Clonmel entre les mains du supérieur de la mission ; le même jour un ordre du Père Général, François Retz, le rappelait en Espagne. Le nouveau profès n'attendit pas au lendemain pour obéir. Le soir même de la fête, sans autre bagage que son bréviaire, sans autre vêtement que ceux qu'il portait alors, il partit pour s'embarquer à Waterford.

En Espagne, le P. Sweetman enseigna tour à tour la philosophie et la théologie morale. Mais sa santé toujours chancelante l'obligea bientôt de quitter sa chaire ; il se livra quelque temps au ministère apostolique et, parmi les protestants que le commerce attirait à Cadix, il eut la joie d'en gagner plusieurs à l'Eglise romaine. Ses forces continuant à décliner, les supérieurs l'envoyèrent au collège d'Antequera, avec ordre de cesser tout travail et de penser uniquement à se reposer. Le religieux obéit ; mais dans

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