VIII DÉCEMBRE. P. HENRI MORE
plier les industries pour les arracher à leur triste état. Les pauvres, les moribonds, les condamnés à mort, étaient également l'objet de sa sollicitude. A cinq reprises différentes, il se consacra au service des pestiférés à Lublin. 11 leur prodiguait tout ensemble les secours de l'âme et ceux du corps. On assure que dans un de ces temps de contagion, il nourrit jusqu'à quatre mille indigents, cinq mille dans un autre. Chargé d'une lourde corbeille remplie de pain, il allait leur distribuer lui-même ce qu'il avait recueilli pour eux. Le P. Halecius venait de s'exposer pour la cinquième fois ; le fléau avait perdu de sa violence et paraissait prêt à disparaître ; lui-même était sur le point de retourner au milieu de ses frères, lorsqu'il fut saisi par le redoutable mal, et succomba bientôt, glorieuse victime de sa charité, à l'âge de cinquantedeux ans, dont il avait passé trente dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunct. Provinc. Polon. (Arch, Rom.).
* Le huitième jour de décembre de l'an 1661, mourut à Watten le P. Henri More, arrière-petit-fils de cet illustre Thomas More, grand chancelier d'Angleterre, condamné à la peine capitale par Henri VIII pour avoir refusé le serment de suprématie. A l'âge de vingt ans, Henri More entra au noviciat, qui venait de s'ouvrir à Louvain, grâce à la munificence de la pieuse Dona Luisa de Carjaval, bienfaitrice insigne de la Compagnie. Après avoir terminé ses études en Espagne et rempli successivement les fonctions de
ministre et de compagnon du Maître des novices, il revint dans son pays travailler au salut des âmes, et fît par lui-même l'expérience des fatigues, des privations, des dangers sans nombre, au prix desquels les ouvriers apostoliques achetaient leurs succès, et dont il] devait plus tard tracer un si vivant tableau dans son Histoire de la Province d'Angleterre.
Le Père More fut deux fois arrêté et deux fois jeté en prison. Ses grandes qualités l'appelèrent ensuite aux charges les plus importantes. 11 fut Recteur de plusieurs collèges. Instructeur des Pères de troisième probation et Provincial, « Le P. More, dit le P. Southwell dans sa Bibliothèrjue, était un religieux d'une grande vertu, d'une prudence éprouvée, d'une régularité parfaite, sobre de paroles, assidu au travail, tout à son devoir. Il mangeait peu, ne prenait qu'un court sommeil, ne perdait pas une parcelle de temps». II mourut à l'âge de soixante-quatorze ans, dont il avait passé cinquante-quatre dans la Compagnie.
SoTUELLUs, Biblioth., p. 329. — Sommervogel, Bîblioth., t. 5,/;. 1305. — FoLEY, Records, t. % p. 416 et suiv. ; t. 1, p. 518. — Oliver, Collections, p. 147.
* Le huitième jour de décembre rappelle le souvenir de deux Frères Coadjuteurs de la Province de Lithuanie qui, formés l'un et l'autre aux lettres humaines, sollicitèrent avec instances et obtinrent la grâce de servir Notre-Seigneur dans l'humilité des offices domestiques.
YIII DÉCEMBRE. F. SIMON WOYSZNAR. S09
Le F. Casimir Rudzinski, mort à Vilna en 4675, était un modèle accompli de la perfection que saint Ignace demande aux Frères Coadjuteurs. Son obéissance aux moindres signes de la volonté des supérieurs, sa promptitude à se charger, sans un murmure ni une plainte des plus pénibles fardeaux, lui avaient fait donner le glorieux surnom à'asellus Christi. A force de lutter contre lui-même, il était devenu pleinement maître de ses passions et de tous les mouvements de sa nature ; rien ne pouvait altérer la sérénité de son âme et de son visage. Pendant près de trente ans, il remplit à Vilna le laborieux emploi de pécheur, et fut chargé de pourvoir de poisson le grand collège de cette ville. Or, remarque son biographe, telles étaient son activité et son ardeur au travail, qu'il ne manqua jamais d'apporter à point nommé toute la provision nécessaire. Le F. Rudzinski expira, comme il l'avait désiré, aux premières heures de la fête de l'Immaculée Conception. Il était âgé de cinquante-quatre ans et en avait passé trente-trois dans la Compagnie.
Le F. Simon Woysznar, élève de notre collège de Pultowsk, vit longtemps ses prières repoussées avant de pouvoir partager le genre de vie de nos Frères Coadjuteurs. C'est seulement après avoir terminé son cours de dialectique, qu'il triompha des résistances du Père Provincial. Il attribuait cette grâce à la très sainte Vierge, à laquelle il avait depuis son enfance une tendre dévotion, et qu'il avait coutume d'honorer sous son titre d'Immaculée. Outre le chapelet et le petit office, il récitait chaque jour à sa louange des prières spéciales qu'il avait composées lui-même, et ne négligeait rien pour répandre les mêmes pratiques autour de lui. Le Frère Woysznar mourut à Lomza en 1706, le jour même
OÙ l'Église célèbre la fête de l'Immaculée Conception de la Mère
de Dieu. Il était âgé de trente-quatre ans et en avait passé cinq dans la Compagnie.
F. Casimir Rudzinski. — Summar. vitse defunct. Provinc. Lithuan. JArck. Rom.). — Poszakowski, Societas Jesu lith.^ p. 726.
F. Simon Woysznar. — Summar. vitœ defunct. Provinc. Lithuan. (Archiv. Rom.).