XI DECEMBRE
Le onzième jour de décembre de l'an 1613, mourut au collège d'OImutz, en grande réputation de vertu, le P, Thomas Williams, âgé de soixante-quatorze ans, dont il avait passé cinquante-six dans la Compagnie. Né a Oxford, il s'était exilé volontairement dès sa jeunesse, pour pratiquer plus librement sa foi dans un pa3's catholique, et s'était rendu en Flandre, où la vue de nos premiers Pères lui inspira bientôt le désir de travailler aussi à la gloire de Dieu. Mais avant d'entrer au noviciat, il voulut essayer quelque temps s'il aurait le courage de souffrir ce que demandait une vie d'apôtre, et il se mit à maltraiter son corps et à dormir sur la terre nue.
Une sérénité perpétuelle brillait sur son visage ; c'était conîme l'épanouissement de son angélique pureté. Beaucoup d'âmes désolées avouèrent que toutes leurs peines intérieures se dissipaient à sa seule vue. La dévotion de préférence du P. Williams était celle des mystères de la crèche ; il avait sans cesse l'image du divin Enfant devant les yeux. Sa constance à demeurer fidèle, jusque dans sa vieillesse, malgré le froid et les infirmités, aux pratiques de piété qu'il s'était imposées pour se préparer à la fête de Noël, semble avoir été la principale cause de sa dernière maladie et de sa mort.
Litter. ann. Societ., anno 1613, p. 92. — Schmidl, Histor. Provine. Bohem., t. 2, Ub. 6, n. 24, p. 705. — Morxjs, Histor. Provine. Angl., lib. 1, p, 17. FoLEY, Records, t. 4, p. 572; t. 1, p. 847. — Oliver, Collections., p. 225.
* Le onzième jour de décembre de l'an 162b, expira très saintement au collège d'Anvers le P. Jacques Van Duivenvoorde, victime 4e son zèle et de . sa charité, à l'âge de trente-deux ans. Né à La Haye d'une famille catholique également noble et opulente, dont il était l'unique rejeton, il voyait le plus bel avenir s'ouvrir devant lui, lorsque la fin prématurée d'un jeune homme, mort sous ses yeux, le détacha pour jamais des vanités du monde et lui inspira la résolution de se donner à Dieu dans la Compagnie. Mais ses parents, dont ce dessein ruinait les plus chères espérances, lui firent une opposition longtemps insurmontable. Pendant toute une année, Jacques Duivenvoorde fut retenu comme captif dans la maison paternelle, et soumis tour à tour aux assauts de la tendresse la plus caressante et de la colère la plus terrible. Rien ne put l'ébranler. Un des membres de sa famille, chargé par les Etats d'une mission auprès des cours de France, de Suède, de Danemark, de Pologne et de Venise, s'offrit à l'emmener avec lui, sous couleur d'éprouver sa vocation. Si séduisante que fût la perspective de ces grands voyages, pour un seigneur de son âge et de son rang, il refusa et. Dieu bénissant sa générosité, il vit presque aussitôt tomber les barrières élevées jusque là devant lui et courut s'enfermer au noviciat de Malines.
Sa ferveur répondit à une si admirable constance. Jacques Van