‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 298 sur 356 · X DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

X DÉCEMBRE

i Le dixième jour de décembre, moururent saintement deux insignes ouvriers de la Compagnie, nés en Belgique et célèbres par leurs travaux en Allemagne et en Bohême, le P. Charles de Gro- BENDONCQ, au Collège Saint-Clément de Prague en 1672, et le Pè- 4-6 Michel Cuvelier à Cologne en 1651.

- Le P. Charles de Grobendoncq, né à Malines d'une illustre famille, avait été formé à la vertu et à la science par les PP. Coster., Lessius et Scribani. Quand la Province de Bohême se détacha de celle d'Autriche, et fît appel à la Belgique pour en obtenir un setîours en hommes, il se hâta de s'offrir aux supérieurs. Il voulait aller travailler au salut des hérétiques de ce pays et, en s'éloignant de sa patrie, s'ensevelir dans l'oubli et rompre sans retour avec les affections humaines de la chair et du sang. Il enseigna successivement la rhétorique, la philosophie et les sciences sacrées a Olmutz et à Prague, et remplit pendant de longues années, avec une grande réputation de doctrine et de vertu, la charge de Préfet général des études. Le P. De Grobendoncq avait un talent si extraordinaire pour arracher - les âmes à l'hérésie, que l'empereur Ferdinand lll lui envoyait ceux des grands de sa cour et des généraux de ses troupes, engagés dans, les erreurs de Luther, qui A. G. II. — T. II. — 65.

avaient résisté jusque là à toutes les tentatives de conversion, pour qu'il les ramenât à la vraie foi ; et il eut en effet la gloire de faire plus d'une illustre conquête. Il mourut dans la soixante-douzième année de son âge et la cinquante-cinquième depuis son entrée dans la Compagnie.

Le P. Michel Cuvelier, professeur de mathématiques et confesseur du jeune prince de Neubourg, avait fait admirer en lui, pendant près de vingt ans, dans les différentes cours d'Allemagne et de Pologne, une régularité religieuse que nulle considération humaine n'avait été capable d'altérer. Suivant une maxime du Vénérable P. Vincent Caraffa, il donnait d'autant plus de temps à la prière, qu'il était obligé de vivre plus habituellement au milieu du monde. Aussi dès qu'il reparaissait dans nos collèges, son recueillement, son exactitude et sa modestie, étaient un grand sujet d'édification pour les plus jeunes et les plus fervents religieux. Comme la charité de ses frères cherchait à le soulager dans les douleurs de son agonie : « Ah ! dit-il en gémissant, ce n'est pas ainsi que mon Sauveur a été traité sur la croix ». Le P. Cuvelier était âgé de cinquante ans, dont il avait passé trente-deux dans la Compagnie.

P. Charles de Grobendoncq. — Crugerius, Pulveres Sacri, 10a dec, p. 54.

— Sotuellus, Biblioth., p. 129. — Schmidl, Hislor. Provinc. Bohein., t. 3, 4, 5, passini. — Cf. indicem. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 1840.

— Pelzel, Boemische Gelehrte, p. 26.

P. Michel Cuvelier. — Lillerse atin. Societ., anno 1651, p. 216. — So- TUELLUS, Biblioth., p. 612. — Summar. vitse defunct. Provinc. Rheni Infer. {Archiv. Rom.}. — Hartzheim, Biblioth. Colon., p. 249. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 1750.

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