XIII DÉCEMBRE. — P. JACQUES WOYCIECHOWICZ
avait passé dix-sept dans la Compagnie, victime, comme on croit, du mal contracté au chevet d'un moribond.
Hîstor. resid. Dunkerkanœ, ad ann. 1622 (Arc/i. Rom.).
* Le treizième jour de décembre de l'an 1719, mourut au collège de Vilna le P. Jacques Woyciechow^icz, appelé l'ange terrestre par les témoins de sa sainte vie. Si la pureté de son âme et sa ferveur lui méritèrent ce titre, il n'en fut pas moins digne par sa mortification et son détachement des choses créées. Son oraison jaculatoire habituelle était celle de saint Jean de la Croix : « Domine, pati et contemni pro te ; Seigneur, souffrir et être méprisé pour vous ». Dans ses oraisons, ses communions, ses visites au saint Sacrement, il demandait toujours cette grâce précieuse entre toutes de la souffrance et de l'humiliation. En attendant qu'il plût à Dieu de le soumettre à l'épreuve, il se traitait lui-même avec une impitoyable rigueur ; il s'était imposé la loi de ne laisser passer aucune heure, et pour ainsi dire aucun moment du jour, sans quelque pratique de renoncement.
Ordonné prêtre, le P. Woyciechowicz entra plein de joie dans la carrière apostolique ; mais ses forces s'y consumèrent rapidement. Après une grande mission à Kônigsberg, oix il avait arraché une multitude d'âmes à l'hérésie, il revint au collège de Vilna brisé de fatigue et portant déjà la mort dans son sein. La maladie fit éclater son merveilleux amour de Dieu. Tels étaient ses transports, au moment presque où il allait rendre le dernier soupir, que son A. G. II. — T. I. — 66.
supérieur, pour lui épargner une fatigue, crut devoir l'engager à les modérer : « Quoi donc, reprit-il, je suis à ma dernière heure, et je trouverais pénible de donner à mon Dieu infiniment digne d'amour, le suprême hommage de ma vie » ! Il s'endormit dans la paix du Seigneur, à l'âge de trente-quatre ans, dont il avait passé dix-sept dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunct. Provinc. Lithuan. [Archiv. Rom.). — Patrignani, Menol., 13 dic.^ p. 115.