‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 305 sur 356 · XIV DECEMBRE · texte numérisé non relu

XIV DECEMBRE

Le quatorzième jour de décembre de l'an 1630, mourut à Ruremonde, en odeur de sainteté, le P. Arnold Cathuis, de Leeuwarden, appelé au ciel, comme on a lieu de le croire, par son frère aîné, homme d'une très sainte vie, mort deux mois seulement auparavant. Le P. Cathuis avait évangélisé pendant onze ans la Frise sa patrie, au milieu de dangers sans nombre. Aux fatigues de l'apostolat, il ajoutait encore, en dépit de douleurs continuelles de la tête et des entrailles, des austérités si excessives, que ses supérieurs se crurent obligés en conscience à les modérer. Pour ne rien perdre du mérite et du sentiment de ses souffrances, sans néanmoins exposer sa vie, le P. Cathuis tourmentait successivement toutes les parties de son corps par des flagellations sanglantes, afin de laisser à ses plaies anciennes le temps de se refermer. En temps de peste, on le vit porter sur ses épaules le cadavre d'un soldat, afin de lui donner la sépulture. Recteur du collège de Ruremonde dans des circonstances très difficiles, il veillait lui-même plusieurs fois par semaine auprès de ses malades, quand ils étaient en danger.

Sa confiance était sans bornes. 11 n'avait, disait-il, aucune crainte

de voir jamais les ressources temporelles lui faire défaut pour soutenir la communauté, certain que Dieu ne lui enverrait jamais personne, par le moyen des supérieurs, sans lui donner en même temps de quoi le nourrir. Les voyages et les promenades mêmes de ce saint homme, étaient comme autant de pèlerinages à quelqu'un des théâtres de la Passion du Sauveur. Dans ses dernières années, au collège de Ruremonde, il avait divisé en esprit les différentes parties du jardin, et aimait à suivre Notre-Seigneur depuis Gethsémani jusqu'à la croix. La tendre affection du Père Cathuis pour notre B. Père, lui faisait vénérer et mettre en pratique les moindres paroles des Constitutions et des Exercices. Pour engager nos Pères et Frères à estimer et aimer leur vocation, il leur disait souvent : « Je crois en vérité que si un ange descendait sur la terre, il n'embrasserait pas un autre genre de vie ». Le P. Cathuis mourut à l'âge de cinquante-quatre ans, il en avait passé trente dans la Compagnie.

Necrolog. Provinc. flandr.-belgic. (Archiv. Rom.}. — Cordara, Histor. Societ. Jesu, part. 6^, tib. 15, n. 144, p. 387. — Tanner, Societ. Jesu apostolor. imitatr.. p. 614. — Sotuellxjs, Biblioth., p. 90. — Nieremberg, Varones ilustres, 2^ édit.., t. 5, p. 633. — Nadasi, Ann. dier. memor.., 13» dec, p. 322. — Drews, Fasti.., 13" dec, p. 490. — Patrignani, Menolog., 13 die, p. 110. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 879. — Menai, hollandais^ 14 de'cenibr. — Paquot, Mémoires., t. 7, p. 127. -^

* Le quatorzième jour de décembre de l'an 1674, mourut très saintement à Lille le P. Henri Molart, né à Huy, vénérable vieillard âgé de soixante-dix-neuf ans, dont il avait passé cinquante-

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