‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 32 sur 356 · XVIII JUILLET. — P. STANISLAS CZERNIEWICZ · texte numérisé non relu

XVIII JUILLET. — P. STANISLAS CZERNIEWICZ

détacher des vanités du monde. Le clergé séculier et les différents Ordres religieux, Cisterciens, Franciscains, Chartreux, Basiliens, Carmes, Dominicains, lui durent des recrues considérables ; la seule Compagnie en reçut près de cent vingt ; et ce qui n'est pas moins admirable que l'affluence de ces vocations, c'est leur solidité. On a remarqué en effet que parmi ces jeunes gens un très petit nombre manquèrent de persévérance.

Le P. Graben fut emporté par une attaque d'apoplexie à l'âge de soixante-dix ans ; il n'avait jamais été malade. Dans sa jeunesse seulement, il avait eu à souffrir du mal de dents ; il en fut guéri par le P. Lancicius d'une manière assez originale. Le saint homme le rencontrant un jour la tête enveloppée d'un bandeau et la joue gonflée par une énorme fluxion : « Qu'avez-vous » ? lui demanda-t-il ; et sur la réponse du scolastique, il lui donna un soufflet : « Allez maintenant, dit-il ; vous ne souffrirez plus » ; et de fait, ajoute l'annaliste, le P. Graben fut guéri pour toujours.

Summar. vitae defunct. Provinc. Lithuan. (Archiv. Rom.]. — Posz\- KowsKi, Societ. J. Util.., p. 268. — Drews, Fasti, 18* jid.., p. 275. — SoMMERvoGEL, BibUotli., t. 3, p. 1645.

* Le dix-huitième jour de juillet de l'an 1785, mourut à Stajki, maison de campagne du collège de Polotsk, le Père Stanislas CzERNiEV\'icz, salué avec une pieuse reconnaissance par ses biographes comme le second père de la Compagnie. 11 était né dans le territoire de Kowno et dès l'âge de quinze ans avait revêtu les livrées

de saint Ignace. Il fut tour à tour professeur de rhétorique au collège de Varsovie, Substitut de l'Assistant d'Allemagne à Rome, et Recteur du collège de Polotsk. Il occupait cette dernière charge quand eut lieu le partage de la Pologne et, l'année suivante, la suppression de la Compagnie par le pape Clément XIV. On sait les démarches que fit alors le P. Czerniewicz pour se conformer à la volonté du Vicaire de Jésus-Christ et comment l'impératrice de Russie s'opposa à la promulgation du bref dans ses états.

Quelques années plus tard, un noviciat fut ouvert à Polotsk, avec l'assentiment de Pie VI ; et les profès qui survivaient encore s'étant réunis en congrégation dans cette même ville, élurent le P. Czerniewicz Vicaire général de la Compagnie avec tous les pouvoirs que l'Institut confère au premier supérieur de l'Ordre. Le P. Czerniewicz était digne de la confiance de ses frères pour sa prudence, sa grandeur d'âme, jointes à une profonde humilité et à une continuelle union de cœur avec Dieu. Chaque jour, il consacrait plusieurs heures à l'oraison et, quand il avait à prendre quelque résolution plus importante, il prolongeait encore ces pieux entretiens. Sa dévotion au Sacré-Cœur est connue ; il s'en était fait le propagateur parmi les Nôtres et les étrangers ; le Cœur de Jésus, dit un de ses biographes, était son refuge dans ses doutes, ses périls, ses adversités ; c'est en lui qu'il trouvait les lumières et les consolations dont il avait besoin ; c'est à lui qu'il attribuait la conservation de la Compagnie en Russie ; et c'est de lui qu'il attendait son rétablissement dans tout l'univers. Le P. Czerniewicz mourut à l'âge de cinquante-sept ans ; il en avait passé quarantedeux dans la Compagnie.

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