XVIII JUILLET
Le dix-huitième jour de juillet rappelle le souvenir de trois intrépides confesseurs de Jésus-Christ, longtemps éprouvés dans les missions et les prisons d'Angleterre : le P. Robert Tempest, mort en 1640 ; il était octogénaire et avait été chargé de chaînes pendant trente ans ; le P. Edmond Neville, mort en 1647 à l'âge de quarante-deux ans, au fond d'un cachot après s'être préparé à toutes les douleurs des apôtres et des mart3'rs, en méditant et en écrivant les traits de générosité les plus héroïques de la sainte église du Japon ; et un autre P. Edmond Neville, vénérable vieillard sur lequel les soldats de Gromwell épuisèrent leur barbarie. Il était âgé de près de quatre-vingt-dix ans. On l'arracha de son lit, que ses infirmités ne lui permettaient plus de quitter depuis longtemps ; on l'enchaîna sur le pont d'un vaisseau, où il souffrit, durant un long et très rude hiver, le froid, la faim, la soif et les outrages de la plus vile canaille qui se jouait de son agonie. II mourut en 1648.
P. Robert Tempest. — Foley, Records, t. 3, p. 401 ; t. 7, p. 1^1 . — Oliver, Collections, p. 204.
P. Edmond Neville, junior, alias Sale. — Foley, Records, t. 1, p. 680.
— SoTUELLus, Biblioth.^ p. 184. — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 461.
— Oliver, Collections, p. 148.
P. Edmond Neville, senior. — Morus, Histor. Provinc. anglic, lib. 9, n. 9, /7. 404. — Tanner, Societ. Jes. apostol. imitatr., p. 750. — Folky, /. 1, p. '220 ; t. 7, p. 543. — Oliver, Collections, p. 148.
" Le dix-huitième jour de juillet de l'an 1693, mourut au village d'Eisendorf, sur les frontières de la Prusse, en revenant de la congrégation provinciale à Vilna, le P. Adalbert Graben, né à Varsovie. Il avait été reçu par le P. Mutius Yitelleschi et avait fait son noviciat à Saint-André du Quirinal, sous la direction du P. Paul Cliva, futur Général de la Compagnie. L'invasion suédoise et les affaires de sa Province le ramenèrent encore deux autres fois en Italie ; puis il accompagna dans sa retraite en France le roi Casimir, autrefois jésuite et cardinal, et reçut son dernier soupir à Nevers. Au milieu de ces courses diverses, le P. Graben garda toujours l'esprit de ferveur qu'il avait puisé à l'école de son Maître des novices. II professait une sorte de culte pour la vie commune. Son exactitude à tous les exercices était proverbiale dans la Province ; le son de la cloche était pour lui l'appel même de Dieu ; il tenait à honneur de ne pas se faire attendre un seul moment. On le félicitait un jour en récréation de cette ponctualité qui n'était jamais en défaut : « Bien, répondit-il plaisamment, écrivez cette épitaphe sur ma tombe : 11 fut toujours le premier au lit, le premier au réfectoire, le premier en récréation ».
Le P. Graben avait un don particulier pour discerner les âmes que Dieu appelait à la vie religieuse ou sacerdotale, et pour les