‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 320 sur 356 · XXI DÉCEMBRE. P. JEAN DREWS · texte numérisé non relu

XXI DÉCEMBRE. P. JEAN DREWS

Gatehouse, et le faible monarque n'eut pas le courage de s'opposer à cette injustice. Épuisé déjà par ses travaux et ses grandes mortifications, le P. Downes ne résista pas longtemps aux rigueurs dont il fut l'objet. Après une captivité de quelques semaines, il alla recevoir la récompense promise par Notre-Seigneur à ceux qui souffrent persécution pour la justice.

Brevis relatio.., p. 8. — Foley, Records, t. 5, p. 251 ; t. 7, p, 208. — Patrignani, Menol.^ 21 die, p. 186. — Oliver, Collections, p. 146. — Crétineau-Joly, Histoire de la Compagnie..., t. 4. ch. 2, p. 132. — Summar. vitee de f une t. Pr ovine. Angl. (Archiv. Rom.).

* Le vingt-et-unième jour de décembre de l'an 1710, mourut à Varsovie le P. Jean Drews, religieux également saint et savant, auteur de nombreux ouvrages pleins de doctrine et de piété, et des Fasti Societatis Jesu, où il a consigné jour par jour les faits mémorables de la Compagnie et retracé brièvement la biographie de nos grands hommes : recueil précieux auquel nous avons eu souvent recours en écrivant ces pages. Le P. Drevv^s, né dans l'Ermeland, était entré au noviciat à l'âge de dix-huit ans, avec la résolution bien arrêtée de s'appliquer du même cœur à la science et à la vertu, pour répondre à l'excellence de sa vocation ; pendant ses quarante-six années de vie religieuse, il tint fidèlement parole. Il enseigna tour à tour la philosophie et la théologie à Kroze, Vilna et Varsovie, gouverna ensuite le séminaire de Braunsberg, qu'il avait bâti lui-même, car il était habile architecte, et passa ses dernières années à la tête du grand collège et de la

maison professe de Varsovie. Le P. Drews était comme insatiable de travail ; souvent il consacrait à peine deux heures au repos de la nuit. Il se traitait durement de toute manière, et dans ses maladies elles-mêmes ne voulait aucun adoucissement. A ceux qui lui reprochaient d'être trop sévère pour lui-même : « Un bon Jésuite, répondait-il, doit mourir debout ».

En l'année 1710, une peste terrible se déchaîna sur la Pologne et la Lithuanie. Dans cette grande calamité, la Compagnie de Jésus se signala, c'est justice de le dire, par des prodiges d'héroïsme. La seule Province de Lithuanie, à laquelle appartenait le P. Drew'^s, inscrivit h son martyrologe les noms de quatre-vingtdouze de ses enfants, tombés dans l'espace de quelques mois, victimes de leur dévouement au service des malades. La ville de Varsovie ne fut pas longtemps épargnée. A peine le fléau eut-il fait son apparition, que le Recteur du collège s'empressa d'envoyer à la campagne les jeunes gens et tous ceux dont le ministère n'était pas nécessaire dans ces douloureuses circonstances. En même temps, pour unir les moyens surnaturels à ceux de la prudence humaine, il plaça toute sa famille religieuse sous la protection spéciale de saint Joachim, le père de la bienheureuse Vierge Marie, auquel il avait une très particulière dévotion, et il manifesta hautement la confiance que, grâce à ce puissant patronage, aucun ne serait atteint.

Chose extraordinaire en effet : pendant que la contagion multipliait ses ravages à Varsovie et dans les campagnes environnantes, les Pères et Frères du collège, semblables aux jeunes Hébreux dans la fournaise, paraissaient invulnérables, et pas un ne succomba. Le saint Recteur paya seul son dévouement de sa vie.

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