XXI DÉCEMBRE. P. THOMAS DOWNES
rexercice même du ministère apostolique ; il fut frappé d'une attaque d'apoplexie pendant qu'il annonçait la parole de Dieu dans l'église Sainte-Marguerite à Saint-Omer. C'était un religieux d'une vertu insigne, entièrement mort à lui-même et à toute recherche de la nature, uniquement jaloux des intérêts de Dieu et du salut des âmes. Il ne connaissait vraiment aucun repos ; à l'âge de plus de soixante-dix ans, il travaillait encore comme un jeune homme : il confessait de longues heures et souvent prêchait plusieurs fois par jour en français et en flamand. A ce zèle, à cette ardeur infatigable, le P. Wendelin unissait un grand esprit d'oraison et de familiarité avec Dieu, une obéissance et une simplicité de novice, et une si parfaite pureté de cœur qu'on l'appelait l'ange et le saint. Il expira à l'âge de soixante-treize ans, dont il avait passé cinquante-deux dans la Compagnie.
Summar. vitae defunct^ Provinc. gall.-belg. (Archiv. Rom.}. — Histor. (ms) collegii Audomarensis S. J., p. 441. — P.vtrignani, Menol.., 21 die, p. 185. — Nadasi, Annus dier..., 21* dec, p. 337.
* Le vingt-et-unième jour de décembre de l'an 1678, mourut, à l'âge de soixante-et-un ans, dans la prison de Gatehouse à Westminster, le Vénérable P. Thomas Downes, connu encore sous les noms de Mumford et de Bedingfield, victime des calomnies de l'infâme Titus Oates et de la haine du Parlement contre l'Eglise romaine et la Compagnie de Jésus. II était né dans le comté de Norfolk et, à vingt-deux ans, était entré au noviciat de Watten.
Après de brillantes et solides études de philosophie et de théologie à Liège et à Pont-à-Mousson, il paraissait en état de monter à son tour dans les chaires du haut enseignement ; mais l'obéissance lui confia l'administration des biens temporels de la maison de Watten d'abord, et ensuite de toute la Province d'Angleterre.
Cependant le P. Downes soupirait de toute l'ardeur de son âme après le jour où il pourrait se dépenser au service de ses compatriotes. En attendant, il se préparait aux futurs combats qu'il aurait à soutenir, par les plus austères pratiques de la pénitence, les cilices, les flagellations sanglantes, les abstinences, les veilles et l'exercice continuel de la prière. Enfin les désirs de l'homme de Dieu furent exaucés. Il travailla sept ans dans la mission, comme chapelain du duc d'York, qui régna plus tard sous le nom de Jacques II, et comme Recteur du district de Londres ou collège Saint-Ignace ; dans cette double charge, c'est aux pauvres, aux ignorants, aux enfants qu'il consacrait les loisirs dont il pouvait •disposer.
Le complot contre la vie de Charles II, roi d'Angleterre, imaginé par Titus Oates pour perdre les catholiques, interrompit brusquement son apostolat. Le misérable lui fit adresser par la poste à Windsor, où il se trouvait avec le duc d'York, une lettre qu'il avait lui-même forgée et signée des noms de plusieurs Jésuites, et dans laquelle on le pressait de hâter l'exécution du complot. Le P. Downes, à la réception de cette lettre étrange, s'empressa de la mettre sous les yeux du duc d'York, qui la fit à son tour passer au roi. L'imposture était manifeste ; Charles II le reconnut lui-même et déclara le P. Downes innocent. Néanmoins, sur l'ordre du Parlement, le religieux fut arrêté, jeté dans la prison de