‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 322 sur 356 · XXII DECEMBRE · texte numérisé non relu

XXII DECEMBRE

Le vingt-deuxième jour de décembre de l'an 1642, mourut glorieusement à Londres, sur l'échafaud de Tyburn, le Vénérable Père Thomas Holland, condamné uniquement comme prêtre catholique au supplice des criminels de lèse-majesté. Elevé au collège anglais de Saint-Omer, dont il fut le premier martyr, il avait choisi deux de ses jeunes condisciples, congréganistes de la très sainte Vierge, pour l'avertir fidèlement de ses moindres défauts ; plusieurs fois chaque semaine, il s'entretenait avec eux des moyens de mieux honorer et aimer la très pure Mère de Dieu. Son esprit de foi et sa générosité brillaient avec éclat jusque dans les rôles de saints et de martyrs, que ses maîtres lui faisaient représenter sur le théâtre. Longtemps après sa mort, on se rappelait encore à Saint- Omer avec quel feu on l'avait jadis entendu exprimer les sentiments d'un Athanase, d'un Wenceslas, d'un Alban et d'un Mardochée. Ainsi se préparait-il à les imiter un jour. . Lorsque le juge prononça contre lui la sentence de mort, après sept années de travaux dans la mission d'Angleterre, il se contenta de répondre comme autrefois saint Gyprien : Deo grattas ! Arrivé au pied du gibet, il déclara qu'il pardonnait de grand cœur à tous les auteurs de sa mort ; et après avoir parlé quelque tçmps A. G. II. — T. II. — 70.

à la foule silencieuse des grands intérêts de l'éternité, il ajouta d'une voix haute et ferme, en se livrant au bourreau : « Pour moi, quand j'aurais à disposer d'autant de vies qu'il y a de cheveux sur ma tête, de gouttes d'eau dans l'océan et de perfections en Dieu, je les sacrifierais sans hésiter, pour la sainte foi que je vais sceller de mon sang ». Le P. Holland était âgé de quarante-deux ans, et en avait passé dix-neuf dans la Compagnie.

Relatione délia morte del P. Tomaso Holando délia Compagnia di GiesU successa in Londra per la fede cattolica 11 di décembre 1642 (Summar, vit. de/iinct. Prov. Angl. (Arch. Rom.). — Tanneb, Societ. Jesu militans, p. il7. — Alegambe, Mortes illustres, p. 561. — Nadasi, Ann. dier. mentor., 22» dec. p. 338. — Id., Pretiosœ occupationes..., c. 30, n. 2, p. 238. — NiEREMBERG, Vorones ilustres, t. 6, p. 180. — Drews, Fasti, 22* dec, p. 501. — Patrignani, Menol., 11 die, p. 190. — Foley, Records, t. 1, p. 542-565 ; t. 1, p. 366. — Challoner, Memorie, p. 744. — Oliver, Collections, p. 117.

* Le vingt-deuxième jour de décembre de l'an 1649, mourut à Cork, sa patrie, le P. David Galway, l'un de ces admirables missionnaires qui mettaient au service de Dieu et des âmes leur indomptable courage et toutes les ressources de leur esprit. Il avait exercé la profession de marchand avant d'aller, à l'âge de vingtcinq ans, frapper à la porte du noviciat de Saint-André à Rome. Revenu dans son pays, il se consacra à toutes les œuvres du ministère apostolique. A Cork, sa charité pour les pauvres, les malades, les prisonniers, en avait fait, dit un auteur, l'idole de la ville.

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