XXIV DECEMBRE
Le vingt-quatrième jour de décembre de l'an 1579, mourut à Louvain le P. André Boccace, flamand, un de ces jésuites envoyés à Rome par le P. Kessel et dont le P. Polanco lui écrivait au nom de saint Ignace : « Tous les novices que vous avez envoyés à Notre Père lui plaisent singulièrement par leur trempe d'esprit et leur vertu bien au-dessus du vulgaire. Que le Sauveur Jésus, auteur de tous les biens, en soit béni » ! La Sicile et les anciennes Provinces Unies, particulièrement la Frise, furent pendant près de vingt ans les principaux théâtres de l'apostolat du P. Boccace. Les historiens de la Compagnie nous ont laissé des détails pleins d'édification sur ses travaux et sa sainteté aussi bien que sur les grâces dont Dieu le favorisa. Dans ses missions il ne vivait que de pain et d'eau, prenait son sommeil sur la terre nue, portait en guise de linge un rude cilice ; il était complètement mort à lui-même et ne vivait que pour les âmes et pour Jésus-Christ.
Il fut souvent en butte aux persécutions des hérétiques. Un jour, au moment où il franchissait les portes d'Anvers avec tous ses frères exilés, il se rappela que dans le pillage du collège, le Saint Sacrement n'avait pu être mis en sûreté. Il rentre aussitôt dans la ville, et sans s'inquiéter des cris de mort qui retentis-