XXIV DÉCEMBIIE. — P. ANDRÉ BOCCACE
saient à ses oreilles, va droit à l'église, enlève les saintes hosties du tabernacle et repart à travers des périls plus grands encore pour rejoindre ses compagnons avec son précieux dépôt. Dieu renouvela alors en sa faveur, pour sa consolation, une des merveilles que nous lisons dans les actes des martyrs ; les calvinistes l'ayant arrêté dans sa fuite, et fouillé pour lui arracher son trésor, Notre-Seigneur daigna se dérober à toutes leurs recherches, et rendre les saintes espèces complètement invisibles jusqu'à ce que son serviteur fût en sûreté.
La peste ayant éclaté à Louvain où il s'était retiré après l'exil d'Anvers, le P. Boccace fut atteint par la contagion et, riche du mérite de ses souffrances et de ses travaux, remit très pieusement son âme entre les mains de Dieu. 11 avait passé vingt-neuf ans dans la Compagnie.
Sacchinus, Hîstor. Societ., part. 2», lib. 8, n. 97, p. 319; part. 4^, lib. 6, n. 136, p. 189; lib. 7, n. 139, jj. 225. — Imago primi sseculi^ p. 750, 838, 872. — Reiffenberg, Histor. Provinc. Rheni Infer., p. 104. — Patri- GNANi, Menol., 24 die, p. 200. — Alberti, Istoria délia Compagnia... in Sicilia, lib. 4. c. 14, p. 379.
* Le vingt-quatrième jour de décembre de l'an 1789, mourut dans la mission de Lozowicz, dépendante du collège de Mscislaw en Russie-Blanche, le P. Michel Hollownia, lithuanien. Son enfance et sa jeunesse rappellent ce que nous lisons des âmes les plus favorisées de Dieu. Déjà il était adonné à l'oraison et y consacrait des heures entières dérobées à son repos ; l'abnégation et les
pratiques de mortification lui étaient familières ; dans son désir de s'humilier et de souffrir, on le vit plusieurs fois se jeter aux genoux de ses condisciples et les conjurer, par l'amour de Jésus- Christ, de le maltraiter sans pitié.
Devenu enfant de la Compagnie, sa vertu ne fît que s'affermir et jeter de plus profondes racines. Dès qu'il eut terminé le cours des épreuves habituelles, il entra dans la carrière apostolique. Pendant trente années, sa vie, au témoignage de l'auteur de sa notice, ne fut qu'un perpétuel exercice de zèle au service des âmes. Au milieu de ses courses et de ses travaux de jour et de nuit, il ne perdait jamais l'esprit de recueillement et l'union à Dieu. Toute son activité était réglée par l'obéissance, en dehors de laquelle il n'eût pas voulu mettre la main à l'œuvre la plus minime ni faire un seul pas. Ses succès ne lui inspiraient nulle vanité ; et quelles que fussent les fatigues qu'il eût soutenues, il se considérait comme un serviteur inutile et se mettait au dernier rang. Ce véritable apôtre mourut très saintement à l'âge de cinquante-sept ans, dont il avait passé trente-cinq dans la Compagnie.
Compend. i>ùas P. Michaelis Hollownia (E nis. Provinc. Galic). — Summar. vitœ defunct. Prov. Polon. (Arch. Rom.}.