XXIX DECEMBRE
Le vingt-neuvième jour de décembre de Tan 1652, le F. Jean Daniel, Goadjuteur temporel, né à Lille, mourut au collège de Mons, à l'âge de soixante-trois ans, dont il avait passé quarantedeux dans la Compagnie. Il s'était fait remarquer surtout par son amour et son dévouement envers la très sainte Vierge ; il en obtint des faveurs extraordinaires. Tourmenté d'une rupture qui le faisait cruellement souffrir, il avait à plusieurs reprises supplié cette bonne Mère de le soulager, en priant auprès d'une de ses images, honorée par les fidèles sous le titre de Consolatrice des affligés. Dans une de ces pieuses visites, où il s'était endormi, accablé de fatigue et de douleur, la très sainte Mère de Dieu lui apparut pendant son sommeil et lui dit : « Jean, veux- tu que je te guérisse ? — Oui, ma bonne Mère, répondit aussitôt le F. Daniel, si tel est le bon plaisir de Dieu ». Et à l'instant même le mal disparut.
Le bruit de ce miracle ne tarda pas à se répandre. L'Ordinaire de Cambrai fît faire une enquête dans les formes ; et après avoir entendu, selon l'usage, une commission de théologiens et de
médecins, qui tous donnèrent un avis favorable, il approuva authentiquement le fait et en autorisa la publication.
Litterœ ann. Societ,^ anno 16.52,/?. 126. — Nadasi, Atinus dier. memor., 29* dec, p. 349. — Sunimar. vUx defunct. Provinc. gall.-belg. {Archiv. Rom.). — Drews, Fasti Soc. Jesu, 29^ dec, p. 512.
* Le vingt-neuvième jour de décembre de l'an 1812, mourut à Mscislaw en Russie le jeune et vaillant P. Louis Wierzbicki, victime de sa charité. 11 était entré au noviciat dès l'âge de quatorze ans. Ses études et sa régence terminées, il demanda avec instances, mais sans les obtenir, les missions étrangères. L'occasion ne tarda pas à se présenter d'exercer son zèle. En 1812, à l'époque de l'invasion de la Russie par les armées de Napoléon, une multitude de soldats malades encombraient la ville de Mscislaw, sur la route de Mohilew à Sniolensk, et mouraient misérablement, privés à la fois des secours de l'âme et du corps. Le P. Wierzbicki se dévoua à leur service.
Son affabilité, son empressement à leur prodiguer tous les soins, lui gagnèrent le cœur de ces pauvres gens et des hérétiques euxmêmes ; il ramena jusqu'à trente de ces derniers à l'Eglise romaine. Le dénuement de tant de malheureu.x le remplissait d'une tristesse indicible ; souvent, lorsqu'il était à table, le seul souvenir de leur détresse faisait couler ses larmes. Pour leur venir plus largement en aide, il s'imposait à lui-même de rigoureuses privations et, avec la permission du Père Recteur, donnait tout ce