‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 55 sur 356 · XXXI JUILLET · texte numérisé non relu

XXXI JUILLET

Le trente-et-unième jour de juillet de l'an 1708, mourut à Varsovie le P. Ladislas Narewicz, au service des pestiférés. II était âgé de cinquante-deux ans et en avait passé trente-sept dans la Compagnie. Avec le souvenir de son sacrifice, ce fidèle disciple de Jésus-Christ nous a laissé un autre trait de la plus héroïque charité. Pendant qu'il enseignait la philosophie au collège de Plock, il trouva gisant à terre, à moitié mort de faim et de froid, un pauvre mendiant malade et abandonné. Il le prend sur ses épaules, le porte à l'hôpital et obtient du Père Recteur la permission de lui réserver tous les jours la moitié de sa nourriture et de le soigner lui-même de ses propres mains. Mais bientôt ce malheureux, ennuyé de sa nouvelle vie et incapable de reconnaissance» s'irrite contre son bienfaiteur et ne l'accueille plus qu'avec des plaintes amères et des sarcasmes impudents. Le serviteur de Dieu n'en persévéra pas moins deux années entières dans son œuvre de dévouement ; ayant alors reçu de l'obéissance une destination nouvelle, il voulut avant de s'éloigner pourvoir aux besoins de son cher protégé. Or le jour même de son départ, on vint lui annoncer tout à coup que ce pauvre homme, surpris par une ag- A. G. II. — T. II. — 11.

^ravation soudaine de son mal, allait rendre l'âme. Le P. Narewicz courut aussitôt près de lui et, pendant les dernières heures dont il pouvait disposer encore, il eut la consolation de le préparer h paraître devant Dieu et de le voir expirer enfin pieusement entre ses bras.

Patrignani, Mcnol., 5 lugl., p. 59. — Poszakowski, Societ. Jesu lith.^ p. 580.

N. B. — Le P. PATRiGNANi écrlt le nom de ce Père Marcuicz. II faut lire Nare»'icz, comme il signait lui-même. Voir aussi Poszakowski.

* Le trente-et-unième jour de juillet de l'an 1631, mourut à Cassel le F. Laurent De Rouck, Goadjuteur temporel, né à Meerlebeke près de Gand. 11 avait d'abord exercé le métier des armes. Il apporta dans sa nouvelle profession toutes les vertus du soldat, le dévouement, l'activité, l'obéissance, l'oubli de ses aises, l'ardeur au travail. Il remplit tour à tour les plus pénibles emplois, ceux de cuisinier, de brasseur, de jardinier, de boulanger, sans montrer ni lassitude ni ennui. Les plus absorbantes occupations ne troublaient point son recueillement. Notre-Seigneur lui avait appris dans une de ses retraites, disait-il, à unir l'office de Marthe et celui de Marie. G'est à la sainte table que le F. De Rouck trouvait ses plus chères délices. Les jours où il avait une communion extraordinaire, il ne pouvait contenir l'expression de la joie dont son cœur était inondé. Animé d'une tendre charité envers les malades, il était toujours prêt à leur prodiguer ses services. G'est en

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