XXX JUILLET. — P. PIERRE DE LA MOTTE
obtenir de lui qu'à l'âge de soixante-dix ans, il cessât de se lever régulièrement à minuit pour faire oraison et de se flageller ensuite cruellement, comme il l'avait fait depuis sa jeunesse ; de même qu'elle seule était parvenue à le dépouiller d'un âpre cilice qu'il n'avait pas quitté durant dix années de suite, et plus tard d'une ceinture non moins douloureuse qu'il ne déposait ni jour ni nuit.
Summ. vitee def. Prov. gall.-belg. (Arc/i. Rom.). — Sotuellus, Biblioth., p. 675. — Somme RVOGEL, Biblioth., t. 4, p. 52. — Guidée, Méiiol., 30 juilL, /». 240. — Nadasi, Ann. dier. memor.^ 30* /«/., p. 56. — Drews, Fasti..., 30^ jul., p. 291. — Patrignani, Menolog., 30 lugl., p. 237. — Felleb, Dictionn. histor., t. 3, p. 460.
Le trentième jour de juillet de l'an 16S6, le P. Pierre De la Motte mourut au service des pestiférés dans les hôpitaux d'Anvers, à peine âgé de trente-deux ans, dont il avait passé neuf dans la Compagnie. Il était considéré parmi ses frères comme un ange d'innocence ; malgré la rigueur avec laquelle il s'accusait aux pieds de son confesseur, celui-ci ne parvenait pas, disait-il, à découvrir dans les aveux de son pénitent une matière suffisante à l'absolution. Le P. De la Motte ne s'en traitait pas moins comme un pécheur digne des châtiments les plus sévères. Lorsqu'il eut rendu le dernier soupir, on le trouva revêtu d'un cilice, ceint d'une chaîne de fer, et les poignets serrés dans des bracelets armés de pointes, que ni le travail ni l'agonie n'avaient pu lui faire quitter.
Le lendemain, les Jésuites de la maison professe d'Anvers célébraient solennellement le centième anniversaire de la mort de saint
Ignace, el ils avaient confié à l'abbé de Saint-Michel le panégyrique de leur Bienheureux Père. L'orateur sacré prit pour texte ces belles paroles de la sainte Ecriture, en les appliquant à la Compagnie : Mortuus est pater ejus, et quasi non est inoi^tuus, siniilem enim reUqiiit sihi post se (Eccli., 30, 4). Ce ne fut pas sans une profonde et salutaire émotion de son immense auditoire, qu'après avoir parcouru les noms de tous ces héritiers d'Ignace qui s'étaient transmis son héritage depuis un siècle, il fit tout à coup apparaître au milieu d'eux, en terminant son discours, ce nouveau martyr de la charité, le P. De la Motte, dont il venait d'apprendre à l'instant le sacrifice et dont l'héroïque mort avait couronné si magnifiquement le premier siècle de gloire de son Père dans le Ciel.
Alegambe, Heroes et Victimse..., p. 508. — Patrignani, Menol.^ 31 lugl., p. 254. — Annales antuerpienses, t. 5, p. 93.
N. B. — La date du 30, au lieu du 31 juillet, est celle des Annales antuerp. et des catalogues.