VII AOUT. F. TOBIE ROELOFS
tout fut mis en œuvre pour le faire revenir sur sa parole. Il demeura inflexible, prêt à sacrifier ses biens et à s'exiler plutôt que de ne pas obéir au bon plaisir de Dieu. Il s'échappa secrètement de l'Angleterre, se rendit à Rome, où il fit ses études au collège anglais de cette ville, et trois ans après fut admis dans la Compagnie par le Père Général Claude Aquaviva. Mais avant même qu'il eût terminé ses deux années d'épreuve, Notre-Seigneur lui donna la couronne promise à ceux qui ont quitté toute chose pour le suivre. Il était âgé de vingt-six ans.
Sacchinus, Histor. Societ., part. 5* , lib. 2, n. 153, p. 89. — Litterse ann. Societ., anno 1585, p. 16. — Morus, Histor. Prov. aiiglic, lib. 1, n. 25, p. 25. — Imago primi sœculi, lib. 2, p. 235. — Folev, Records, t. 3, p. 272; t. 1, p. 91. — Oliver, Collections, p. 61.
* Le septième jour d'août rappelle le souvenir de deux héroïques religieux de la Province flandro-belge, le F. Tobie Roelofs, Coadjuteur temporel et le P. Jean Bisthove, morts l'un et l'autre au service des pestiférés, le premier à Gand en 1634, et le second à Leyde en 1655.
Le F. Tobie Roelofs était parvenu à l'âge de soixante-cinq ans et en avait passé trente-deux dans les différents emplois de son degré, lorsque la peste se déclara à Gand avec une extrême violence. Le bon Frère, qui sentait ses forces défaillir et gémissait de ne pouvoir plus, comme autrefois, se dépenser pour la Compagnie, alla se jeter aux pieds de son supérieur et le supplia les larmes aux
yeux, au nom de Notre-Seigneur, de lui permettre de se dévouer au soin des malades. Sa vie, disait-il, n'était plus bonne à rien ; il demandait à la finir au moins avec honneur dans l'exercice de la charité. Le supérieur, après avoir hésité quelque temps, céda aux saintes importunités du vieillard ; et celui-ci, comme s'il avait entrevu déjà la palme si ardemment désirée, se jeta plein de joie dans la périlleuse carrière. Ses vœux ne tardèrent pas à être exaucés. La veille même du jour où il devait rentrer au collège, il fut saisi par le mal, et peu de temps après rendit saintement son âme à Dieu.
Le P. Jean Bisthove avait été Recteur des collèges d'Alost et de Lierre. C'était un religieux d'une admirable innocence de vie, très adonné à l'oraison, d'une dévotion très tendre au divin Sacrement de l'autel et à son ange gardien, entièrement mort à la nature, sans autre volonté que celle de Dieu. S'examinant un jour sur ses pensées les plus intimes, il se demandait quelle chose pourrait lui coûter davantage, si elle était commandée par les supérieurs . Il lui sembla que ce serait la mission de Hollande, parce que l'obligation de vivre au milieu du monde, sous un vêtement séculier, loin des secours de la vie commune, l'exposerait, cro3^ait-il, au péril de déplaire plus facilement à Dieu et de perdre l'esprit de recueillement. Or ce fut précisément cette mission qui lui fut assignée par l'obéissance. Faisant taire ses répugnances et ses frayeurs, le P. Bisthove partit aussitôt et, pendant cinq années, cultiva ce champ difficile avec une ardeur toujours la même et de grands fruits de conversion et de sanctification. Digne fils de notre Bienheureux Père , il protestait souvent que n'empêchât-il qu'un seul péché mortel, il s'estimerait largement récompensé de ses travaux