‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 71 sur 356 · IX AOUT · texte numérisé non relu

IX AOUT

Le neuvième jour d'août de l'an 1629, au village de Libun près de Rowensko en Bohême, le P. Mathias Burnatz, polonais, fut cruellement massacré par des paysans hérétiques, avec un jeune enfant, Jean Rokyta , congréganiste de la très sainte Vierge , élève de troisième au collège de Gitschin, qu'il avait pris avec lui pour lui servir la messe. Les quatre derniers mois des travaux du Père Burnatz, dont les historiens nous ont particulièrement transmis les détails, peuvent nous donner une idée de sa vie d'apôtre.

A la demande du duc de Friedland, il venait de reconquérir à Jésus-Christ, du dix avril au neuf août, les populations de plusieurs villages, et en dernier lieu de Dûben, où, après un seul discours, il vit la multitude se presser à ses pieds, en criant: « Nous revenons à la vieille foi ; nous voulons sauver nos âmes ». Mais dans cette course triomphale, le P. Burnatz avait entendu les balles des hérétiques siffler à ses oreilles, et leurs menaces ne lui laissaient pas ignorer le sort qui tôt ou tard lui était réservé. Un jour même, le péril avait été si grand que, se tournant vers son jeune compagnon : « Mon fils, lui dit-il, ne crains pas de mourir pour Jésus- Christ » ! Enfin les paysans fanatiques de Rowensko, qui s'étaient mis à sa poursuite, le surprirent loin de tout secours, dans le vil-

lage de Libun, au moment où il venait d'achever le saint Sacrifice et de baptiser un enfant. Ils le renversèrent d'abord et le déchirèrent à coups de fourches, de piques et de haches, en poussant des cris de joie ; puis après l'avoir achevé d'une balle au cœur, ils se précipitèrent avec la même barbarie sur Jean Rokyta, le mutilèrent plus affreusement encore et le jetèrent dans un cloaque infect. Le P. Burnatz était dans la cinquante-huitième année de son âge et la quarantième depuis son entrée dans la Compagnie.

Brei'e rclazione délia morte del P. Mathia Brunatio Silesio, in Boemia, cavata da una lellera del P. Christoforo Grenzino provinciale al R. N. P. Générale, di Praga, a 22 d'agosto 1629 (Arc/iiv. Rom.). — P. Mich. BoNBARDi, Undeni Grœcenses academici siio sanguine purpurati, p. 72. — Nadasi, Ann. dier. memor., 9^ aug., p. 91. — Drews, Fasti Soc. Jesu, 9* aug., p. 305. — CoRDARA, Histor. Societ. Jesu., part. 6^ lib. 11, n. 84, p. 28 ; lib. 14, nn. 51 seqq., p. 289. — Patrignani, Menol., 9 agost., p. 90. — Alegambe, Mortes illustres, p. 401. — Tanner, Societas Jesu militans, p. 102. — Balbinus, Boheinia sancta, 1* part., § 129, p. 111. — ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 3, lib. 4, n. 28, p. 527 ; lib. 5, nn. 182 seqq., p. 211 seqq.

N. B. — Sur le lieu d'origine ilu P. Burnatz, voir Sciimidl, op. cit., p. 984.

Le neuvième jour d'août de l'an 1650, à Ross en Irlande, mourut le P. Grégoire Dowdall, victime de son héroïque charité, au milieu de la sanglante invasion des soldats de Cromwell et des maladies qui en furent la suite. Son oubli de lui-même, son ar-

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