IX AOUT. — P. JEAN DAVID
deur à se multiplier où sa présence pouvait consoler quelque douleur, et la bonne odeur de Jésus-Christ qui respirait dans toute sa personne, lui méritèrent le beau nom d'ange de cette malheureuse ville. Seul de tous les prêtres qui avaient été contraints d'en sortir, il sut demeurer jusqu'à la mort, déguisé en jardinier, vendant des fruits et des légumes aux catholiques et aux hérétiques et, tout en criant sa marchandise, confessant les pauvres irlandais, qu'il animait à souffrir pour Dieu. Il mourut à l'âge de trente-six ans, dont il avait passé dix-huit dans la Compagnie.
Litter. anti. Societ., anno 1650, p. 288. — Alegambe, Heroes et Victim., p. 475. — FoLEY, Records^ t. 1, p. 207, et appendice, p. 39. — Oliver, Collections, p. 243.
* Le neuvième jour d'août de l'an 1613, mourut au collège d'Anvers le P. Jean David, célèbre par ses luttes contre l'hérésie, auteur de nombreux ouvrages de controverse et de piété. Avant son entrée dans la Compagnie, il avait exercé le ministère paroissial à Courtrai, sa patrie, et s'était signalé par un zèle si ardent contre les entreprises des réformés, que ceux-ci l'avaient chassé de la ville jusqu'à trois fois. Il menait déjà la vie d'un saint. Sa réserve avec les femmes était extrême et rappelle celle de saint Louis de Gonzague. Il n'usait que d'une nourriture grossière et prenait son repos sur un peu de paille ; encore trouvait-il souvent cette couche trop molle et, pour se punir de sa délicatesse, s'étendait A. G. II. — T. II. — 15,
dans un cercueil qu'il avait toujours auprès de son lit pour se rappeler la salutaire pensée de la mort.
Lorsqu'il embrassa la règle de saint Ignace, à l'âge de trente-six ans, ses paroissiens et ses compatriotes l'accompagnèrent de leurs regrets ; et presque aussitôt, comme pour se consoler de l'avoir perdu, ils sollicitèrent avec instances la faveur de posséder une maison de la Compagnie à Courtrai. Leur demande fut agréée. Le P. Jean David fut choisi avant même la fin de son noviciat pour aller présider à la nouvelle fondation et en fut le premier supérieur. Il resta huit ans en charge; il gouverna ensuite les collèges de Bruxelles et de Gand, et revint une seconde fois à Courtrai. Il déploya partout les mêmes vertus de sagesse et de prudence, et le même zèle à défendre la sainte Eglise par la parole et par la plume. A Gand, les réformés avaient fait disparaître toutes les statues des saints qui ornaient les rues et les places publiques ; il
obtint des magistrats qu'elles fussent toutes rétablies. Epuisé par les fatigues plus encore que par les années, le P. David fut envoyé au collège d'Anvers pour y prendre quelque repos ; mais ses forces étaient ruinées sans retour. Au bout de peu de mois, il expira très saintement dans la paix du Seigneur, à l'âge de soixantesept ans, dont il avait passé trente-et-un dans la Compagnie.
Suniniar. vitee defunct. Provinc. flandr.-belg. (Arch. Rom.). — Litter. ann. Soc, anno 1613, p. 299. — Sotuellus, Biblioth., p. 430. — SommervoGEL, Bibliolh., t. 2, p. 1844. — Patrignani, Menol., 9 agost., p. 89. — Nadasi, Ann. dier. memor., 9» aug.y p. 91. — Drews, Fasti.... 9^ aug.^ p. 305. — Guidée, Ménologe, 9 août, p. 250.
IX AOUT. F. FRANÇOIS BOELS. 'llB
* Le neuvième jour d'août de l'an 1623, mourut au collège d'Anvers le F. François Boels, Scolastique, né de parents calvinistes à Amsterdam. Sa mère l'avait envoyé à Malines vers l'âge de dixsept ans. Là, par une miséricordieuse disposition de la Providence, François Boels rencontra le chanoine Froymont, grand chantre de la métropole, qui lui offrit une place parmi les jeunes pensionnainaires réunis dans sa maison. Or, l'un de ces pensionnaires était Jean Berchmans, alors âgé de quatorze ans, et qui poursuivait le cours de ses études au collège de la ville, tout en remplissant les fonctions de serviteur auprès du bon chanoine, pour subvenir à ses dépenses. François Boels accepta la proposition et fut accueilli dans ce petit cercle d'écoliers avec une bienveillance et une sympathie fraternelles . 11 ne tarda pas à se sentir attiré vers la foi catholique ; l'étude et la prière aidant, il reconnut son erreur et fit son abjuration. Gomme il le déclara lui-même, c'étaient les exemples de sainteté dont il avait été témoin en contemplant son angélique compagnon, qui avaient eu la plus grande part, avec la grâce de Dieu, dans l'œuvre de sa conversion.
Quelques années plus tard, sorti vainqueur des assauts que lui avait livrés sa mère pour le ramener à l'hérésie, François Boels suivit encore Jean Berchmans sous l'étendard de saint Ignace, et devint l'émule de ses vertus, de sa modestie, de sa candeur et de son zèle pour le salut des âmes. Professeur de grammaire et étudiant en théologie, son plus agréable repos était de faire le catéchisme aux enfants, et de leur inspirer avec une piété tendre et profonde un inébranlable attachement à la foi de l'Eglise romaine.
Le F. François Boels mourut très pieusement à l'âge de vingt-neuf ans ; il en avait passé sept dans la Compagnie.
Summar. vitœ. defunct. Provinc. flandr.-belg. [Arch. Rom.). — Vander- SPEETEN S. J., Vie du B. Jean Berchmans, Loumin, 1886, ch. 2, p. 31.
* Le neuvième jour d'août de l'an 1651, mourut dans la petite résidence de Wartenberg, dont il était supérieur, le P. Jules César DE LA Couture, né à Bruxelles. 11 avait été envoyé en Bohême à l'époque où cette Province, récemment détachée de celle d'Autriche, avait peine encore à se suffire à elle-même. Par ses vertus, sa science, ses qualités de gouvernement, il rendit les plus grands services à sa Province d'adoption. Il enseigna successivement la rhétorique, la théologie morale et polémique, et fut un de ceux qui contribuèrent plus efficacement à assurer le triomphe de l'Eglise catholique à Breslau. Il fut le premier Recteur du collège de la Compagnie dans cette ville, où il fonda également un séminaire ou pensionnat pour les écoliers pauvres. Les hérétiques, exaspérés déjà par les défaites qu'il leur avait infligées du haut de la chaire et par ses écrits, mirent tout en œuvre pour faire fermer les classes et chasser les Pères de la ville. Il défendit si bien sa cause qu'il les obligea de renoncer à leurs projets.
Dans ces graves circonstances, comme dans toutes celles où les intérêts des âmes étaient en jeu, le P. De la Couture, à l'exemple de notre Bienheureux Père, mettait en œuvre tous les moyens dictés par la prudence humaine, et n'attendait ensuite que de Dieu seul