XII AOUT. — P. FLORENT DE MONTMORENCY
reuse. Le P. Nicolas Lancicius, après avoir vécu longtemps dans son intimité, affirma par serment ne l'avoir jamais vu faire aucun acte qui eût l'apparence d'un péché véniel. Le P. Gruzewski enseigna de longues années la philosophie et la théologie, fut prédicateur à la cour du roi de Pologne Sigismond III, gouverna deux fois le collège de Vilna, une fois les maisons professes de Vilna et de Varsovie, et enfin la Province de Lithuanie. Ces occupations ne l'empêchaient pas de consacrer encore des loisirs aux ministères les plus humbles, le soin des pauvres, la visite des prisons, le catéchisme aux enfants, l'assistance des malades.
Le P. Gruzewski revenait de la Congrégation générale qui avait élu le Vénérable P. Vincent Caraffa, lorsqu'il fut assailli d'une grave maladie et bientôt réduit à l'extrémité. Sur le point de mourir, il recommanda avec instance au Père qui dans la maison professe était chargé de la congrégation de la sainte Vierge, de promouvoir de toutes ses forces l'amour et le culte de cette bonne Mère ; presque aussitôt après il rendit le dernier soupir, à l'âge de soixante-six ans, dont il avait passé cinquante-et-un dans la Compagnie.
RosTowsKi, Lithuan. S. J. Histor. , lib. 9, p. 341 . — Poszakowski, Soc. Jes. lith., p. 111. — SoTUELLUs, Biblioth.^ p. 458. — Drews, Fasti, 12* aug., p. 309. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 1894.
* Le douzième jour d'août de l'an 1659, mourut à Lille le Pèr.e Florent de Montmorency, également distingué par sa naissance, ses vertus et les charges qu'il remplit dans la Compagnie. Après
avoir, pendant son noviciat, jeté les fondements d'une vertu solide, il enseigna la philosophie et la théologie ; sa rare prudence lui :fit bientôt confier le gouvernement de plusieurs collèges ; puis il fut tour à tour Instructeur des Pères de troisième probation, trois fois Provincial, Visiteur des deux Provinces de Belgique, et de celles d'Autriche et de Bohême ; plusieurs fois député à Rome, Assistant et Vicaire Général de la Compagnie. A la mort du Vénérable P. Vincent GarafTa, peu s'en fallut qu'il ne fût choisi pour lui succéder.
Le P. Florent de Montmorency avait reçu le don d'une piété tendre que la multitude et l'importance de ses occupations n'altérèrent jamais. Il portait toujours sur lui son crucifix et le baisait souvent pour donner à Notre-Seigneur ce témoignage d'amour ; il le consultait dans tous ses doutes. Son oraison jaculatoire la plus ordinaire était alors celle-ci : la manibus tuis descripsisti me, lege scripturain tuarii et salva me. Dès sa jeunesse, il avait eu pour la sainte Vierge une dévotion très tendre. Ce qui l'avait attiré dans la Compagnie, c'était même, disait-il, les hommages qu'on s'efforce d'y rendre à cette bonne Mère par les congrégations et tant de saintes industries. Lorsqu'il se réveillait la nuit, il ne manquait jamais de lui adresser quelque prière ; le j,our, il avait d'autres pratiques dont il s'acquittait avec une simplicité toute filiale, comme de saluer ses images et ses statues quand il passait devant elles, de prendre congé d'elle quand il sortait de sa chambre, de lui recommander à genoux les affaires qu'il allait traiter, de réciter Y Angélus aux heures marquées, même quand il était hors de la maison et n'entendait pas le son de la cloche. Chaque jour de la semaine il avait quelque pénitence spéciale et, si parfois il devait