‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 76 sur 356 · XII AOUT · texte numérisé non relu

XII AOUT

Le douzième jour d'août de l'an 1639, mourut en odeur de sainteté, à l'âge de vingt-quatre ans, le Frère Scholastique Gilbert Midd- LETON, écossais, l'ange du noviciat de Saint-André et du Collège Romain. Le P. Nadasi le dépeint en ces deux mots : Totus orahat. Encore enfant, il assistait à quatre messes de suite, sans s'inquiéter des railleries de ses condisciples, qui l'accusaient d'être trop pieux. Devenu novice de la Compagnie, les méditations lui paraissaient si douces qu'il avait peine à s'en détacher et qu'avec la permission de l'obéissance il y consacrait habituellement deux heures. Rien ne pouvait alors le distraire ; on le vit plus d'une fois parcourir, sans même s'en apercevoir, des chemins semés de cailloux aigus, ou passer à travers des halliers dont les épines lui mettaient les mains tout en sang. Dans ses oraisons, pour employer encore les expressions du même historien, videhatur in lumine quodam habitare, corde swsuni surrecto.

Le F. Middleton avait une dévotion particulière à saint Augustin ; souvent il priait quelqu'un des Pères du collège de célébrer le saint Sacrifice en son honneur ; et tous les matins à son réveil, il offrait au Père Éternel, par les mains et par le cœur si aimant de ce grand docteur, les mérites des bienheureux, les lar-

mes de la très sainte Vierge et le sang adorable de Jésus-Christ. Par ces pieuses industries, et surtout par l'observation de toutes nos règles, qu'il appelait par excellence la moelle de la perfection, le F. Middleton parvint en peu de temps à la plus haute sainteté. Attaqué d'une maladie de poitrine, il offrait avec une très vive et très profonde affection à Notre-Seigneur le sang qu'il vomissait souvent à pleine bouche, en échange de celui qu'il aurait voulu voir couler de ses veines par la pénitence et sous les coups des bourreaux.

Lorsqu'il eut rendu le dernier soupir, après quatre années seulement de vie religieuse, les supérieurs du Collège Romain firent prononcer publiquement son éloge au réfectoire ; et celui qui fut chargé de ce pieux et touchant hommage, choisit pour sujet principal de son discours deux belles paroles du F. Middleton : « Potius mori, quam tepidus fieri. — Anima niea cogiiovit te niniis ; propterea ego sum semper in te et tu in me. Plutôt mourir que tomber dans la tiédeur. — Mon âme vous a trop bien connu, ô mon Dieu ; c'est pourquoi je suis toujours en vous comme vous êtes en moi ».

Na.dasi, Ann. dier. mentor., 12* aug., p. 98. — Patrignani, Menol., 12 agost., p. 105.

* Le douzième jour d'août de l'an 1646, mourut à Varsovie le P. Jean Gruzewski, né en Russie-Blanche. C'était un religieux d'une haute perfection, d'un zèle ardent pour le salut des âmes, étroitement uni à Dieu par la prière et d'une mortification très rigou-

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