XX AOUT. P. PAUL WAN WOUW
est pour moi une véritable certitude. Que Dieu Notre-Seigneur soit dans votre cœur et sur vos lèvres, afin que vous allumiez dans l'âme de vos frères l'amour de ce Frère bienheureux, que sa divine majesté a honoré d'une si merveilleuse prédilection sur la terre et d'un si haut degré de gloire et de puissance dans les cieux ».
Différentes Yies de saint Stanislas, Cf. Caravon, Bibliographie histor. S. J., n. 2018-2057, p. Tll. — Nadasi, Ann. dier. mentor., 15 aug.., p. 107. — Sacchinus, Histor. Societ. Jesu, part. 3=» , lib. 4, n. 25 seqq., p. 155 seqq. — Menai, de la Compagnie. — Epistola P. Nicolai Lancicii, S. J... data XIX calend. sept.., ann. 1604, Cf. Mich. Godinez, Praxis theolog. mysticœ, t. 1, lib. 1, et tiré à part, hnprim. Damelet, Lons-le-Saunier.
* Le quinzième jour d'août de l'an 1636, à Groningue, mourut au service des pestiférés le P. Paul Wan Wouw, l'apôtre de l'île d'Ameland sur les côtes de Hollande. 11 était né à La Haye d'une famille opulente mais malheureusement engagée dans l'hérésie. Désireux de s'instruire plus à fond des dogmes de sa secte, il alla se mettre à l'école des docteurs de la Rome protestante, et parut bientôt en état d'être maître à son tour. Une chose pourtant l'attristait et l'étonnait: c'était de voir la réforme si pauvre en écrits de spiritualité, tandis que l'Eglise romaine en était si largement pourvue.
Paul Wan Wouw rechercha la cause de ce phénomène. 11 étudia de plus près la vie de ceux qu'il avait suivis jusque-là. Il ne lui sembla reconnaître en eux ni les caractères de la vraie piété ni les vertus de l'Évangile. Il conçut alors des doutes sur leur
sincérité et la vérité de leur enseignement. Pour achever de s'éclairer, il prit la route de l'Angleterre ; mais les professeurs d'Oxford et de Cantorbéry ne répondirent pas mieux que ceux de Genève à ses difficultés et, l'âme pleine de tristesse, il revint dans son pays. Quelques-uns de nos Pères travaillaient alors à Leyde. Paul Wan Wouw se mit en relation avec eux ; il demanda et lut leurs livres ; il examina leur conduite : livres et conduite lui parurent en parfaite harmonie. 11 en conclut, avec la grâce de Dieu, que la vérité était dans ces livres et avec ces hommes ; et sans balancer, il se dégagea promptement des liens qui le retenaient encore, et devint enfant de la sainte Église, et bientôt après de la Compagnie de Jésus.
Quelques années plus tard, lorsqu'il eut été préparé par l'étude de la perfection et des sciences sacrées aux travaux apostoliques, le P. Van Wouw fut envoyé parmi les pauvres habitants de l'île d'Ameland. Il se dévoua tout entier à leur service, leur prodiguant avec une inépuisable charité les secours temporels et spirituels. Si humble et laborieux que fût ce ministère, il s'engagea par vœu dans sa dernière maladie, au cas où il plairait à Dieu de lui rendre la santé, de s'y consacrer jusqu'à la fin de sa vie. Mais Notre- Seigneur se contenta de sa bonne volonté. Appelé subitement à Groningue, où la peste sévissait avec violence, pour assister un missionnaire de la Compagnie qui mourait victime du fléau, et le remplacer ensuite auprès des catholiques, le P. Van Wouw ne tarda pas à être frappé du même mal et succomba glorieusement martyr de la charité à l'âge de trente-deux ans, dont il avait passé huit dans la Compagnie.