‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 85 sur 356 · XV AOUT. — P. ANDRÉ JUDOCI · texte numérisé non relu

XV AOUT. — P. ANDRÉ JUDOCI

Summar. vitse defunct. Prov. flandr.-belg. (Arch. Rom.}. — Tanner, Societ. Jesu apost. imitât., p. 662. — Alegambe, Heroes..., p. 396. — Patrignani, Menol., 15 agost., p. 129. — Ménol. holland.^ 25 août.

* Le quinzième jour d'août de l'an 1652, mourut à Rotterdam le P. André Judoci, Supérieur de la mission de Hollande. Il était né à Baerle, dans cette partie du Brabant qu'on appelle la Campine. L'obéissance paraît avoir été sa vertu de prédilection. En toute chose, il ne considérait que le bon plaisir de Dieu et des supérieurs : « Que je le nomme aujourd'hui Recteur, disait le Père Général Mutius Vitelleschi, et demain cuisinier, pour lui c'est tout un ». Pendant ses quarante-sept années de vie religieuse, les occasions ne lui manquèrent pas de faire le sacrifice de sa volonté. Peu d'hommes ont été plus souvent, et quelquefois d'une manière plus imprévue, transféré d'un office à un autre. 11 fut régent de grammaire et d'humanités, professeur de philosophie et de théologie morale, missionnaire en Danemark, en Norwège, en Hollande, aumônier militaire, Instructeur des Pères de troisième probation, Recteur de plusieurs collèges, Préposé de la maison professe d'Anvers, Provincial. Quel que fût l'ordre donné, si contraire à ses goûts ou si rempli de difficultés qu'il parût être, il ne répondait qu'un mot: « C'est bien », et il partait joyeux.

Le P. Judoci avait puisé cet amour et comme ce culte de l'obéissance dans la prière et l'étude affectueuse et continuelle des Exercices de notre Bienheureux Père . Au témoignage des Lettres annuelles de la Compagnie, il plaçait ce livre au premier rang après les saintes Ecritures. L'habitude de voir Dieu en toute

chose, de chercher et d'aimer uniquement sa très sainte volonté, l'avait comme affranchi de tout ce qui trouble et inquiète les âmes moins dégagées d'elles-mêmes, et établi dans une inaltérable sérénité. 11 avouait lui-même qu'il n'avait jamais eu de pensées de tristesse ni de découragement. Aussi le P. Judoci jouissait-il parmi les Nôtres et les étrangers d'une haute réputation de sainteté ; et lorsqu'il eut succombé, à l'âge de soixante-quatre ans, à des fatigues excessives auprès des malades qu'il préparait à la mort, chacun voulut avoir quelque objet qui lui eût appartenu ; un noble catholique, le seigneur de Rhoon, réclama et obtint l'honneur d'offrir une sépulture à l'homme de Dieu dans la chapelle de son château.

Sunimar. l'itœ defunct. Provinc. flandr.-belg. {Archiv. Rom.}. — Patri- GNANi, Menol., 15 agost., p. 130. — Litter. ann. Societ., anno 1652, /?. 96, — Societ. Jes. in Neerland. Histor. Compend., 1860, p. 43-47. — Som- MERVOGEL, BUfHot/i., p. 866. — Ménol. holland., 15 août.

N. B. Le lieu de naissance du P. Judoci est appelé Balch par le Compend. Soc. in Neerland., Bachel par le P. Sommervogel, Baerle par le Ménol. holland. ms.

* Le quinzième jour d'août de l'an 1653, mourut à Vilna en assistant les pestiférés le F. Christophe Kulkiewicz, Coadjuteur temporel. Il vécut seulement trois ans dans la Compagnie ; mais, disent ses biographes, il racheta la brièveté du temps par la rapidité de sa course dans la voie de la perfection. Dès les premiers jours de son noviciat, il s'était profondément pénétré de cette pensée

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