‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 86 sur 356 · XV AOUT. — F. CHRISTOPHE KULKIEWICZ · texte numérisé non relu

XV AOUT. — F. CHRISTOPHE KULKIEWICZ

de notre Bienheureux Père dans ses Exercices et de tous les saints qu'il faut se faire violence et que le salut de l'âme est digne de tous les sacrifices. Il s'animait lui-même à ne s'épargner en rien: « Christophe, se disait-il souvent, Notre-Seigneur t'a fait une grande grâce en t'appelant à sa Compagnie ; maintenant il te faut travailler, veiller, souffrir, et te contenter de peu comme un pauvre ». S'il entendait parfois quelque Frère se plaindre de la nourriture : « Pour raioi, répondait-il gaiement, je ne mérite pas même ce que je prends. Ce n'est pas boire et manger beaucoup qui mène au ciel, c'est se gêner et avoir patience ».

Le F. Kulkiewicz pratiquait ce qu'il disait. Il ne faisait qu'un repas par jour ; et quand il s'était fatigué du matin au soir dans son office d'infirmier, il ne prenait son repos qu'après avoir terminé jusqu'au dernier ses exercices spirituels au pied du Saint- Sacrement. La peste s'étant déclarée à Vilna, le bon Frère, avec une joie incroyable de son âme, fut désigné pour accompagner un Père auprès des malades et, lorsqu'il eut été frappé lui-même, il rendit à Dieu les plus vives actions de grâces de ce qu'il lui était donné de sacrifier sa vie pour son prochain. Il mourut saintement trois jours après, à l'âge de vingt-cinq ans.

Alegambe, Heroes..., p. 489. — Patrignani, Menol., 15 agost., p. 132. — PoszAKOwsKi, Societ. lithuan., p. 476.

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