XYII AOUT. P. THOMAS FITZHERBERT
France et à celle d'Espagne, dans l'espoir d'intéresser les souverains de ces deux royaumes à la cause des catholiques anglais. Après la mort de sa femme, il se retira à Rome et résolut d'embrasser l'état ecclésiastique. Mais Notre-Seigneur voulait de lui vm sacrifice plus complet. Prompt à obéir à la voix divine, Thomas Fitzherbert fît aussitôt le vœu d'entrer dans la Compagnie de Jésus, si les supérieurs daignaient l'y recevoir. Le P. Claude Aquaviva, auquel il s'ouvrit de ses pensées, l'admit volontiers ; mais pour des raisons de prudence, lui demanda de ne pas se déclarer encore publiquement ; et ce fut seulement en 1613, à l'âge de soixante-et-un ans, que le P. Fitzherbert put se montrer sous les livrées de saint Ignace.
Malgré cet âge avancé, le nouveau religieux ne laissa pas de ren dre de signalés services, d'abord comme supérieur de la mission anglaise à Bruxelles, et ensuite comme Recteur du collège de sa nation à Rome, qu'il gouverna jusqu'à la fîn de sa vie, pendant la longue période de vingt-deux ans. Au lendemain de sa mort, le P. Thomas Courtney, son successeur dans la direction du collège anglais, fit son éloge en quelques mots. Après avoir rappelé l'illustration de sa naissance et ses grandes qualités d'esprit et de cœur,' il s'étendit sur les admirables vertus dont le P. Fitzherbert avait donné l'exemple, sa foi ardente, son dévouement à l'Eglise, sa délicatesse de conscience, qui le faisait frissonner à l'idée même du péché véniel, son amour de l'oraison, enfin sa dévotion à la très sainte Vierge. Dès ses plus jeunes années en effet, le P. Fitzherbert avait pris la Reine des Anges pour sa protectrice et sa mère, et n'avait cessé de multiplier en son honneur les jeûnes et les autres austérités ; il reconnaissait devoir à son assistance les fa-
veurs les plus précieuses. Ce saint homme rendit le dernier soupir à l'âge de quatre-ving-t-huit ans, encore plus chargé de mérites que d'années ; il expira fortifié par les sacrements de l'Église, consolé par la bénédiction du Souverain Pontife, en pleine possession de lui-même et avec tous les signes de son éternelle prédestination.
MoRus, Histor. Provinc. angl., lib. 6, n. 1 , p. 23.5 seqq. — Sotuellus, Bihlioth.^ p. 762. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 763. — Foley, Records, t. 2, p. 198 et suà>., t. 7, p. 258. — Courtney, Cf. Foley, t. 2, p. 213. — Oliver, Collections, p. 92.
* Le dix-septième jour d'août de l'an 1668, mourut à Tournai, où il enseignait la grammaire, le F. Jacques De Montbertault, Scolastique, né au Quesnoy en Flandre. Il n'eut pas le temps d'accomplir de grandes choses dans la Compagnie, où il vécut quatre années seulement ; mais dans cette courte carrière, il amassa de riches trésors de mérites par l'ardeur incro3'able de ses désirs. Il p'est rien de grand et d'héroïque au service de Dieu, dit l'auteur de son éloge, où il n'eût l'ambition de se signaler. H sollicita avec instances les missions infidèles les plus pénibles ; il avait écrit et signé de son sang l'irrévocable donation de tout lui-même à Notre-Seigneur. Ces protestations n'étaient pas le fruit d'une vaine imagination ; ce qui le prouve, c'est l'attention, la diligence que le F. De Montbertault apportait à l'accomplissement de ses devoirs journaliers les plus simples et à l'observation de toutes ses règles. Plein de mépris pour les choses qui passent, il n'avait