‹ MensongeChapitre 13 sur 13 · SS · texte numérisé non relu

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les raes se réveillent de lear silence. En ayant on perce les ténèbres , et les ténèbres ^courent k la suite en arrière. Les maisons t^rîeuses jettent furtivement les regards de lears fenê(f«s dans la hremr des torche».

— Qui vive ? crie le chef.

On s'arrête. Un garde municipal prend Tavance au gniop.

— J'espère bien ^e la ville nons indemnisera? dit Dutercy.

En effet ^ on est sur le quai des Célestins.

— Qu'on la prenne en croupe ! erie le chef d'une voix forte. Qu'est-ce que cela signifie d'être à cette heure dans les décombrss?

Pauline jette un cri , repousse <»ieorge6 , et se précipite à la portière>

— Ouvrée !

Pauline a deviné Thérèse.

La créole est en deuil.

Pauline s'adresse au brigadier. Oette main ûe satin sur ce gant de buffle ^ son geste plus doux que sa voix encore , donneraient de l'orgueil au plus brutal.

— Eh , monsieur , dans ces jours de meurtre , est-^ce que vous n'avez pas perdu quelque anti ?

— Mon frère, madame.

— * Laissez-lui donc pieuvor le sien. Toute l'eau du Rhône n'effacerait pas nos souvenirs de sang comme une larme.

Le brigadier n'a plus d'autorité ni «or aes sddats , ni sur lui-même.

— Et moi , Thérèse , je sors du bal ! dit Pauline en se froissant le yisage avec des sanglots.

Immobile , ce groupe reste sur le quai , scène d'un songe. Six flammes , six tètes caractéristiques , tachées de lumière! et ces chevaux qui regimbent , mais immobiles aussi ; répercussion de silence qui gagne simultanément les êtres disciplinés.

Puis, deux femmes; l'une qui ressemble à la vie , l'autre qui ressemble à la mort.

£t, au-delà, dans l'ombre de sa voiture, caché par ses valets en livrée , l'homme qui d'un mot , comme le destin , peut tout faire évanouir.

Ce que ces femmes se confièrent , nul de nous ne saurait le rendre. C'était un drame sans mouvement , sans voix , sans geste. Les illusions perdues , le présent déshonoré , l'avenir froid et vide, tout passa dans leurs yen/ , s'exprima sur un frisson des lèvres , courut en plis déliés , en ondes , en frémissements sur ces visages. L'amertume, la résignation , les remords s'échangèrent. Une parole ne leur serait venue sur les lèvres qu'avec des cris ; et cette parole aurait apporté des débris du cœur, des morceaux de l'âme....

Tout , autour d'elles , était fasciné , souffrait.

Ces braves soldats, prêts à recevoir , prêts à donner la mort , sentaient leurs artères battre et

se tordre dans ce jeude deuxëlectricitëscontraires.

Combien cela dura-t-il ?

Une seconde ou une heure ?...

L'âme arrête ou précipite à volonté la marche du temps.

Georges qui , souffrait à sa manière , laissa claquer entre ses dents un signe d'impatience furtive.

La fascination fut rompue.

Pauline obéit a l'ordre de Georges en rerenant au marchepied , entre ses valets.

— Adieu , Thérèse f cria-t-elle d'une voix qui brisa toutes les âmes. Tu peux porter glorieusement son deuil ! • • Moi, je traîne le sien et le mien.

Fllf.

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