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Mensuration de la nutrition organique

Membre titulaire de l'Académie royale de médecine de Belgique, Professeur à l'Université de Bruxelles, etc.

(Exl. du Bulletin de l'Acad. r. de médecine de Belgique t. XVI, no 10.)

liUUXELLES

H. MANCEAUX, LIBRAIRK-ÉDITEUR

IMPRIMEUR DE l'aCADÉMIE ROYALE DE MÉDECINE DE BELGIQUE Rue des Trois-Tôtes, 12 (Montagne de la Cour).

Mensuration de la nutrition organique; déductions cliniques.

1. La nutrition organique subit, sous l'intluence des causes morbides, une atteinte dont l'importance est loin d'être la même dans tous les cas.

Dans le plus grand nombre des cas, cette atteinte est insignitiante au point de vue de l'intensité et de la durée.

Dans d'autres cas, le trouble est plus profond et plus durable; l'économie traduit par des actions réflexes permanentes le retentissement des facteurs morbides.

Cette deuxième catégorie de cas constitue le domaine spécial de la médecine. C'est à la modification subie par la nutrition organique qu'il faut rapporter toute une série de désordres, qui sont les éléments dont la médecine clinique doit surveiller les eftets et paralyser l'action.

2. La connaissance de l'état de la nutrition organique intime est donc indispensable pour suivre le processus morbide et intervenir, d'une manière opportune, par des moyens appro|)riés.

Or, si nous cherchons à préciser les données scientifiques dont nous disposons actuellement à ce point de vue, nous devons reconnaître que nos éléments d'appréciation sont peu nombreux et peu importants.

. La chimie biologique est engagée dans une voie qui nous permet d'espérer qu'elle arrivera à nous faire connaître les

modifications que la nutrition intime imprime aux éléments organiques dans les cas de dystropliie.

Elle est appelée à nous renseigner sur la composition exacte des divers tissus liquides de l'économie, à l'état physiologique et à l'état pathologique.

3. Elle ne l'a pas encore fait; mais si les renseignements nous font défaut de ce côté, nous pouvons suppléer :\ cette lacune en déterminant la composition des produits excrétés.

Ces produits sonL le résultat de la nutrition organique; suivant que celle-ci s'accomplit dans des conditions normales ou se trouve engagée dans une fausse voie, ces produits de déchets présenteront leur composition normale ou traduiront les désordres de l'économie par une modification plus ou moins profonde.

Parmi ces produits, nous rangeons en première ligne celui qui est fourni par la sécrétion rénale.

La fonction de l'appareil glandulaire rénal est connue; on sait qu'elle a pour effet d'éliminer du corps de nombreux produits inutiles h l'entretien de la vie organique : l'eau, — les produits azotés, constitués en majeure partie par l'urée, — les chlorures, — les phosphates, — les sulfates.

4. L'élimination de ces produits subit, dans le cours des maladies, des altérations variables.

L'étude de ces variations est des plus utiles pour la médecine pratique : elle met à notre portée un procédé précis de mensuration fie l'état de la nutrition organique, en nous renseignant, par des éléments indiscutables, sur le processus d'assimilation et de désassimilation, c'est-?i-dire sur l'énergie vitale de l'économie.

Nous avons institué des recherches, dans cet ordre d'idëes, depuis plusieurs années; mais avant de faire connaître les résultats cliniques qu'elles nous ont fournis, nous avons tenu à réunir les observations en nombre assez important pour nous permettre d'échapper à des vues théoriques, de parti pris.

Nous avons publié une première série de conclusions, il y a deux ans, dans un mémoire qui a paru dans les Annales de l'Univenilé de Bruxelles (1).

Nous avons fait ressortir dans ce travail l'importance capitale de la détermination de l'urée urinaire pour arriver au diagnostic des diverses formes d'albuminurie, et nous avons eu l'occasion d'indiquer l'utilité du dosage de l'urée dans les diverses formes de phtisie, dans le cancer et dans les affections du foie.

Les recherches que nous avons continuées depuis ont confirmé nos conclusions.

Elles nous ont permis d'en formuler de nouvelles, qui sont, comme les premières, l'expression constante de faits cliniques.

Nous croyons que ces recherches sont appelées à rendre des services à la pratique médicale. A ce litre, nous les transportons du terrain de la clinique médicale de l'hôpital Saint-Pierre, où nous en avons démontré la réalité à nos collègues et à nos élèves, sur le champ des discussions académiques, qui sont naturellement appelées à en apprécier la valeur et la portée.

5. Les observations que nous avonsrecueillies établissent que l'analyse de l'urine est appelée à rendre à la pratique

M) R0MMKr.Amti5, Recherches sur l'oriijine de l.uree, iii Annales de l' Uiliveisile de JJnixclles, t. I, p. 21i. Uruxclles, 1880.

chirurgicale des services que nul autre moyen de diagnostic connu ne peut suppléer.

Elle permet en effet :

1) De reconnaître la malignité d'un produit morbide;

2) De reconnaître le moment où l'inflammation chirurgicale va perdre son caractère réparateur pour revêtir la forme d'une inflammation suppuralive.

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