‹ Menuiserie descriptiveChapitre 53 sur 70 · LXXII. Arrière-Voussure de Marseille d 'assemblage · texte numérisé non relu

LXXII. Arrière-Voussure de Marseille d 'assemblage

Ce nom d'arrière-voussure de Marseille paraît lui venir de son origine en la ville de Marseille. Elle est la mieux raison née de toutes les arrièrevoussures; sa forme est assez agréable; et les embrasures sont faites de manière à loger exactement les vantaux de la porte ou de la croisée, étant ouverts. Pour cela l'embrasure a pour largeur la moitié de la largeur de la baie; le cintre du haut des embrasures est pareil au plein cintre de la baie. {Voyez le plan, fig. 3.) L'arc tracé en ligne ponctuée représente le mouvement d'un vantail.

Pour tracer les détails d'exécution de cette arrière-voussure, vous ferez les mêmes opérations que pour l'arrière - voussure en queue de paon précédente. Après avoir tracé la ligne du pourtour de la figure du plan et les trois lignes d'opérations, à distances égales, elles diviseront l'embrasure en quatre parties égales; tracez ensuite la figure de l'élévation, fig. 2; la courbe du derrière est plein cintre, et celle du devant est en cintre surbaissé, dont les deux bouts doivent être à la hauteur du plein cintre du derrière.

Divisez la moitié de la ligne de base de l'élévation en quatre parties égales, comme est divisée la ligne de l'embrasure au plan, par les lignes d'opérations. Elevez de ces points sur la base de l'élévation des lignes perpendiculaires à la base, où ces lignes couperont la ligne du cintre de derrière; tirez des lignes horizontales pour fixer des points de hauteur aux lignes élevées des embrasures du plan. Vous ferez passer par ces points les lignes courbes de la figure des embrasures en élévation.

Tracez ensuite la coupe du milieu , fig. 1 , bornée en hauteur par les lignes des deux cintres de l'élévation , et en largeur sur sa base , par le plan, mesure prise sur la ligne du milieu; tracez le profil des courbes et du panneau sur la coupe du milieu; les points de hauteur sur chacune des lignes d'opération en la coupe du milieu, donnent des points sur la ligne du milieu de l'élévation , pour tracer les lignes courbes d'opération sur la figure de l'élévation. Le côté gauche du plan et de l élévation est pour le bâtis, et le coté droit est pour le panneau.

Tracez ensuite les coupes A B CD, par les moyens indiqués à l'arrière-voussure en queue de paon précédente; abaissez des angles du profil de la courbe et du panneau , des points sur la ligne de chaque

DES ARRIÈRE-VOUSSURÊS. 189 coupe sur la figure de l'élévation, pour tracer en élévation les lignes PLAJNCHE des angles des courbes et du panneau. LXXII.

Pour tracer le calibre ralongé de la courbe contre l'embrasure, fig. 4r tirez à volonté, à distances égales, les deux lignes ponctuées parallèles à la ligne d'embrasure au plan. Des points où ces lignes couperont les lignes d'opération, élevez des lignes sur les courbes d'opération, pour tracer en élévation le cours de ces lignes; ensuite de ces points au plan , et des points sur la ligne de l'embrasure, élevez des lignes perpendiculaires a la ligne de l'embrasure au plan; portez sur chacune de ces lignes la hauteur du point correspondant à l'élévation : vous ferez passer par ces points les trois lignes courbes du calibre ralongé, dont deux en lignes ponctuées, représentant le cours des deux lignes parallèles, figurées pour opération au plan , et celle du dessous formant l'arête du calibre ralongé.

Cette ligne courbe du dessous, commandée par les points sur la ligne de l'embrasure, forme un quart de cercle pareil à l'élévation, et donne le cintre du haut de l'embrasure.

Tirez à volonté plusieurs lignes rayonnantes pour figurer des coupes d'après les lignes ponctuées d'opération. Tirez d'équerre au rayon une ligne au point de la ligne courbe ponctuée du haut, et une à celle du milieu. Portez sur la ligne d'équerre du haut la distance de la ligne de l'embrasure, à la ligne ponctuée correspondante du plan; et à la ligne du milieu , la distance de la ligne du milieu au plan qui lui est correspondante. Faites passer par ces deux points, et celui du bas sur le rayon, une ligne; cette ligne représente la surface de la courbe. Sur cette coupe , tracez la ligne de l'épaisseur , et celle du panneau parallèle; figurez le profil de la courbe, d'après la largeur du champ que vous tracerez pareil aux champs figurés sur la coupe du milieu ; faites de même à chaque coupe.

Le profil de la courbe étant tracé à chaque coupe , faites passer les lignes réelles du calibre ralongé de la courbe par les points donnés par les angles du profil sur chacun des rayons.

De même, les distances prises perpendiculairement au rayon de chacun des angles des profils à la ligne du rayon , seront portées'sur chacune de leurs lignes abaissées sur le plan de la ligne de l'embrasure, pour tracer au plan les deux lignes de la courbe, et de même les points pour tracer les deux lignes des bouts du panneau en plan.

t9o DES ARRIÈRE-VOUSSURES.

PLANCHE Vous débillarderez la courbe du devant et celle du derrière, suivant I XX1T. leur cintre en élévation et suivant leur épaisseur au plan. Les courbes des bouts seront cintrées suivant le calibre ralongé , fig. 4 , et débillardées suivant l'épaisseur tracée par leur retombée en plan.

Pour le panneau, le débillardement se fera par collages, comme les plafonds d'embrasures, planche LXX. Les lignes d'opération au plan sont les lignes des joints des collages des panneaux. Les points pour tracer les lignes des joints des collages en élévation, sont donnés parle profil de chacune des coupes ABCD , abaissés des joints des collages du panneau sur les lignes des coupes à l'élévation.

Arrière-voussure de Montpellier d'assemblage.

Le nom de cette arrière-voussure vient de la ville de Montpellier, où probablement elle prit naissance : elle diffère de celle de Marseille par le devant qui est droit au lieu d'être un cintre surbaissé; les lignes des deux côtés de l'embrasure sont droites en élévation. La ligne de l'épaisseur du bois est courbe sur la face du devant en élévation, le gauche fait paraître l'épaisseur plus forte aux deux bouts qu'au milieu; c'est ce qui lui a fait donner le surnom <% arrière-voussure en oreille d'âne. Sa coupe du milieu est droite; le cintre du derrière peut être plein cintre en anse de panier ou en cintre surbaissé, ainsi cette arrière-voussure est un plafond d'embrasure d'une baie cintrée en élévation à l'extérieur et carrée à l'intérieur.

Pour tracer les détails d'exécution et de débillardement des courbes et des panneaux, voyez V arrière-voussure de Marseille précédente. Les profils des coupes de la courbe du devant sont tracés sur la coupe du milieu , fig. 5; la ligne de la courbe du devant étant droite en élévation , les lignes des coupes sont d'équerre à cette ligne, et parallèles à la ligne du milieu ; alors les lignes de la face du parement de chaque profil partent du même point sur la coupe du milieu.

Les profils A et B sont tracés d'après les lignes des coupes de la courbe du derrière, lesquelles lignes des coupes sont chacune d'équerre à la courbe; et les lignes pour tracer les profils sont élevées d'équerre à leur ligne de coupe.

Les lignes courbes d'opération, en la fig. 6 de l'élévation, sont commandées sur la ligne du milieu aux points donnés par la coupe du milieu, et par les bouts, par les points des lignes élevées du plan; mais ces

DES ARRIÈRE- VOUSSURES. i9,

ligues forment chacune une courbe elliptique; il faut plusieurs points do passage pour les tracer.

Pour cela, divisez la ligne droite du haut de l'élévation en parties égales (en trois ou quatre); divisez la base en même nombre de parties égales; tirez de chacun des points de division de la ligne droite du haut une ligne au point correspondant de la ligne de base du bas. Comme les deux lignes courbes d'opération forment trois parties égales sur la ligne du milieu et sur celles des bouts, divisez de même chacune des lignes obliques, du point de la ligne droite du haut au point de la ligne courbe du bas, en trois parties égales; les points de division sur chacune de ces lignes obliques son! les points de passage des deux lignes courbes d'opération , en la figure de l'élévation.

Les lignes des joints des collages du panneau en parement et celles de l'épaisseur seront commandées par les profils des coupes, de même que l'épaisseur du bâtis.

Le calibre ralongé du montant du bout, fig. 1 1, est tracé par les mêmes opérations que la courbe, fig. 4? de l'arrière-voussure de Marseille.

Le reste des détails est le même que pour celle de Marseille. Les lignes ponctuées en demi-cercle à l'élévation, fig. 6, ont servi pour tracer la courbe elliptique du cintre de derrière en anse de panier, d'après les principes géométriques de l'ellipse, pl. III, fig. 8.

Plafond d'assemblage ou arrière-voussurejormant archivolte , avec panneau rond au milieu, évasé en plan, et plein cintre en élévation.

Les détails d'exécution de cette arrière-voussure sont à peu près comme PLANCHE pour les arrière-voussures précédentes. Tracez comme vous le désirez < X X1IT. le plan, fig. 3; tracez sur le plan le profil des courbes du bâtis et le panneau; tirez des angles des profils et du panneau des lignes parallèles aux lignes du plan, pour figurer au plan la retombée des courbes et du panneau (le côté gauche pour le bâtis, et le coté droit pour le panneau).

Tracez les joints des collages du panneau en plan, et les deux lignes d'opération du côté du bâtis en lignes pontuées, parallèles aux lignes du plan ; ensuite élevez , des points des angles des courbes et du panneau au plan, des lignes perpendiculaires, pour tracer en élévation , fig. 2r. les lignes des courbes et du panneau avec les lignes des joints des collages du panneau et les lignes d'opération.

t92 DES ARRIÈRE-VOUSSURES.

PLANCHE Toutes ces lignes en élévation sont tracées au compas sur le même LXXIII. centre placé au milieu de la ligne de base de l'élévation.

D'après le plan et l'élévation, tracez la coupe du milieu , fig. i, dont la largeur sur la ligne de base est pareille à celle du plan, mesure prise sur la ligne du milieu, et la pente du profil est donnée parles lignes courbes de l'élévation de leur point de hauteur sur la ligne du milieu de la figure de l'élévation.

Pour tracer le panneau rond et la courbe du bâtis au milieu , il faut tracer le développement, fig. 4- Pour cela, prolongez les deux lignes des deux côtés du dedans du plan jusqu'à la ligne du milieu prolongée; où elles se joignent fixez le point a comme centre, pour décrire au compas les lignes du développement. Ce développement est semblable à celui d'un cône tronqué.

Tracez au compas, sur le développement, le panneau rond et les deux courbes du pourtour, de la largeur des champs, et les deux moulures: tracez de même la traverse du bas , pour avoir sa longueur, et les arasemens; tirez du centre du panneau rond une ligne droite tendue au centre a du développement.

Ensuite, pour tracer la petite courbe et le panneau en élévation, prenez sur le développement, fig. 4 , les distances sur chacune des lignes d'opération de la ligne du milieu du panneau rend aux points du dedans et du dehors delà petite courbe du panneau; portez ces distances, de la ligne du milieu de l'élévation, fig. 2, sur chacune des lignes courbes d'opération, pour fixer des points de passage pour tracer la ligne du dedans et du dehors de la petite courbe du panneau; prenez de même les distances de la ligne du milieu au développement, sur les lignes des deux grandes courbes, pour les porter sur leurs lignes correspondantes à l'élévation. Ces points donnent les extrémités de la ligne du dehors de la petite courbe en élévation; ces deux lignes du dedans et du dehors de la petite courbe sont les lignes des arêtes en parement.

Pour tracer les deux lignes des arêtes du derrière , tirez de chacun des points portés pour les lignes en parement, des lignes tendues au centre de l'élévation , jusqu'aux lignes correspondantes du derrière; ces lignes donnent des points pour tracer les deux lignes du derrière, que l'on nomme ligne de gauche. Faites la même opération pour tracer la figure des panneaux en élévation ; prenez les distances au développement, du bout des languettes des panneaux, pour les porter sur les lignes correspondantes

DES ARRIÈRE-VOUSSURES. i93 en élévation; tracez de même les lignes de gauche, par les points des lignes PLAJNCHE tendues au centre, sur les lignes correspondantes du derrière; abaissez , LXXTH. de chacun des points du parement et du derrière, des lignes d'aplomb sur les lignes correspondantes au plan , pour tracer la petite courbe et les panneaux en plan.

Pour débillarder la petite courbe du panneau rond, tracez le claveau A, de la largeur nécessaire pour chantourner dedans la petite courbe.

Pour tracer le claveau, tirez la ligne be tendue au centre de l'élévation placée de manière à affranchir la petite courbe, le claveau aura pour largeur la distance du pointé au point a de la ligne du milieu; fixez le pointe au milieu de la distance du pointé au point a; tirez du point c, milieu du claveau, une ligne droite au point de centre de l'élévation; prolongez cette ligne indéfinie ; ouvrez le compas du point a au point r, fig. 3; avec cette ouverture de compas, mettez la pointe sur la ligne prolongée du milieu du claveau, comme au point d , pour décrire l'arc /• du claveau A ; ensuite fermes le compas du pointeau point s , fig. 3; avec cette ouverture, mettez la pointe du compas sur le même point d , et décrivez l'arc s du claveau A ; ensuite fermez le compas du point a au point t ; avec cette ouverture, mettez la pointe sur le point d; décrivez l'arc t du claveau A ; prenez de même l'ouverture du compas a u pour décrire l'arc u du claveau. Les arcs s et u sont pour le parement du claveau , et les arcs r et t sont pour la face du derrière.

Abaissez des points des lignes du parement , et de celle du derrière à l'élévation, des lignes parallèles à la ligne du milieu c d, sur les arcs correspondais du claveau, pour donner des points sur les extrémités des arcs, desquels points vous tracerez les lignes des côtés du claveau.

Vous débillarderez deux claveaux pareils; après qu'ils seront débil- Jardés, vous tracerez, sur la face du parement, le panneau rond et sa courbe, avec le compas, pareillement à la figure du développement.

On peut, pour épargner du bois et de la main-d'œuvre, ravaler le panneau sur la masse des claveaux; alors il n'y aura que le dehors de la courbe à débillarder. Vous tracerez les lignes du contre-parement derrière le claveau, de même que celles du parement, avec le compas, en observant une plus grande ouverture pour le gauche.

Pour les deux autres grandes courbes et pour le grand panneau, le

ig4 DES ARRIÈRE- VOUSSURES.

PLANCHE plan fait connaître l'épaisseur du bois , et l'élévation fait connaître le LXXÏÏI. cintre.

Le cintre que les traverses du bas prennent dans leur largeur, est connu parleurs bouts à leur figure en élévation, et leurs longueur et arasernens sont connus au développement.

On peut se passer de figurer la retombée du panneau rond et sa petite courbe en plan pour l'exécution.

Arrière-voussure (V assemblages formant, archivolte en tour creuse, ayant un

panneau rond au milieu.

Les détails d'exécution de cette arrière-voussure sont les mêmes que pour la précédente. Le plan diffère par ses côtés : au lieu d'être évasé en ligne droite comme la précédente, ils sont tracés au compas, ayant le centre sur le milieu de la ligne du devant du plan.

Tracez de même qu'à la précédente , le plan , fig. 7 ; l'élévation , fig. 6 , la coupe du milieu, fig. 5, et un bout de développement, fig, 8, seulement figuré pour la traverse du bas.

Pour les détails d'exécution du panneau rond du milieu, et de sa petite courbe , on peut se passer de les figurer au plan et en élévation ; tous les détails se tracent à la coupe du milieu, fig. 5.

Cette arrière-voussure est plein cintre en élévation. Le cintre de l'embrasure en plan est pareil et tracé avec la même ouverture de compas que celui de l'élévation. Alors cette arrière-voussure forme une douelle parallèle d'une voûte sphérique. Son développement est semblable à une zone parallèle du développement d'une sphère.

Comme il est démontré, en géométrie descriptive, que toutes sections (ou coupes droites) dans une sphère produisent un cercle, d'après ces principes, le panneau rond du milieu formant un cercle, sa petite courbe qui l'entoure ayant son champ égal de largeur en parement et au contreparement , peut être tracé de même que le panneau avec le compas sur une surface plane (c'est-à-dire le bois corroyé droit). L'épaisseur du bois est donnée par les deux lignes droites, tirées en la coupe du milieu , dont une tangente à la ligne du cintre du dessus , et l'autre aux deux extrémités du cintre du dessous.

Voyez la coupe du milieu, fig. 5, où sont figurées en plus du profil des courbes une largeur de moulure et la rainure pour les grands panneaux ;

DES ARRIÈRE-VOUSSURES. i95 les deux lignes ponctuées, formant le demi cercle au pourtour du panneau, PLANCHK et au-dessus de la coupe du milieu, sont tracées des deux angles du bout LXXIIï. du panneau figuré. Ces lignes courbes en demi-cercle donnent des points sur les lignes d'opération élevées des lignes droites du panneau; la distance de chacun de ces points à la ligne droite {diamètre du demi-cercle) sera portée sur chacune des lignes d'opération correspondantes au plan, fig. 7 , de la ligne du milieu, pour fixer les points de passage des deux lignes courbes du bout du grand panneau au plan.

En élevant des points de ces courbes du bout du grand panneau au plan, des lignes parallèles à la ligne du milieu , pour couper chacune leur ligne correspondante en élévation, les points de rencontre de ces lignes donnent le passage des deux lignes courbes du bout du grand panneau en élévation.

Pour l'exécuter, si l'on n'a pas du bois assez épais pour le faire d'un seul morceau, on fera des collages comme au panneau de l'arrière-voussure précédente; pour cela, vous tracerez les joints des collages en plan , ot leur cintre en élévation.

Pour la petite courbe du panneau rond, son épaisseur pour la débiîfarder est donnée par les deux lignes droites en la coupe du milieu , fig. 5 , tirées parallèles, de manière à toucher à un point de chaque profil des grandes courbes, et du plus figuré pour la largeur de la moulure.

Le bois étant corroyé de cette épaisseur, vous tracerez au compas, sur les deux surfaces , le cintre du parement et du contre-parement de la petite courbe. Vous chantournerez la petite courbe, d'équerre à la surface plane, aux deux lignes des extrémités de la largeur. Lorsque la courbe sera chantournée , tracez sur l'épaisseur parallèlement à la surface la ligne de l'arête en parement sur le cintre du dedans, et la ligne de l'arête du contre-parement sur le cintre du dehors de la courbe, comme l'indique le profil en la coupe du milieu, fig. 5. Ces lignes étant tracées, débillardez l'épaisseur suivant ces lignes, après vous débillarderez le gauche.

Les deux grandes courbes du devant et du derrière, l'épaisseur du bois est donnée par leur retombée en plan, et leur cintre de débillardement est donné par leur figure en élévation.

d ub i

PLAINCHE

JLXXIV. DES CAROTTES PEÊmES ET B ASSEMBLAGE

Calotte pleine {ou masse) ou en plein bois) formant le demi-cercle en plan, le demi-ovale en élévation , et le quart d'ovale en coupe du milieu.

On nomme calotte pleine (ou masse) ou en plein bois) celle dont la surface est unie, construite par collages à joints parallèles ou par claveaux, sans bâtis d'assemblages, ni panneaux. Ces noms différens ne distinguent que le genre de sa construction ; celui de pleine , sans être le plus naturel, est le plus analogue des noms, porte pleine , partie pleine; ouvrages dont la surface est unie, construits sans bâtis d'assemblage ni panneaux.

Une calotte est un plafond de niche ; on peut dire aussi que c'est une arrière-voussure de niche; cette calotte, dont le plan est plein cintre, fig. 3, son élévation , fîg. 2 , qui peut aussi être plein cintre, et sa coupe du milieu , fîg. 1 , qui serait un quart de cercle, comme la coupe du milieu, fig. 4j si l'élévation était plein cintre. Cette calotte ne diffère de l'arrière-voussure de Saint-Antoine (planche LXXI) que par son plan, qui forme un demi-cercle, au lieu que celui de celle de Saint-Antoine forme un trapèze isocèle; on peut alors dire que l'arrière-voussure de Saint- Antoine est une calotte trapézoïdale en plan.

Pour les détails d'exécution de cette calotte, tracez premièrement les lignes de l'épaisseur du bois au plan, fig. 3 ; de même les deux lignes de l'épaisseur du bois en élévation , fig. 2 , ensuite la coupe du milieu , fig. 1 , bornée en hauteur par l'élévation , et en largeur par le plan. (On peut se passer de la coupe du milieu pour l'exécution. ) Divisez la hauteur de l'élévation en parties égales , selon l'épaisseur du bois que vous voulez employer pour faire la calotte. Tracez les lignes des joints des collages horizontalement parallèles à la ligne de base de l'élévation; des points où ces lignes des joints couperont la ligne du dedans de l'épaisseur du bois , abaissez des lignes aplomb sur la base du plan, comme sont les lignes ponctuées du côté gauche des fig. 2 et 3. Ces lignes donnent des points sur la base pour décrire à chacun un demi-cercle; les lignes de circonférence de chacun des demi-cercles représentent les joints des collages sur la surface du dedans de la calotte en plan. De même, où les lignes des joints en élévation couperont la ligne du dehors de l'épaisseur du bois,

abaissez des lignes aplomb sur la base du plan, comme sont les lignes PLAJNCHE ponctuées du côté droit des fîg. 2 et 3. Des points de ces lignes sur la LXXTV. base du plan, décrivez des lignes formant chacune un demi-cercle; ces lignes représentent les joints des collages sur la surface du dehors de la calotte.

Pour débillarder les collages de cette calotte , corroyez le bois de l'épaisseur indiquée par les joints des collages en élévation, fîg. 2; ensuite chantournez chacune des courbes, après avoir tracé dessus et dessous les lignes du dedans et du dehors, indiquées au plan, fîg. 3; en chantournant le bois d'équerre à sa surface plane, vous suivrez les deux lignes courbes des extrémités de la largeur de chacune des courbes.

Ces courbes ainsi chantournées, étant posées et collées les unes sur îes autres seront comme les représente la coupe du milieu, fîg. 4.

On peut, pour épargner du bois et de la main-d'œuvre, les chantourner en pente , en suivant les lignes tracées dessus et dessous , comme les représente la coupe du milieu, fîg. 1. Au dehors il faudrait chantourner plus large que la ligne tracée, afin de laisser assez de bois pour arrondir la surface du dehors.

Si cette calotte était plein cintre en élévation , la coupe du milieu serait semblable à la fîg. 4; on peut exécuter cette calotte avec le plan, fîg. 3 , et la coupe du milieu, fîg. 4; le plan donne le cintre de chacune des courbes des collages, et la coupe du milieu donne l'épaisseur du bois des collages. (On peut ait besoin faire les collages de différentes épaisseurs. )

Autre Calotte pleine formant la demi-ellipse au plan et en élévation, et quart d'ellipse en coupe du milieu.

Les joints des collages de cette calotte sont opposés à ceux de la précédente; les joints sont d'aplomb, et l'épaisseur des collages est figurée en plan, au lieu que dans la calotte précédente elle est figurée en élévation.

Pour les détails d'exécution, tracez comme vous le désirez le plan, fîg. 7, et les lignes des joints des collages, ensuite les deux lignes de l'épaisseur du bois de la calotte en élévation , fîg. 6 , et la coupe du milieu , fîg. 5 , bornée en hauteur par l'élévation , fig. 6 jj et en largeur sur sa base, par le plan , fîg. 7 , mesure prise sur la ligne perpendiculaire au milieu

HLtUHOW <lu plan, les collages figurés sur la coupe du milieu de la même épais- I.XX1V. seur qu'au plan.

Le plan, l'élévation et la coupe du milieu sont tracés géométriquement d'après les principes d'ellipse, planche lil , fig. 8: les lignes des joints des collages en élévation forment des courbes elliptiques proportionnelles aux courbes de l'épaisseur du bois : on peut les tracer comme des ellipses, dont le grand axe est borné par les lignes élevées du plan, et le petit axe par les lignes tirées horizontalement des points de la coupe du milieu.

Pour abréger les opérations qu'il faudrait faire pour chaque courbe elliptique, tirez les lignes rayonnantes b c c f, à distances égales, sur la figure 6 de l'élévation.

Pour tracer les lignes courbes des joints sur la surface du dedans de la calotte, voyez l'opération du côté gauche de la figure de l'élévation. Tirez à volonté la ligne a au centre o, prenez la distance sur la ligne d'aplomb du milieu de l'élévation du centre o au point a, portez cette distance sur la ligne ponctuée d'opération du même centre o, pour fixer le point a. Tirez une ligne droite du point a au point a- de l'extrémité de la courbe de l'élévation; ouvrez le compas du centre o au point b du rayon; de cette ouverture de compas, coupez la ligne ar pour fixer le point b. Tirez la ligne droite du point b au centre o. De même ouvrez le compas du centre o au point c du rayon , et de cette ouverture coupez la ligne a rpour fixer le point c; tirez la ligne c o. Ensuite des points 7 , 8 et 9, élevés des joints du plan sur la base de l'élévation , tirez des lignes parallèles à la ligne r a. Ces lignes fixeront les points 1, 2, 3, 4, 5 et 6 sur les lignes b o et c o. Prenez sur la ligne b o les distances du centre o aux points 5,3, 1. Portez ces distances du même centre o sur le rayon ob, pour fixer les points 5, 3, 1. Prenez de même sur la ligne oc les distances du centre 0 aux points 6, 4 , 2> Portez ces distances du même centre n sur le rayon 0 c , pour fixer les points 6 , 4 , 2. La coupe du milieu donne les points sur la ligne perpendiculaire du milieu de l'élévation; faites passer par ces points les lignes courbes des joints des collages du dedans <ie la calotte.

Pour tracer les lignes courbes ponctuées des joints des collages du dehors de la calotte, faites une opération semblable du côté droit de la figure de l'élévation, en fixant les points de l'extrémité des rayons sur la ligne du dehors de la figure de l'élévation; la ligne ponctuée dopé-

DES CALOTTES. «99 ration o d est égale à la ligne perpendiculaire du milieu de lelévation du centre o au point d, sur la ligne courbe du dehors de la calotte. De

même la ligne d'opération o e est égale à la ligne rayonnante o e de l'élévation, et la ligne o f d'opération est égale à la ligne rayonnante ofde l'élévation; le reste se fait comme à l'opération précédente. Les lignes ponctuées élevées des joints sur les lignes du dehors du plan, donnent les points 7,8,9 sur la ligne de base de l'élévation.

Le débillardement de chacune des courbes des collages se fait comme à la calotte précédente.

Calotte d'assemblage à montant rayonnant.

Cette calotte est plein cintre en plan et en élévation; la coupe du mi- pj>Al>j{;HE lieu forme un quart de cercle; aussi , quatre calottes pareilles, jointes en- t,xxv. semble, formeraient une sphère.

Pour les détails d'exécution de cette calotte, tracez comme aux précédentes le plan, fîg. 3, l'élévation, fig. 2, et la coupe du milieu, fig. 1. ( Le coté gauche du plan et de l'élévation est pour les bâtis , et le coté droit est pour les panneaux.) Les panneaux se tracent et se débillardent comme les calottes pleines précédentes.

Pour tracer le débillardement des courbes du bâtis, tracez sur la figure de l'élévation le profil b du bout de la courbe du bas de la calotte. Abaissez des deux angles du haut du profil deux lignes aplomb sur la base du plan, pour tracer au compas les deux lignes courbes de la retombée du dessus de la courbe du bas de la calotte en plan. Tracez de même le profil c du bout du montant rayonnant en élévation ; abaissez des angles du profil des lignes aplomb pour tracer sa retombée en plan, laquelle donne l'épaisseur du bois pour débillarder le montant rayonnant, et la coupe du milieu donne le cintre pour le chantourner.

Pour débillarder la courbe du bas, corroyez le bois de l'épaisseur donnée par la hauteur du profil b; tracez sur la face du dessous les deux lignes courbes au compas, de l'épaisseur du bois de la calotte en plan, et sur la face du dessus, tracez les deux lignes courbes de la retombée de la courbe du bas en plan ; ces lignes étant tracées sur les deux faces du bois, chantournez suivant les lignes du dessus et celles du dessous, comme le,s courbes des collages des calottes pleines précédentes. De même le profil a du bout de la courbe du devant de la calotte en plan don;;e les lignes de

PLANCHE rentrée de la courbe en l'élévation ; l'épaisseur du bois est donnée par la LXV. largeur du profil a et par la ligne droite de la retombée de la courbe en plan. Le débillardement se fait comme celui de la courbe précédente.

Les arasemens de la courbe du bas se tracent en posant la courbe sur le plan et élevant les lignes du profil a, en observant la barbe pour l'onglet de la moulure en parement. De même les arasemens du montant rayonnant se tracent sur la coupe du milieu. Les arasemens des languettes des panneaux se tracent d'après sa figure en plan et en élévation.

Autre calotte d assemblage à courbes parallèles et à montant rayonnant.

Le plan de cette calotte, fig. 6, forme un demi-cercle, son élévation, fig. 5, forme une demi-ellipse, et sa coupe du milieu , fig. 4> un quart d'ellipse. La figure 7 représente le développement d'une partie de la surface du dedans de la calotte; cette figure fait voir les joints des assemblages des courbes du bâtis et la rosaceau panneau du milieu. Les deux courbes parallèles et les deux panneaux formant la partie du devant de cette calotte se tracentet se débillardent comme l'arrière-voussure formant archivolte en tour creuse , planche LXXIII. Le montant rayonnant, la courbe du bas et les deux panneaux du fond , se tracent et se débillardent comme la calotte précédente. Les deux petites courbes et le panneau de la rosace peuvent être faits d'un seul morceau, pour épargner le bois et la maind'œuvre.

Cette calotte formant une figure elliptique en élévation , les lignes des détails en élévation forment des courbes elliptiques. Pour les tracer il faut plusieurs points de passage; pour cela, tracez au plan la ligne ponctuée d'opération ; du bout de cette ligne au point a , élevez la ligne perpendiculaire qui coupe les deux lignes de la courbe en élévation; de ces deux points , tirez les deux lignes horizontales c et d, dont la ligne c est pour la surface du dedans, et la ligne d est pour celle du dehors; les lignes élevées du plan de la ligne ponctuée d'opération donneront des points sur chacune des deux lignes horizontales c et d, pour tracer les lignes courbes elliptiques en élévation.

De même du boutde la ligne d'opération au point b, élevez une perpendiculaire pour couper les deux lignes du panneau en élévation, et tracez les deux lignes horizontales e et f, dont la ligne e pour la surface du dedans, et la ligne /pour la surface du dehors. Les points élevés du plan sur la

DES TROMPES. aot

ligne ponctuée d'opération, donneront des points sur les deux lignes horizontales eet fy pour tracer les lignes courbes des panneaux en élévation.

L'exécution est semblable à celle de la calotte précédente et à l'archivolte en tour creuse , planche LXXIII.

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