DE LA MENUISERIE
De la Menuiserie en général.
On divise la menuiserie en deux parties (je ne parle que de celle du bâtiment), dont l'une est appelée menuiserie de clôture, et l'autre menuiserie de revêtement et de distribution (Roubo les appelle menuiserie mobile et menuiserie dormante ). La menuiserie de clôture comprend tous les ouvrages ouvrans et fermans, servant tant à la commodité qu'à la sûreté des bàtimens , comme portes, croisées, volets, contre-vents, persienne et autres parties mobiles servant de fermeture. La menuiserie de revêtement ou de distribution comprend tous les ouvrages servant à la décoration et les distributions des appartemens, comme lambris, cloisons, alcôves, parquets {planchers), et toutes autres espèces d'ouvrages destinés à rester en place. Parmi ces ouvrages il en est qui sont plus difficiles pour l'exécution les uns que les autres, suivant leur emplacement et la forme qu'on leur donne, et qui occasionnent du débillardement dans les bois qui les composent; alors ou les distingue des autres ouvrages ordinaires, et on les appelle ouvrages de trait.
La menuiserie est très-ancienne en France; on peut même fixer l'époque de son origine à l'époque des premiers habitans, qui , pour se garantir de la rigueur des saisons, se sont construit des habitations. Alors la menuiserie était nécessaire pour la fermeture des issues et pour difîércns objets de commodité. La société des hommes s'étant multipliée , les menuisiers ont en même temps augmenté en nombre et ont dû chercher à perfectionner leurs ouvrages. La menuiserie a pris plus ou moins d'élégance, suivant que les temps qui s'écoulaient étaient plus ou moins heureux; on ne compte guères que depuis le règne de Louis XIII, vers i63o, le développement d'élégance et de beauté que l'on remarque maintenant. Cependant le règne de François Ier., cent ans auparavant, fut le règne où les beaux-arts ont pris naissance en France; il est probable que la menuiserie s'est aussi perfectionnée ; mais les temps malheureux qui ont suivi ce règne en ont arrêté le progrès jusqu'à la fin du régne de Louis XIII, où les temps, devenantplus tranquilles, ont donné la facilité aux ouvriers de faire usage de leurs talens pour perfectionner leur art.
Le nombre des menuisiers venant à augmenter, ils se sont divisés en deux corps, qui sont les menuisiers en bàtimens et les menuisiers ébénistes; après ils se sont encore successivement divisés en différens corps; on en