‹ Menus propos sur les sciencesChapitre 4 sur 43 · LA MACHINE · texte numérisé non relu

LA MACHINE

mais la totalité de la force employée n'est utilisée pour le but qu'on se propose d'atteindre avec la machine.

Une chute d*eau fait tourner une roue, celle-ci transmet son mouvement à Ses roues dentées qui, à leur tour, font aller les meules, mais la force qui anime les meules n'est pas égale à celle qui fait mouvoir la roue hydraulique. La machine a servi d'intermédiaire et, comme tout intermédiaire, elle a pris sa part. Une machine idéale serait celle qui transmettrait intégralement ce qu'elle recevrait. Cela ne saurait être, car toute machine est faite d'organes matériels; il y a du bois, du fer, des cordes et, par conséquent , des frottements , des chocs , etc. , qui produisent du bruit, c'est de la force qui s'en va en bruit sans aucune utilité. Défiez- vous des machines bruyantes; elles ressemblent à ces gens qui font un grand étalage et peu de besogne. Ayant usé leurs efforts à faire des démonstrations ; il ne leur reste plus assez de force pour les affaires. Une machine qui inarche silencieusement possède des organes de formes, de dimensions et de poids calculés de telle sorte que leurs mouvements s'accomplissent sans efforts. Ils tournent, se balancent, vont et viennent dans des sens divers et semblent se jouer comme une ronde d'êtres animés se tenant par les mains.

Voyez la machine humaine. Les bras ont beau s'agiter, les jambes peuvent courir portant le corps comme un fardeau, et pourtant rien ne grince, rien ne crie. Point de frottement, de raideur ni de chocs, ou plutôt le moins possible. Il est vrai que le moteur et la machine ne sont pas distincts, chaque muFcle est tout à la fois prodnc-

iO MENUS PROPOS SUR LES SCIENCES

teur et conBommateur, c'est une machine-moteur. - Comment peut-on après cela rêver le mouvement perpétuel? Non le mouvement permanent dont nous avons des exemples danâ chacune de nos horloges et qui est entretenu parce qu'on remonte rhorloge,*mais le mouvement perpétuel, c'est-à-dire un mouvement qui se transmet à travers une machine sans que celle-ci en prenne une part, une sorte d'intermédiaire complètement désintéressé, ou, si Ton veut, des employés qu'on ne paie point et qui font de bonne besogne. Une machine impossible où des pièces de bois ou de métal tournent les unes sur les autres sans frotter, où les cordes s'enroulent et se déroulent sans résistance, où des roues tournent sans déplacer l'air qui les enveloppe, où des pistons s'agitent sans qu'il y ait de chocs produits. A cette seule condition, la machine, commissionnaire intègre, transmettra fidèlement la force qu'elle aura reçue. L'action de la chute d'eau, appliquée à la roue hydraulique, courra à travers les divers organes pour atteindre sans a^r perdu de son énergie les meules qui broient le grain ; la puissance de la vapeur passera intégralement des pistons aux roues qui emporteront le convoi, ou à l'héhce qui entraîne le bateau. Une pareille machine ne saurait exister, et le mouvement perpétuel est une chimère;

Page 1