‹ Mercadet comedie en trois actes et en proseChapitre 2 sur 80 · JUSTIN;, VIRGINIE, THÉRÈSE · texte numérisé non relu

JUSTIN;, VIRGINIE, THÉRÈSE

JUSTIN, achevant d'epoussetcr.

Oui, mes enfants, il a beau nager, il se noiera, ce pauvre monsieur Mercadet.

VIRGINIE, son panier au bras.

Vous croyez?

JUSTIN

Il est brûlé 1... et quoiqu'il y ait bien des profils chez les maîtres embarrassés, comme il nous doit une année de gages, il est temps de nous faire mettre à la porte.

THÉRÈSE

Ce n’est pas toujours facile... il y a des maîtres si entêtés!... J’ai déjà dit deux ou trois insolences à madame, elje n’a pas eu l’air de les entendre... *-

VJRG1N1B.

Ah ! j’ai servi dans plusieurs maisons bourgeoises ; mais je n’en ai pas encore vu de pareilles à celle-ci !... Je vais laisser

les fourneaux et me présenter à un théâtre pour jouer la comédie.

JUSTIN

Nous ne faisons pas autre chose ici.

VIRGINIE

Tantôt il faut prendre un air étonné, comme si on tombait de la lune, quand un créancier se présente : — Comment, monsieur, vous ne savez pas? — Non. — Monsieur Mercadet est parti pour Lyon. — Ah !... il est allé? — Oui, pour une affaire superbe, il a découvert des mines de charbon de terre. — Ah! tant mieux !... Quand revient-il? — Mais nous l’ignorons. — Tantôt je compose mon air comme si j’avais perdu ce que j’ai de plus cher au monde.

JUSTIN, à part.

Son argent.

VIRGINIE, feignant de pleurnicher.

« Monsieur et sa ûlle sont dans un bien grand chagrin. Madame Mercadet... pauvre dame ! il parait que nous allons la perdre... Ils l’ont conduite aux eaux !... — Ah ! »

THÉRÈSE

Et puis, il y a des créanciers qui sont d’un grossier!... ils vous parlent... comme si nous étions les maîtres !...

VIRGINIE

C’est fini... je vais demander mon compte et faire régler mon livre de dépense... mais c’est que les fournisseurs no veulent plus rien donner sans argent ! eh donc, je ne prête pas le mien.

JUSTIN , remontant.

Demandons nos gages.

VIRGINIE et THÉRÈSB.

Demandons nos gages.

V1RGINIB.

Est-ce que c’est là des bourgeois?... Les bourgeois, c’est des gens qui dépensent beaucoup pour leur cuisine.

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