‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 113 sur 168 · LE VAISSEAU CHINOIS · texte numérisé non relu

LE VAISSEAU CHINOIS

Dans la mer Jaune un blanc navire, Porteur de deux ou trois péchés, Bien innocent mais bien coupable.

Par l'ouragan s'est vu léché.

Il avait bien toutes ses voiles Son gouvernail et ses agrès :

Il a lutte, louvoyé, crâne , Sous l'aquilon qui Tégarait.

Jouet des vagues hypocrites, Il a subi ides calmes plats ; , . ■ Pour horizon de grandes tunes S'écarquillant dans des cïeiix las.

Il a heurté bien des rivages Au cours de ses nombreux chemins ■ Et ces pays plus ou moins drôles Lui furent plus ou moins humains.

Après avoir erré sans suite Sur l'océan tranquille ou gros, Perdu ses mats, troué sa coque Contre des îles de coraux ;

Un matia sombre, entre deux lames Subitement il a coulé; Laissant sur l'eau, pour seule trace, Un léger trou sitôt comblé.

En somme, son hardi voyage N'eut d'autre utilité, ni plan, Que d'avoir mis, plaisant caprice, Sur la mer Jaune un vaisseau blanc.

Louis Dumur.

sÈihrBMBitE 1890 1

LES PETITES BkUYÈRES

. JJnjour on! mV dit : « Si tu veux faire ton chemin, il faut aller dans le monde!» Le soir

^T; e ?' c J.?* n > J' e ?Ms parti de bonne heure, sur la pointe (il pleuvait) de mes bottines vernies Le premier arrivé, j'ai découvert tout de suite lé maître de la, maison. L'Etat l'emploie quelque P 3 "^^? \ sui s mis bien avec lui, et nous avons allume les bougies ensemble, celles du devant seulement, à cause delà tenture qui prend feu « pour un rien ». Je tenais la boîte où il jetait les vieux bouts: Madame Rhabillait. Il commença :

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« D'abord, pour votre peine, un conseil. Allez vite prendre dans l'antichambre votre chapeau et votre parapluie, et portez-les dans un petit coin que je vais vous « enseigner »; Ils y seront/ je 1 espère, plus. tranquilles, et vous ne courrez pas te risque de retrouver votre chapeau neuf avec des poils roux, et votre parapluie de soie transformé en jonc exotique coupé dans le bois de Vincennes. Sachez qu il défile/ en un hiver, ici, plus de mille personnes. Ç est comme chez le commissaire de police. Seulement, on volé «en sortant ».

«Prononcez; au hasard, pour' voir, un nom d homme célèbre. « Cher monsieur, Vousdirai-je aussitôt en faisant une bouche de flûtiste il était encore à notre dernier jeudi. Il n'en manqué pas un, et nous 1 attendons ». Mais là vérité est que vous en serez.réduit à appeler « cher maître » le triste maître de maison que je suis. Heureusement

3*4 MERCVM DE FRANCE

Î-W !?-« ge , n ^? d f spnt se donnent rendez-vous chez ra 01 :1e fin, le subtil, l'aigu, le profond le prime-sautier, le rude et le doux! D'habitude; ils font un tintamarre ! On se croirait dans un sa! ion... sérieux, quand madame est bien gentille Mais par exception, ce soir, comme tousfes so rs

la beSe vofer T î, *T **£ eXprèS *" ° D '«*»** la oetise voler, la bêtise hannetohnante. .

■ . IV •'.■■■'.'•■■•

m«n?ï h °i mme 6St f/ 8 *»^ et reçu dans le grand monde s il ne crache pas. sur le parquet s'il ne, tripote pas ses chaussettes en causant et s'il s'as- 1 h^n uy* ^ n ^PS que son pantalon ferme-* nL « i v* mme ^^"«née est une femme « qui

ÏL fem^ ama ' S rem ™J u ? r »> ou, plus simplement, une femme qu'on -ne distingue r,« rio „-5„.-:„-x'

qui ne s'ennuient pas, se raccrochent. C'est dé-

■în rl n *"/ e i SU i S ° b î lgé de me P^cer devant eux, en Christ, les bras écartés. ' .'

'«A Ils *™ e s . tu P éfient > viennent chez inoi, me regardent a peine, mangent tout mon sucre, et ne me parlent que pour me demander « où sont les cabinets ». Je cloue le tapis afin des les empêcher de secouer leur linge bimensuel; mais ils danseraient sur mon ventre. Je fausse le piano à l'avancemwsda joueraient sur un râtelier de dents fausses! En outre,ils aiment beaucoup le jeu des « petits papiers », ainsi appelé à causé des petites ordures qu on écarte dessus. Par exemple, qui me mettra dans ma poche la clef des diseurs de vers? Ho' ÎKiiîï esgarS - ! Toutefois, j'ai mon bénéfice, le droit de couvrir, au vestiaire,les épaules croûteusës

tL P U S T eÛ 6S d f mes et de 8 lisser ■*» main dans leur dos, jusqu'aux reins.

SEPTEMBRE 1890 a«

« Nous avons un ami indispensable. Peut-être trouverait-on, en cherchant bien, unie de seschen mises de nuit sous l'édredon de madame. Quand elle chante, il va de l'un à l'autre, en chien de . berger, ramène au centre ceux qui s'éloienent et le premier, jappe avec ses mains, aux bons' eril droits II prend le chouberski par l'oreille, le passe dans la salle à manger, et, très haut, trouve fa-

^t U i X T ¥ qU; n ' a eûc <>re séché que deux fois ■ sur la fenêtre. ■

. Puis quand l'heure s'avance, il dit, inspirant, •expirant avec force et lenteur sous sa main en abat- " sons :.« Si on s'en allait? allons donc nous-enmadame est lasse. > 11 empêche les gens de rester trop tard et fait vider les lieux. Cet homme-là vaut son pesant d'appointements fixes.

<Mais,jele.répétais encore à madame tout à ineure, a notre dîner de pommes frites (il faut

. bien vivre), je veux faire mon chemin! Vous aussi, n est-ce pas? Tant mieux. Permettez que nous fassions route ensemble. On sonne. Voilà si )% ne v o. u s compte pas, le premier de nos imbéciles. Misère de misère ! Ils ne me prêteront donc

..jamais la paix! Préparez-vous. Le moment est venu de s amuser ferme. Aussi, tenez, cher monsieur, si j étais à votre place, tandis qu'il en est temps encore, j'irais me coucher, et, rentré dans ma chambrette (un lit, une table, une chaise: je vois, ça), las d avoir fait mon tour du monde, je

«déchirerais, et comme on effeuille un manuscrit a oraison funèbre sur une tombe poétique, i'émietterais pour les souris mon plastron 'de chemise en papier gommé. ».

. Jules Renard.

? l6 . MERCVRE DE FRANCE

reux.

BALLADE

CONFRATERNELLE POUR SERVIR A h HISTOIRE

DES LETTRES FRANÇAISES ""' QJffi?

Oh !' les cochons I les cochons ! les cochons / ' •":"'■■ ■ .s*.' m,-.

Or sus, venez, gens de plume et de corde

Pauvres d'esprit, cacographes, soirèux," Blavct, Meyer dont la tripe déborde, '.: *

Ft w S??' égal aU * Poitrass <>ns affreux, ht Wolff 1 eunuque,. et Mermexx le lépré Montrez-vous sur les foules étonnées • Cabots, sagouins, lècheurs dé périnées - Atoihte portas ! Voici Baudet "' ■ ■ "

Formez des choeurs, et des panathénées t ' t- est Maizeroy qui torche le bidet.

Toi qu'un dieu fit. dans, sa miséricorde, Imperméable au style, gros foireux V2.nr des duels aimes le seul exorde Ajalbert! comme un fessier plantureux, Haut Je vis! Marche a l'ombre de ces preux bous les fanons aux lances adornées, - Albert Delpit, louche.des deux cornées, ht Jean Rameau, très innocent baudet ,

rv > 1 m - S VerS P °. Ur denx ou trois gainées. t- est Maizeroy qui torche le bidet.

rait voir la lune aux pantes généreux t - À ??" xni0llt ! s ous une chemisé orde l-e Peladan et ses pieds buthyreux.

Item Sarcey (du g^nre macareux).

Faul Alexis, en phrases peu tournées,

v3 e , à Lesbos les gothons surannées.

£ocl I messieurs, tfoël devant Cadet, Feptone des gastralgiques dînées.

C est Maizeroy qui torche le bidet.

Esvoi

Prince fameux chez les Instantanées, boldat que son régiment éludait, Compilateur de cent macaronnées, Baron aussi, depuis quelques années, . .

C est Maizeroy qui torche le bidet.

QJJATOfiZAIN D'ÉTÉ

Elle fait la victime et la petite épouse.

*« PttâmiÈ/tE* commun roKt

rwl 3 ' v £ & î exi ? Ben 0"t approuve les gens qui S in U J n t?1 ? -? ?° at à « J^»"es adverses? n. aasperne le moine et le thériaki. .

Mêtne il.fo t orateur dWé Loge Ecossaise.

Toutefois - car sa légitime cfoit en Dieu - La petite Benoist, voues blancs, ruban bien Communia. Ça fait qu'on bojt maint litreï seize.

tT^iÎ* ? iStrp ' P?™" les b ^ cs emponacrés,- ^

Rouît W som ?°i ent et *» arçons vantrés, ' Rougit la.pucelette aux gants de filoselle.

Or Benoist qui s'émêche et tourne, an calotin' :

Montre quelque plaisir d'avoir vu, ce maiiii ' L'hymen du >ïls Unique et de s'a demS ' ; '

Jnin xSçbi. ' ."

. Laurent Taïlhadé. .'■

hadT une ïl ^^ Q uator f™, M- Laurent Tail-

lade, une des rares personnes à qui Dom Junipérien s ouvre volontiers, adressait à notre rédacteur en Thef la îettresuwante : nos lecteurs y verront quele saiît S n oublie pas le Mercure de France, et apprécieront comme d.sxed, nous n'en doutons pohat, l'affiS p r ?

« Mon cher ami - '

.'■ ? Le .révérend Père Juhipérien, absorbé par

. « le^soins de la prédication et la retraite annuelle

« (m il. a coutume d'effectuer chez les Dames de

« 1 Amour Solitaire, me commet le soin de vous

« rendre ses excuses et d'obtenir de vous quel-- «. ques délais. La santé de ce saint religieux, « affaiblie, comme je crois, par d'excessives aus- « térités, demande les soins les plus délicats, un <c repos quasi absolu bien difficile à obtenir de <t son âme évangélique. Toutefois-, à la requête de « ses pénitents, desquels j'ai l'honneur d'être, a Dom Junipérien consent à prendre quelques <c vacances- Mais, dévoré comme on le voit d'un « zèle insatiable, il emploiera ses heures mala^ « dives à nous consoler de pieux écrits» Vos Tec~ « teurs bénéficieront. les premiers dé ces pages ■«■ enflammées, où brillent une voix qui ne tombe « guère, une ardeur que le monde n'éteint pas ; .

((Mes deux mains,

Laurent Tailhade. »

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