‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 118 sur 168 · PAUL ARENE, ALBERT TOÙRNIHR · texte numérisé non relu

PAUL ARENE, ALBERT TOÙRNIHR

Nos félicitations à Ji; Henri Bouillon pour la mention que lui a value cette année sa Porteuse aux champs, notée dans son Salon par notre collaborateur Louis Denise.

M~ Elisa ploeh continue sa galerie de célébrités contemporaines par le; buste de M. Heari de Bornier, dont oh verra

ÎT^W^ à * ^ dCS dé ? êcheS du **»* ** ^ de M yamille Flammarion est maintenant en marbre k l'observatoire de Juyisy, Le Rêve, d'après le roman d'Emile Zola; *t dont le modèle était au Salon des Champs-Elysées, a pow

destination probable le palais de la Résident Générale dt Tunis.

Dans Tavant-dernier numéro d'Art et Critique (9 août), une importante étude de M. Jean Jullien : Le TbMtre Vivant, étude sur te théâtre nouveau, pour servir de préface à rËcHBAKCE. La seule nomenclature des titres adoptés par M, Jean Jullien pour chacune des divisions de ce substantiel et excellent morceau donnera une idée de son intérêt: — 1. En quoi consiste le théâtre vivant; — .2. Le théâtre sérieux est une image vivante de la vie; — 3. Une pièce est une tranche; de vie mise sur ta scène avec art; — -f. £>e la synthèse de la vie dans la pièce; — 5. La vie doit exister dans la mise en scène; — 6. L interprétation de la vie sur la scène; — 7. "2)« personnage sympathique.

C'est le 20 septembre qne là librairie Albert Savine mettra en vente le roman annoncé de notre collaborateur Reiriy de Gourmont : Sixtiné m

Dans la Bévue Bleue, numéro du ao août, une bien inté- , ressante nouvelle de M. Alcide Guérin ; Un Mari.

À joindre à la série des « Massacres » du Boquet : Paul Derouiède, par Jean Ajalbert. Dans le même journal : petites pierres dans quelques. jardins, de Willy ; le Magot de tonde . Cyrille, de Léo Trézenik ; et un amusant article de L. de Saunier: Vive Bouddha!

Bien réjouissante cette question : « Pour être poète, faut-il surtout observer en dehors? », dont la Bévue Belge du 15 août fait précéder la reproduction d'un des passages de Villiers de TIsle-Adam cités par Remy de Gourmont dans son dernier article du Mercure de France. — Surveillez vos échotiers, M, Tilman : ils nous paraissent ignorer beaucoup de choses, savez-vous, entre autres qu'il est au moins équitable d'indiquer où l'on prend ce qu\>n reproduit,

M. Marius André prépare sur les Juifs une étude qui a l'ambition — si nous en croyons certains extraits parus çà et la — d*être une réfutation violente des doctrines chères à M, Drumont. L'auteur assure que Papparitîon de cette étude (Michel Léyy, éditeur, fera .scandale et rouvrira l'ère, des polémiques fameuses de la France Juive. Attendons-

Le Théâtre idéaliste (Directeur, M. Louis Germain), qui devait donner sa première représentation en octobre, fusionne avec le Théâtre mixte (Directeur, M. Paul Fort), dont nous avons déjà parlé. Relevé dans la série des pièces qui seront jouées cet hiver ; Les Fêtes Galantes, drame lyrique en deux' actes, de Paul Verlaine, musique de M. Adrien Kemacle.

Mercvre.

Le Gérant: A* Valletïh

Impr. ROUGIER, n, rue du Regard, Paris.

ÇHR O NIQUE D \É TÉ

Les Cloportes

« Flaubert nous disait aujourd'hui ■ c L'Hic toire l'aventure d'un roman ç* m " est bien t*

^te- e ' qUandiefeisB[nro ^ de rendre une coloration/ une nuance. Par eiemole Z!

mon roman carthaginois, je veux S due W chose pourpre. Dans Madame Bovary ?è Ç2*que l'idée de rendre un ton, cett? coulenr S : moiszssure de l'existence des do P ortes L'affabu lataon a mettre là-dedans me faisait si peu aue~ quelles jours avant de me mettre à écrfre le l£ vre,. j'avais conçu Madame Bovary tout autrï ment Ça devait être, dans le mè^e mHieu et charte a ^V ^ ^ Veille LiuVdevote c

. Cette phrase du Journal des Goncourt (\<"vi>\ P; 367) me revenait en mémoire, ce juiUet der"

1 fron?Tf *?• Un Cre ? x de ■«*** cSentinolse" le tront rafraîchi par Norcmé nu*" «*- * •'

Magot dt r Oncle Cyrille ■ ' * P le

«« CS C }°P°t tes > en effet," ne sont guère à nro

SSE?^* ^ r ° man ' s ' fl «t"«SSî que ce"

™f«w • * Une œuvre où l'affabulation tien?

une place ^portante; aussi, feuiUetonnés dîns

un quotidien, par tranches minces, ils eussent peu fait haleter les clients de M. Jules Mary, voire les friands de M. Georges Ohnet. La petite « histoire » qui s'y dévide tout doucettement se réduit à ceci :

La vieille bonne des Lérin, dont la « vue baisse », est remplacée un beau matin par une jeune, Françoise, nièce d'Honorine, la vieille. Dans «ne minute de déraison, le fils dé la maison engrosse Françoise. Clandestinement, celle-ci accouche, jette son enfant dans le puits, et, déséquilibrée par son crime/ se fait extàtiquement brûler sur un feu de bourrées. Honorine reprend sa place. Et la vie d'avant recommence. Un point, c'est tout.

Aussi, n'est-ce' aucunement pour nous conter ça que l'auteur a écrit les Cloportes. Cela né serait vraiment pas la peine. Ce qu'il a voulu, en toute évidence, et je dois dire que* son but est rempli, c'est nous donner les sensations de la vie de province, terne, grise/ vide, végétante. IL à choisi ses types parmi les végétants les plus végétants, il les a placés dans un décor qu'il connaît, le Morvan, où il, est né, et dont pourtant il s'attarde rarement, tant ses types lui tiennent au cœur, à nous faire passer devant les yeux, en de rapides pages; le panorama trop peu" accysé. Ce qui l'intéresse uniquement, ce sont les êtres, leurs mœurs, leurs habitudes, leurs façons d'être, . Mais, ses types, il n'en étripe point, comme il est de mode, la psychologie profonde, hypogàstriqùeî et épigastriqùe, il les fait parler et agir, et c'est eux-mêmes qui s'apprennent et se découvrent à nous, par menus détails.

Je ne veux pa£ entrer dans l'analyse minutieuse des Cloportes. Le directeur du Roquet m'en voudrait, et à juste titre, de déflorer une œuvre à; laquelle il va donner une très prochaine hospitalité. Je veux surtout féliciter M. Jules Renard de persister dans la voie qu'il a inaugurée avec Crime de village, cette petite plaquette de nouvelles,

presque toutes si savoureuses, qui est à peu de chose près son œuvre de début, et dont plusieurs. la Meule, par exemple, rappellent très heureusement, toute originalité gardée/ la manière aiguë Inobservation narquoise et pince-sans-rire de M. Guy de Màupassant dans ses Contes de la Bécasse, . -i-

La province, absolument dédaignée par nos intéressants « fin-de-siècle », tellement « fin-derace » qu'ils s'intitulent d'eux-mêmes décadents, a bien changé depuis Balzac ; ses notaires, ses dures de village, ses paysans, exigent de nouveaux historiens, mais ceux-ci se rencontrent rares parce qu'il est de notoriété publique que Pétiqùette « mœurs provinciales * collée sur un livre, pour artistique et exceptionnelle qu'elle soit, a 1 inconvénient redhibitoire, aux yeux de combien d éditeurs, de n'être aucunement commerciale. ■^ Je crois pourtant, en dépit de tout, que les Cloportes viendront à leur heure comme tout livre nous initiant, sans lâches compromissions avec la convention routinière, aux dessous moraux, pas très propres, de la vie de mollusques des petits bourgeois de province.

Et il convient également de féliciter l'exellent directeur du Roquet, M. L. de Saunier, d'ouvrir toutes grandes les portes de son jo.urnal si éclectique, si vibrant pouf le présent, et si plein de promesses pour 1 avenir, à une œuvre jeune et curieusement briginalp comme les Cloportes, au lieu de nous ressasser^ comme tant d'autres périodiques, quelque banale, insipide et chlorotique étude de « mœurs parisiennes ».

.■".-; Léo Trézenik.

34o MERCVRE DE FRANCE

Page 1