VINCENT VAN GOGH
Vincent Wiilem van Gogh est mort le 29 juillet dernier, a Auyers-sur-Oise, ou il travaillait depuis quelques semaines après un séjour de deux années en Provence*. Il était âgé de trente-sept ans.
On n*a pas oublié l'article (Mercure de France, n 6 1) de notre ami et collaborateur G.-Albert Àurier sur l'artde ce Hollandais à la couleur éclatante. Bientôt; s ouvrira une exposition des principales œuvres du peintre ; il aura peut-être Pheure de célébrité, qui lui est due, posthume, hélas ! avant d'être classé à son rang parmi les rares artistes hardis et personnels de cette fin de siècle. Nous devons ajouter que cette exposition aura heu de par l'initiative de M. Th. van Gogh, lUiabile expert de la maison Boussod et Valadon, le subtil connaisseur, qui avait rendu pleine justice au talent de son frère eh lui procurant les moyens de se vouer entièrement à son art. Que cette indiscrétion nous soit pardonnée. Là Famille, réduction et synthèse du public, méconnait si : souvent, à moins d'apothéose (?) — le Prix àe Rome ou l'estime de M. Albert Wolff— les artistes qui l'honorent *
„92 P eut voir des ^Weaux de Vincent van Gogh chez M. Tanguy, 14, rue Clauzel.
. ■ ." Julien Leglercq.;
LES LIVRES
Les vieux quartiers de Paris î la bievre, par t-k
huysmans, avec aj dessins et un autographe de Tant eur (Oenonceaux)-Le droit que n'avait jamais osé prendre l'ancienne monarchie, le droit d'expropriation, est parmi les plus monstrueux du code moderne. Au Heu que jadis, les villes, en unesorte d état de nature, se modifiaient lentement, sans heurts par des transformations pour ainsi dire géologiques, •— les styles le* fantaisies, les hasards du présent venant s'adjoindre aux styles, fantaisies, hasards du passé, — c'est d'un coup à cette- •iY re \3 Ue les lûgénieurs-voyers jettent bas des quartiers de ville. Mais, heureusement, cela coûte cher, et des coins de- Fans ont encore échappé à cette manie destructive : tel le tracé de la Bièyre, qui. maigre des remblais, des avenues où le vent se demene, des places où le soleil inflige aux imprudents des apoplexies, subsiste encore,— mais je dis bien tracé car la moitié au moins de la vieille rivière a été mise en êgout! M . Huysmans, qui seul, peut-être, connaît le Paris d'au-delà
îf. «"■. l°* l > P ar !>» 4e fortunées ruelles, s'éclairent avec de
ionSmInt OU qUI> î* *, " Vient an mènïe > seul »* €n P»rfer OnfmTlv C ° B * e - 1 ? aven * ures de « ruisselet méprisé, la™ "" 1 '« c,te 1 P ar5eS , deSCn £ tîoI>s ' i, ' aiU * f «re m tour Vers -ÏT3L «S. * eu ?î lers ou la P e Croulebarbe; U verrait des vestiges de Uièvre, il ne verrait pas ce que nous fait voir un verbe qm mord la planche de cuivré plus profondément qnede , -. Feau seconde, produit, api es le tirage, des estampes oùTïranese a fait les pierres et Callpt les bonshommes. Voili/dite
ÎZZL: <(Cest + n i ie 1 ,1,1 ? ereaiioblie P a C r«amje des anciens Sb;»^/ ^ fr &"*»** quilles, des haillons peints par Rembrandt, de délicieuses odeurs blasonnées par l'art; : ft£»tlw 1S ^™£$ renaît " >" - Uné des P mnstratiôns ÎEHÏÏr ♦ iW T'*?' fc ' * st >. darts *a vétusté, curieuse et bien attirante; les antres... il y en a vingt-trois. - Typogra- ■■
Ï^aF" D ° monlin » qm:séùlï avec l'Imprimerie de là kJpa- . Sidina^cet C " D ><Mnfl '*' ° eS caH<itères épiscopa^x, '.;
■ ii«2f ^ 7 ir- fot i v> P ^ mé f, d ' abord dans une revue hollandaise, De Nteuwfi Gtds, d'Amsterdam,— n° du i augustus i886 — seules pages françaises que xecéle lé tonie dont je lis lé sommaire .- c'était comme une illustration à l'étude sur l'auteur donnée dans le précédent n» par M. Ary Prias). R. G.
<*?£? b61I n e ^ eZ - M. Barrés, par ira faux R^an. (Tresse et
M aL,7 mf- a « 1VC * *? V* e n0 - S antennes connaissances, M Adore Flonpette, qu> débuta dansla pharmacie pour se retirer des affaires comme tabellion de village, nne bien étonnante aventure. Passant un jour devant le Palais-Bourbon, il fut salué profondément par .«un. jeune homme imberbe, de ■ teint un peu bilaeux, distingué, fort correctement vêtu » Il rendit le salut et, comme il portait. la main à son front en s* demandant : « Qui est-ce? », le jeune homme prit le «este ETf *£ 8P ^ ' L VMt à • lB , î ch apeau bas et l'appela « cher maî- M* kl I V? *' «"/ v^ lui ' s'^giaait en présence de M. Renan! Flonpette tenta honnêtement dé se dévoiler, mais ne tut pas compris. Il ne résista point alors à l'idée dé pousser un rien la farce et, tout en marchant, laissa M. Barrés ; ' discourir de la poljfaque. - « Et le général Boulanger ? > questionne le faux Renan. * Cher maîtrf, nous voici arrivés a la porte de mon logis. .. Voulez-vous me faire l'honneur de jons y reposer, un mstant? Le général Boulanger ?: C'a été un très bon tremplin.! » Flonpette consent à sereposer chez le ,■> jeune députe : c'est-1'h stoire de cette, visite qu'il raconté avec la malice bonhomme, la naïveté matoise, la sûreté de pastiche
. Oui renriftn'f-ci-omncon+A 1- le je... V.,.- wumjs
Le Livra d'or, pa* la Comtesse Diane (OUeridorfi). — Le
livre <To r de la comtesse Diane re no avelle . brillamment le % succès des Maximes de la Vie. Kien ne passe en belle humeur cette anthologie notée jour par jour en ces causeries prestigieuses qui, dans un salon d'autrefois, exercèrent quiconque maintenant, se pique d'être d'esprit.
Un jeu d'assez vulgaire sorte, lorsqu'il sert de tremplin à 1 incurable stupidité des gens du monde, /es petits papiers, îournit prétexte an Livre sans pareil que la comtesse Diane ottre au public. Livre <f or, en effet, où la collaboration royale de Carmen Sylva réplique aux « pensiveness >v de Sully- ITudhomme, mx.agndas hautaines des Boisjolïn et dès'Bergeret; ou les noms d'Henri Martin, de Joseph Bertrand/de Félix de Saulcy, de Charles Tissot, d T Eugène Mouton, de Francis Wey, s inscrivent près de l'harmonieuse Vacaresco, . adolescente muse de Bukharest; où le richorame José Maria de Heredia songe au Popocatepelt gigantesque, et se trouve . numihe par ce singe, lui si nègre cependant. Mais l'héroïne de ce decameron est, sans conteste, celle quL de sa présence et dune ame inspiratrice, en ordonna les. jeux'.. Comme dans sa maison, Madame la comtesse Diane de Beausacq règne tout le longde ce volume, sur une élite charmée et" d'un orient incomparable, fait chatoyer aux yeux les facettes du bien dire et du joli penser :
peint iyiter ighes Luna minores.
Quelques citations prises au livre même rendront sensible iagrement de cet esprit auquel ne manque, selon le vœu de lertulhen, le tour; le contour, ni le détour.
« D. — Quel est votre poète: et quel est votre peintre? « K. — Mon poète : V Espérance; mon peintre : le Souvenir. ■ rc D. — Que peut-on demander à l'amitié ? * ■■
« R. — Bon souper et, bon gîte. „
«r D. — Que doit-on à ses amis : l'indulgence ou la^sévénter* ° .
« R- — la Partialité^ ».
^ii eSt ~ Ce P as là , cpmnie il nous semble, la note des belles ruelles de jadis, cette noble préciosité que. raille, pour ne 1 entendre plus, la cuistrerie démocratique d'un temps où lés ocknevs enrichis, les snobs et les youtres multiformes tiennent le haut du pavé ? . . L. T.
Lettre de l'Ouvreuse,— .Voyage autouk de la Musique, : par Willy (Léon Varier). « Mon cher M. Willy, je rends '. mon petit ban.c : et mon. bonnet rose, qui d'ailleurs est bleu. Prévenez M. Ernst — à vos souhaits ! *-- J'ai vu Blowitz l'a bove prtncipmm), la Krauss en Tair, Mlle Berthe de Moutalan ïî ien -ï Celle <3LUon arrète V potelée comme une rallonge, t n" f nal compositeur de valses pour la maison d'édition rellier, Lazzari et ses redingotes à sous- pieds," Stéphane Mal- ■ larme professeur d'anglais, le vicomte en. Mèlcîrior, Edouard Uujardm en complet inconvenance d'oie> Làscoux, le plus
SEPTEMBRE i8oo
des crimes cW iw+« T??*" 811 • « Voici minuit, l'heure
mage «S^^SÏaiîi^^iS^ *-/ ^^
.inférieurs, Poisset,; ïé brassée V^T ,D * des soupirs
houblon rai v« WAi£,i» " sseur céle bre, connu comme le
sacré) Pierre -TE lSfi *** nn 8 Tand boa w ™e (le boa
comme celle d^nn ïei^^ T?^' ller ?? t a * a barbe bifide, familles, ^^^SL^SUFS^^L 2 ^ *'*
nSToar £ ^ ÏOttrt ° iS ^' So" Lé^nVlo^T^é i nuage parles cheveux ou par les nîwU /T*« c i>a i- ïrame
mou u de 3, épouyUéo ^M^^ l^L" ver t
moulu de-la svitaxe éo»nvf„ r t 1CS P^^* l'escalier y^
recuclle, comme la R QSsie , M . Hara^n^^^^^ou^
<, exhibant
ictor- Hngo
us-Jona'rre
vu tout ce
J'ai vu l^ustri c^Tteûr d"e^a^, C ° art {id r mo ° d > ^ bout: , à l'admiration des SK£ JîT» 1 ?^ 8 * 1 ^' sur son lit de mort » T'a? W pi ■ / f *U de * ^ ctor Hn g°
et JnouneW? jK-SS^ffiS^ArigS^* rci\nT^s^SJï^
le rien, et noir comme l'abWrH» t pensee — noir comme
.. vagues' qu'on nW™riir£waL e k P n e rr na ? CS ■ on * si • un «Sort de comparaison leurs act« U ?/V aatre 9 ne P«-cette banalité soéclalTanvcr^c ? -^ étani em P«urts de lectionque M lourelt avfr^,^ nches et «« snobs, col- . monde.\^^KS^" ""»«»?. «û««, appelle le.
tout se meut dans un^Si* V i S **«»*«" intérêt, et brouillard augbT ^tf^^-ft.^.;^ »>««.■ '
Bourget,un^«rtai n ?SLLi St If S Ie P Ius manviis
"" M M vr!, ei ? re l pa l 7? aô * B Mo»n (B. Simon et Ci«l M. Mont, est probablement un/Corse^ui aur^écu le^onto
parisien à travers les brousses de son pays. Ses deux héros, gens d'un milieu ou se croise IV vê que avec le député/ se livrent aux exercices psychologiques les plus inattendus : « Elle eut un rire argentin, un de ces rires qui font frémir les moelles des os et les fibres du cœur! et. l'attirant à elle, elle tendit ses jambes sur lesquelles il se mit à califourchon. » Bonrget n'avait, pas songé à celui-là, au moins en temps que psychologie !.„ Ce singulier viveur, traitant les femmes comme des chaises volantes, se suicide en Renfonçant un poignard dans la poitrine. Tant mieux ! tant mieux! Nous n'aimons guère les enfonceurs par cette fin de siècle. Miserere 1 Ce qu'il y en a, hélas ï de ces pauvres petits jeunes gens qui prennent le mauvais goût pour la désinvolture de Musset. Et encore, de nos jours, le, parades sous la jambe.de Musset nous semble rudement prétentieux quand il s'agit d'amour... S'il s'agissait de littérature, ce serait une autre affaire; mais dans le livre de M. Jérôme Monti, je crois qu'il ne s'agit pas de littérature. . ***
Histoire d'amour, par Paul Déhoulkde (Çalmanh-iévy).
*...-., « , ^«^v. ,ui A lu'ouica u jncii . uuci, uaucon, ancienne maîtresse; femme voilée. -r- De Vienne a Pise (destination)': Mari ombrageux et jaloux: mort! amour de la marquise: mort! Couvent, désespoir, folie. — Toute, toute la lyre!
• ^OTk?^ o.
CHOSES D'ART
au musée du louvee. - : Le tableau du Sacre, de David, apporté du Musée de Versailles, vient d'être installé. .— On ■ achève de maroufler au plafond de la salle dés dessins du pavillon de -Beauvais te Gloria Maria Mêdicis, dé Carôlus Durai), .
Au musée de CLCNY.— A voir diverses récentes acquisitions très intéressantes (œuvres de ciselure renaissance ' faïences
etc.) ■. . ' ... *.
Chez boussod et vaiadox. — (boulevard Montmartre), L'album de Lithographies d'après les tableaux de Monticelli, dont nous annoncions dans notre dernier numéro la prochaine api' paritron, vient d'être mis en vente. A voir: des Gauguin, Rei . noir. Raffaelii, Pissaro, Redon, Degas, Lautrec, Claude Monetl
Chez tanguy, rue Clauzel). — A voir des Van Gogh, Gttiilaumin, Bernard, Luce; Gauguin, Cézanne, etc-
Chez coutet, (rue Lafayette, 34). — Des Camille Pissaro, des Schuffnecker. <i>-A. Aubieju
Échos divers et communications
La Bibliothèque artistique et littéraire, créée naguère Mur ■S-a «.j. se ^ m P* 7 directeur de la Plume, et qui a déjà to- Miè .Bedtcaces de *aul Verlaine, et A WinterUgkf*àrJ*m\ de Gaston et Jules Couturat, va s'augmenter d'au intéressant -ouvrage de notre collaborateur Louis Dumur : Albert U roman que nous avons annoncé. — Il sera tiré de ce livre *oo
atres numérotés J — - .«..— • 7™
le l'auteur, et
spécialement p± , ^.«^ u* * ««war er sa -signature autographe. Mais ne seront mis dans ïe commerce <iue : 30^ exemplaires sur japon à *6 francs, et 350 sur similijapon, à 3 fr. Les ouvrages de cette collection seront nécessaire oient très rares bientôt : tirée à petit nombre, elle ne sera jamais réimprimée. - ' ra
vl?™^?™*** *#*■* Albert, la Bibliothèque artistique et littéraire 'éditera un livre dé poésies de notre collaborateur Ernest Rayuaud : Les Cornés du Faune. «™*»r
Ne ^quittons, point la Plume sans y signaler une belle pace de Léon Bloy : Çrtstopke Colomb devant les taureaux, une notice baographique de . J.-K-. Huysmans .par Ernest RaVnaud, -an Maurice Rolhnat d'Alphonse Boubert, une critique dM7àert par Léon Deschamps, et des articles, poésies et nouvelles deMÎd. AbeV Pelletier; Jules Bois, Paul Redonnel, Léoa Durocher, Gaston Moreilhon, Georges d'Ale, Léon Dequille- *ecq Emile Blémont, Eugène Thebault, CàrniHe Soubise, Albert Lantome, etc. . ■*
Le Rappela, publié la lettre suivante :
. «Cher ami,
"ir'îr"V!??K ^ l f^ r ^^ Villon z collaboré avec « M Judith Gautier au buste de Théophile Gautier que
. « nous devons inaugurera Tarbesèn août prochain. Sou nom * t E^ sé sous « Ie »ce dans une petite note que vous avez « publiée ce matin au Rappel. Pou rrie*-vous faire un entrefilet « un de ces jours indiquant cette double collaboration ? Le « monument est signé' des deux collaborateurs. ■- ■ ■ a Cordialement,