LE PRINTEMPS
En costume princier que connut le servage,
Le Printemps arborant sa perruque à frimas
Etale la gaîté d'ironiques damas*
L'insidieux encens de la flore sauvage,.
Le trille insinuant qui repeuple les nids,
Les fredons chuchotes des vieux troncs rajeunis
Circonviennent les cœurs qu'une langueur ravage.
L'Usine, froide à tous ces frissons palpitants,
A l'aspect sale et gris dès rapaces traitants
En costumes princiers que connut le servage.
..l'été
Pareil au flot perlé des alcools stimuleurs, L'Eté giclant soùs qui tout se grise et s'altère, Comme une vaste enclume éclabousse la terre, Fournaise en la clarté qui pleut sur ses douleurs, L'Usine ronfle et bout; sa ruche s'exténue A la peine, et parmi la promiscuité nue De son dépoitraillé labeur suant ses pleurs, ^ Parfois de brusques ruts étanchent leurs furies A l'enivrant lac blond des jeunes chairs meurtries Pareil au flot perlé des alcools stimuleurs.
OCTOBRE 1890 <r
LATTTO»IB
Le temps morne est plus bis que le pain du sa l aire L'épargne de l'Automne enterre les trésors?
Des arbres minés semant leurs derniers ors.
fe 1 '^ pithisique un « rand disque solaire Wm* ^«Pbw: son rouge trou pantelant ™^A. bouch « d «* fonrneanx chauffés a blanc • Et rude aux meurt-de-faim que sa voix accélère La cloche sonne son appel haï de tous; Symbole ricaneur de leurs quintes de toux' • Le temps morne est plus bis que le pain du' salaire
XHIVEH
tPà iS? * s ^ ns fin au ^vaU gémissant Rode 1 Hiver d'un pied ouaté d'homme qui tueJ
Pesbaisers pure dont la pudeut s'est dévêtue iont allés mendier la lèvre du passant. .
W°/" a .f. mort .)«Hit ! Mort sans donte bénie! . Et. dans l'inconscient dédain de l'agonie Que^mpntre le poignard damasquiné de san* Tandis que l'un enlace et que l'autre fondrofe. Le Z de la bielle et le 8 de la courroie Vont leur route sans fin au travail gémissant.
XA KUIT ■
La Cheminée en feu que le vent échevèle b érige dans la Nuit dont les larmes dWent Evoquent les sanglots d'un chômage indigent, ht sous la noire paix du deuil tout se nivèle riJiïV*^:* pauvre gueux que la misère abat î Vest du fumier de ton prolifique grabat Que sont nés les forgeurs de l'Aurore nouvelle Aurore de bonté qui révèle pardon...
Jlais ce sera peut-être un terrible brandon l-a Cheminée en feu que le vent échevèle !
Paul Roinârd.