‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 131 sur 168 · RÊVE · texte numérisé non relu

RÊVE

Je m'en allais seul, par une Nuit froide, profil obscur Plaqué sur le clair de lune Artificiel et dur.

Un vieux clown hyperbolique, , Brillant comme un arcr-en-ciel, Vint, gracieux maïs oblique...' . .

Un vrai péché véniel.

Cet homme avait dans sa poche Delà corde dépendu.

Je lui fais signe : il s'approche

Avec un air entendu..

« Combien vends-tu la ficelle?

Il met ses yeux dans mes yeux, Puis, vif comme une étincelle, Gicle en un saut périlleux;

Un saut périlleux bizarre Oui me jeta sur le nez.

Mais avec un sang- froid rare Et des gestes obstinés :

«Allons, vieux, vends^moi ta corde, Vite, ou je vais t'assominer.

Vit-on pas T miséricorde!

la lune au ciel se pâmer.

J'aime la lune : j'eus honte

De sa mauvaise gai té.

« Coeur ■ douteux, parole. prompte »,

Dit le vieillard pailleté/

a Sais-tu comment on me nomme?

« Un nom banal : le Bonhbdb.

<t Tant pis, je -te yeux jeune homme, «Du bien, parole d'honneur! »,

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