‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 23 sur 168 · L'EVOLUTION ÉGOÏSTE · texte numérisé non relu

L'EVOLUTION ÉGOÏSTE

... Quant au Progrès,

. m fut à une certaine

épogué une vraie cala-

wnte,. mais ne progressa

jamais.

* Edgar Poe. '

tions su^nu^i 63 : b - onne ?.gens, à noter les modifia- <' mn^hi " depU1S une vl Pgtaine d'années dans l'at-

^eLde If 1- PP °- rt ^ S ï SOnS ' Sentent P oi * d ~ l'S- ÏSdîte -^ llmm Yîente fi n du monde £,nt d e fois

5[ïembl a î^ CUn ! S *r UV&nt à saisir de « ^dicales vè les coucha Cntr f , ï ^° mm6 nOUVeau > Individu cnoude sfècl, R* ' if* h u m , me d ' iV y a dément un quart tlià \l f™ ■ 1 deS Chèfe , dè famiHe ne . comprennent -

;*,! 2. P * dlffere n*s d eux-mêmes qu'on les dirait

oï s'en U ?nH- Utre ?" : fl ? S ' 6n estent Jour la plupart " i-J • n J î? d . I S nent ' certams vont jusqu'à jrémir de leur ■ qualité d'éditeurs responsables de tels moKes- et an

va ent D L l« eC9U ^ rte d * s cauèès > <ï ue ^ Jeunes Se i aient pas les anciens, vivent avec cette consternante

pensée que décidément Thumanité dëchoS..;^- 11 * 6 v^ est bien possible.

somme? décSÏ^ *t Ce P eridant - fusante que nous ' v?d^L ^ • V d ^ chuS Sim P Ieraent P*™ que l'indi- , rinrou^ft , ° d ^ d ° s -«ÎT«' plutôt) de nos générations L réprobltric^ es *P £ tc A nformè à . c ^i des générations ■ sXs ^ 1*' U Pxudho1 ^*, si coutumier dé droit . chemins Z T fJÏÎT* en acCuser électricité, les \ reçu? à /Jwà Ie ^ephone, ou la liberté d'écrire : il . î'îdÏÏ Z fech.ffrer le Pourquoi de l'ayatar, ou mieux . «™ • j 1 a P ,° int . sur ^ encore *»'* pouvait avoir un Se mauSSret 11 * '* .P é " étrationl - dispenserait, san^ut" . «^maudire sa progéniture — extrémité toujours désagré-

K^Jlîï dit -" iI '- en * endré un fi^, je lui ai-inculqué les

Patri S C1P T 3? paient transmis mesures: : ■ latrie, Famille, TradUion, Respect de la chose accom-

fiïl ï î? îi - ,ï * ^j^? 11 » 1 *" à mes Pères; mon fils ne mé ressemble pas; donc, c'est un gredin.

...TT ^ oire » répliquerait doucement Panurge, mais il me

plairait vous ;ouïr débiter cet autre argument : «J'ai

engendre, sans e faire exprès, du resté, un fils, j'ai em-

: Ployé pour son éducation à peu près les mêmes moyens

nous ïïrrr r ,a mien ™> ° r > mo » p*»-* »«■

nous nous entendions, mon fils, et moi nous né nous entendons pas : pourquoi ? Il semble, qu'une telle situafaon ne se soit point créée toute seule ; les causes, évir*£iï m * S ^JW******* très diverses, s'enchaînent, se ramifient a l'mfini. et se perdent dans la nuit de l'inson-

'«SÏT°F ™ « m °^ n - S d ' indlictio » ne me permettent guère de les aller quérir.; mais il en est certainement fasse* proches pour ma faible vue et d'assez apparentés pour ma sagacité. Par exemple, ceux de mon temps avaient encore un semblant de foi, des convictions un peu floues, de vagues principes, dès . préjuges utiles : la

T^ffît laiSSait à l individu un rieiï de tout cela, qui .1 aidait à traverser notre vallée de sottise ; mais, pour des

raisons qui. m'échappent, et' en somme ne m'importent

pomtjje doisavouer que mon fils, sonriél'âgedepenserpar

. lm-meme, a trouve le bon Dieu en équation, le Monde

résolu par. le calcul, la Famille détraquée, la Hiérarchie

agonisante sous le séant victorieux de l'incommensurable

Bêtise. Donc, isolement moral extrême du jeune homme,

déséquilibre des plus /périlleux, et juste au moment; où'

. !* b , a * a f I . ,eso ^ l è, se faisant extraordinairement difficile, 1 mdiyidu aurait tant besoin, de secours moraux. Or! mon fils n'obeit-il point à l'universelle loi de pondération en cherchant son équilibre ailleurs que là où était le mien, puisque aussi bien il tâcheraitsanssuccès, mais non sans danger, a mouler, son moi sur celui de son père?

.Et si autour délui tout craque, se désagrège, s'effondre irréparablement ou file à .la dérive, s'iï n'a plus rien à espérer des-cieux vides, et que toutes les superbes théories humanitaires se décèlent, à l'user, déniaises utopies, si ennn les actes, concomitants à la kyrielle des beaux discours sont .l'exception d'une désespérante '. rareté' • — ou, pour se garer de la grande débâcle et ne point périr, se réfugiera^t-d, sinon en soi-ménit?. Son avatar estllonc une résultante fatale; et si,. parce' qu'il est différent de moi, je tiens absolument à témoigner quelque chose à mon fils — qui ne me le demande pas — peut-être convient-ilque ce ne soit point de la colère... Ayant un asile, si délabre qu'il fût, où m'abriter durant les mau- . yaises heures, une certaine inconscience, et une mollesse

dans le .vivre m'étaient loisibles, qui lui sont proscrites, ? 1 . n . 1 .<l m frt détruits tous les havres de salut. Sa force individuelle d action et de résistance doit être supérieure a la mienne^ : de là, pour lui, une nécessité de se concentrer, de se. densifier, de se barricader en. son moi après s^etre: suffisamment durci Pépiderme de l'âme.;. Et, ô débonnaire a la fois et terrible Monsieur Prudhomme cest ce que vous appelleriez, faute d'une . expression moins malsonnante et en allégeant le vocable du sens injurieux qu'on lui attribue d'habitude, I'évolutio* égoïste, ce qui ne signifierait nullement, allez, que votre Ms est plus égoïste que vous, mais mieux que vous ».

Une bénigne philosophie nous propose . l'humanité idéale, c est-a-dire l'amélioration de l'homme, au moins son maintien; au plus haut étiage de vertu dont il soit capable (d ou tout le bonheur humain, possible), par 1 exemple du bien : — l'homme est essentiellement bon, avec des défauts toutefois, mais il tendra de tout son être au bien pourvu qu'on le lui montre.

Un tel enseignement, à coup sûr inefficace, est toujours dangereux. Si, en effet, l'émulation visé à une fin tangible, comme lorsqu'un stérile enthousiaste d'art se suppose lui-même artiste, l'impuissance où il est dé produire le convainc de. présomption, et, sans être un imbécile — on peut être honnête homme et faire mal tes vers — il en sera quitte pour choisir une occupation en rapport avec ses aptitudes; mais si l'obi et de l'émulation est abstrait, comme s'il y va de nos qualités intrinsèques nous arrivons aisément à la certitude d'avoir atteint le but souhaité. La vertu comme l'art, pourtant même pour qui poséède le don, est une conquête, et toute conquête exige un effort. Qui s'est, de bonne foi, vainement alloue la faculté de créer une œuvré d'art, a beaucoup peiné pour aboutir à Pavortement; mais la vertu, ne sulM-il pas d'en avoir le désir fervent pour secroire autorisé a 1 eurêka triomphal ? Où la preuve contraire ? Où le critérium ? Chacun, en l'espèce, ne relève que de son appréciation propre, et, dans la bonne opinion qu'il a de soi, n'hésite pointa se décernerlaqualitéquil'exalte.C'estpou -quoi tant de personnes fort banales, nuisibles parfois, se décrètent gens de. bien, le plus innocemment et sans avoir pris la peine de le devenir. "'.''-'■■

Jusqu'ici,' en somme, tout est pour le mieux dans le plus . hypocrite des mondes. Mais la. vie, un jour où I autre, force l'individu à regarder en soi, à s'explorer

P f"ï; *?,"* de b '°» 1 »-« t » de cette heure de pleine conscience et d obligatoire franchise^ c'en est fait de ses illusions-

."' FÉVRIER iSqo

sur spn excellence, noyées dans une grande amertume et une intime tristesse. Dût ne jamais advenir cet instant d'autoinvestigation, la duperie de s'être imaginé vertueux tien contribue pas moins au désenchantement du naïf, du sot, de l'inhabile . et de l'aveugle. S'estimant, ceux-là/ essentiellement bons, selon le dogme révéré dé leur jeunesse, et condescendant à peine à se reconnaître quelques anodins défauts, ils voient nécessairement Fhumanite a travers la conception . qu'ils ont d'eux: quel sera leur effarement une fois hommes, alors qu'il, faut s agiter dans la mêlée , malprànre ! Car,, parfaitement inaptes a s'approfondir, ils ne . sauront qu'être très clairvoyants en ce qui touche, le voisin, parce que. le voisin, a lui présumer d ^identiques défauts et à égale dojyj>se manifeste différemment. Gela, d'ailleurs, ne Jes conduira . point a : 1 hypothèse qu'eux-mêmes sont défectueux, et continuant, par un leurre, naturel, à se croire bons, ils ne peuvent que : se former une bien affligeante idée de leurs semblables. .

On a dit que certains romanciers causent plus de rayages ayecjëur faux idéal ^^^^ provoqueront jamais les tableaux de mœurs et Jes analyses, si brutaux et si pousses qu'ils soient, de telle école moderne. De même : la philosophie courante avec son idéal bêta ; venu le moment de Pexamen personnel ou de la simple pratique du monde, l'humanité apparaît plus vicieuse et là vie plus laide de tout ce qu'on les a conçues trop vertueuse et trop belle.

Ces constatations décevantes, en bonne logique, sont autant de voies ouvertes au fameux « mal du siècle >. Il .serait puéril, à la vérité, dé lui assigner cette unique source; toutefois,. en souffririons-nous au même degré si nous n'avions peu ou prou écouté l'a spécieuse leçon que j'ai, dite ? Pour combattre le désastreux ennemi, et dans . Pangoisse désespoir tout proche, nous prierions certes qu'pn nous aide— si nous savionsqui l'on imploremais la failhte.de Jehovah estavérëe, la Nature est mauvaise conseillère, l'Homme est un loup pour l'homme- de quelque côté que nous nous tournions, c'est, tracé en hiéroglyphes dec en dres, le. formidable NIHIL. Alors, comme il faut vivre, nous nous résignons à ne compter; que sur nos propres forces, et nous opposons à la. désolante et universelle négation cette affirmation résolue : MOL

^Mais ce pauvre moij au total, est-il si haïssable, et n est-ce point l'erreur de nos hypocrites civilisations d y voir un abominable vice? — Si, par un. leurre inhérent à notre nature, nous nous attribuons, sans la gagner,

toute qualité qu'on nous offre .pour modèle, il est bien évident qu'en raison de pareil ,leurre nous nous affirmerons exempts de ce que nous évaluons des défauts. Kien n est donc plus contraire à la réalisation de l'antique Aoxce ter p^mt. sans quoi cependant il est difficile de se guider vers la. fin voulue, soit le moins de malheur possible. Cela double l'obstacle : si déjà, nous nous intentons a découvrir en nous seulement ce qui nous agrée, et partant ne réagissons point contre des défauts que nous supposons ne pas avoir, que sera-ce si nous nous méprenons sur notre essence même; si, rangeant parmi les vices 1 de simples et générales manières d ? être, nous rejetons corn me pernicieuse telle portion immanente de notre entité? Cette portion, négligée, abandonnée, est .une iorce que nous méconnaissons, et -i. puisqu'elle subsiste malgré nous — toute force inasservié peut causer d irréparables calamités. . . .

Combien il est moins périlleux de tenir l'ëgoïsme, qui condense Têtre, pour le contrepoids nécessaire de la Toi d amour, qui répand ! — Et si l'on admet que 1 egoïsme est a la force centripète comme Tâmour est à la force centrifuge, il devient patent, que le taxer vice équivaut à qualifier malfaisante la force centripète, ce qui est absurde. ^

Que régoïsme fût réputé un vice parce que, principe même de l'individualité, il semble opposé à l'intérêt commun, cela se comprendrait encore; mais ce n'est pas la pourquoi on le condamne. Dans les agglomérations primitives d'hommes, il se confond avec le droit," qui est la loi du plus fort; il est la base du. droit naturel et reste inappréciable pour les individus, qui ont un seul et mêtique intérêt: exister. Tandis que dans nos sociétés complexes, où les intérêts, si variés, se. contrarient sans relâche et se heurtent, îl est pour ainsi dire impossible de ne le point constater partout autour de soi. Selon la dissemblance de nos tempéraments et la diversité, des motiîs qui.nous actionnent, il se déplace et diffère en chacun de nous, très apparent pour qui nous- approchent notre aisance à le saisir ailleurs . qu'en nous corrobore avec une simili-logique irréfutable cette vanité originelle tapie au plus secret du Saint des. Saints de notre pensée' que nous valons mieux que-tout le monde. Comment le pire mdn-].du raison nërait-ii autrement, puisque les manifestations égoïstes dont il; est blesse ne ressemblent point aux siennes, et que huit fois sur dix il se sent et est en réalité incapable des actes qui émanent de l'égoïsme ambmit? Car si l'humanité est identique, à- elle-même,

ce n est que considérée par groupes, chaque groupe acquérant en nombre au fur et à mesure que la vie sociale se complique. — C'est donc de la facilité à percevoir 1 egoïsme des autres et à s'en juger indemne que vit cette

grave erreur de prendre pouf un vice une loi fondamentsu**

taie,

feu

Pas plus néfaste en soi que les forces matérielles, le u, i eau, la vapeur, l'électricité, toutes susceptibles de se changer en fléaux, Tégoïsme, classé un vice et nié à pnorvà cause de cela même, est très certainement nuisible en ce que, se développant sans entraves, il atteint vite au. monstrueux; mais, reconnu et réglé, il semble qml ne doive sortir, comme les forces matérielles, que des résultats bienfaisants. On ëiitend qull ne s'agît point ici de-la vieille théorie de l'égoïsnie, en vertu de laquelle, dit quelque part Jouffroy, une. façon dé vïvre légitime et conforme à la raison se distingue « à ce seul caractère « qu'elle conduira, l'homme au bien-Être. Tout acte, tout « moyen d'arriver à ce but est donc bon, convenable, « permis r par cela seul quil y conduit. La permission de « tout faire pour arriver à son bien-être, tel est donc ie « droit imprescriptible de tout individu ». Cela nous replonge dans la barbarie. . '

■ Autre chose est de tenir pour vrai que, l'homme ne pouvant pas plus n^être point égoïste que de n'avoir pas de sang, de nerfs, ou tel autre élément indispensable à la vie physique, Tégoïsrhe n^est ni un. vice ni une qaahte, mais seulement une partie constitutive de l'être. Il est la loi de cohésion comme l'amour est la loi de diffusion. Ainsi présenté,, personne-^- malgré l'indéfectible bonne opinion qu'on ait de soi -ne se refuse plus à s avouer, qu'il le recèle, et, dès lors ne manque de s apercevoir que la sagesse n'est point de le réduire jusqu'à l'estropier, maïs de s'en rendre maître. Chez le sauvage, où il est un devoir connexe au droit d'exister, il est limité par la force brutale ; nous lui opposons, nous;, ïidtye du devoir — et au besoin le gendarme, les lois établies pour lemeilléur fonctionnement de ces grandes sociétés dispensatrices d'un bien-être introuvable dans la vie de tribu. Mais, mieux que tout, le raisonne* ment démontre que l'intérêt social est de le maintenir ? b P?^*? 11 c6l *grue, ? oit : t^té la quantité nécessaire al individu pour résister à là pression des autres égotsr mes et aux circonstances dissolvantes, et, dans le* limite* au devoir, parvenir à la satisfaction de ses besoins et de ses appétits. ,

C'est là ce dont l'homme c nouvelles couches », en ce

malaise ou il se débat de par les conditions mêmes d existence de ce temps, a l'intelligence ou l'instinct. La théorie est sèche, peu large, point sentimentale. Mais les besoins et les devoirs de l'humanité varient avec les époques, et \ individu, malgré qu'il en : ait, agit selon .ces besoins et ces devons, se moule a son époque. La transition, d ordinaire, est lente et latente ; mais, en cette Jin de siècle, les choses vont vite.: brusquement la vie ■ a deferfe avec une intensité extraordinaire, menaçant 1 homme de toutes parts, le submergeant sans répit : quoi d étonnant ou il se débarrasse . des impedimenta et déblaie le. pont des ballots gênant à la manœuvre, quitte a en jeter par-dessus bord, dans le tas, quelques-uns de précieux ? La seule question est d'échapper au naufrage, et il n espère pius le secours d'en haut. Là soudaineté dé . cette tempête explique la flagrance de la disparité-, actuelle. entre 1 homme de cinquante ans et celui de vinetcinq. .&'■

Mais nullement il n'appert qu'il y ait à Wff%ér de tamétamorphose. Nos aînés se. montreraient ingénus, à nous en témoigner rancune, eux qui ont contribué, après les autres générations, à rendre ce qu'elle est une vie qui nons fait,, nous, ce que nous sommes. Retourner la proposition serait, avec une apparence plus équitable, également naïf ; convaincus, à. défaut. d'une foi plus consolante, que l'humanité obéit à d'inéluctables lois, nous nous formons une idée trop haute dé la justice — la justice^ humaine seulement, puisque 1 absence de foi exclut l idée d une justice supérieure — pour reprocher rien à personne ; et l'unique sentiment dont soit capable lé jeune homme moderne.devant lès faits advenus est celui dune immense. pitié pour l'universalité des êtres. ' .C'est. là. qu'il, importait d'aboutir*, et d'où, peut-être I <?«. *$"»«■ .P°"»t ne troublant, guère notre sommeil), il / sied de tirer la preuve que, obligés.par les temps à être

plus conscients, plus retranchés en nous-mêmes et moins sentimentaux que nos pères, nous n'avons cependant .pomt déchu et ne valons ni plus ni moins queux en somme. Car où sont lès deux qualités suprêmes dé l'esprit et du cçeuj-, sinon dans l'idée de justice et dans la chante ? Or, il est a observer que si notre égoïsmè nous amené a la pratique plus étroite du «ne fais, pas à autrui ce que ^redouterais qu'on te fît à toi-même », base de .. a justice humaine, il ne supprime point . notre sensibilité — quil convrent de ne pas confondre avec la sensiblerie --et laisse intacte notre pitié, dont la charité est inséparable. C est donc la conclusion même de l'ensèi- ■

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.gisement chrétien. L'homme a changé d'axe, et voilà

; Certes, les manifestations « croix de ma mère >, a quoi I on se prenait communément naguère encore, nousfont un peu sourire, et le saule d'Alfred de Musset ne nous émeut point : en vérité, nous n'avons pas le temps. Mais faut-d déplorer la mprt de cette sentimentenserie < romance » ? Faut-il se lamenter aussi dé ce que notre, positivisme, réduisant notre crédulité quant aux beaux sen3 timents, aux généreuses natures et aux grands caractères nous épargne de. quotidiennes déceptions et nous procure taeme quelques joies? Combien amère la vérification de 1 ingratitude, par exemple, à ceux. qui attendent de la reconnaissance pouf le bien, répandu ? — Nous préférons .nier la reconnaissance, , n'y comptant point, et quand, par le plus rare dès hasards, elle se rencontre, nous en sommés attendris jusqu'aux larmes. . .

.11 m?a diverti d'écrire sur ces choses, encore que plusieurs, fussent d'excellentes vérités de La Palice ; et ans doute est-ce œuvre pie que de tenter rendre la sérénité d ame à quiconque, soucieux de la destinée des Latans et un peu myope en la matière, appréhende leur déchéance., ..Mais si, indéniablement, l'homme se modine sans arrêt, et progresse en ce qu'il conquiert chaque jour du bien-être matériel, qui nous prouvera qu'en soi dans son essence, il soit avilissablè ou perfectible, et quele plus « XX* siècle » des .Gallo-Ro mains est bien ditf erent de la brute primordiale ? .

Alfred Vallette

. . Septembre i8$ç m .

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