‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 80 sur 168 · L'AUBERGE · texte numérisé non relu

L'AUBERGE

Ma gabare brisée aux récifs de la berge, , .. N'osant plus espérer Faube des blonds de mains, Et mes pieds lacérés aux ronces des chemins.

J'ai rencontré ton Cœur qui fut ma bonne auberge*

Au foyer de ton' Cœur, j'ai séché mes lambeaux, J'ai bu dans tes hanaps l*hydrômel du bien-être,.. Nous ayons persiflé longtemps, par la fenêtre,. La teinpête et le vol sépulcral des corbeaux..;

Dans le lit de ton Cœur, j'ai couché mes paresses., Tu fus l'hôtesse douce, au rire large et bon,. Qui donnas volontiers au blême vagabond ■ Le pain de tes baisers, le vin de tes caresses!...

Ce bleu festin d'amour, le vivrons- nous encor?,.. — Hélas ! J'ai su, depuis, marchande de délices ,, Que si ta main vidait la huche et les calices C'était pour lés remplir de mes joyeux sous d'brL.

su

Ma gabare brisée aux rochers de la berge, N'osant plus espérer le printemps de tes mains. Me faut-il maintenant, dans la nuit des chemins.

Fuir à jamais ton Cœur qui fut ma bonne auberge?^..

G. Albert àurier

a" MERCVRE DE FRANCE

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