‹ Mercure de France, tome 2Chapitre 111 sur 127 · I-e Pays dé la Fortune, par *L. Rio ton et G. Lbofa^ti · texte numérisé non relu

I-e Pays dé la Fortune, par *L. Rio ton et G. Lbofa^ti

(Ducrocq)* — Les éditeurs. \ préparent déjà les livres d'étrennes et de distribution scalaire. MM. Rîotor et Léo&nti n'ont ]pas jivoulti, je pense, écrire un livre d'art, mais une chose récréative et instructive. On y trouve ,des renseigne- ,,;inents sur ITagriculture, les industries possibles au Toulon, \ nombre de détails exacts sur l'ethnographie annamite, L'épigraphie et les traditions se recommandent dtt savant M, Dunioutier : — Cependant, appeler le Tonifia Le Pars de Ut Fortune semble une cruelle ironie. Une bonne compilation, sans \ doute, est recommàndable.; M. Jules Verne se fait, vieux et le :, Roiîns&n suisse nous assommait que nous n'avions que dix . ans; mais au moins peut-on dire aux auteurs qu'ils ont regardé avec les lunettes de l'optimisme. Conseiller aux gens ;de s'établir* de ; porter leur argent et leurs ambitions sur ces terres de famine, de piraterie, de fièvres et de variole, quand les feuilles locales ne cessent de déplorer: rincurie T l'imprévoyance, la honteuse incapacité de. notre administration, et clament à qui veut les lire qu'il faut recommencer la conquête et décréter l'état de siège, c'est pousser un peu loin l'affabulation., L'Annamite est fa ux» dissimulé } paresseux et voleur ; nous, l'armons de nos fusils et il nous tire dessus ; les mandarins nous haïssent et n'attendent qu'un mot de Jîué* pour commander le. soulèvement qui nous, mettra dehors. îlM T Riotor.et Léofanti passent au milieu de ces braves! gens, yaritèht.les bienfaits de la civilisation. Ils admirent; s'attendrissent, et, la larme à ; l'œil, nous crient d'jfr aller voir. — Grand merci î î^ous en sommes revenus. '; C* Mlci.

Hassan le Janissaire, i$ïo, par Léoïï CAnrw (Armand Colin et C**) , — (L Ces quelques explications, dit l'auteur à la fin de sa préface, suffiront, je l'espère, pour guider le lecteur dans le monde assez, nouveau où je me permets de l'introduire .> ,— C'est eu effet; dès les premières pages, un éton* nementj presque un malaise. Temps passé, pays lointains, mœurs étranges et mots durs aux lèvres, tout conspire à la

déroute de l'esprit. Nous n'àinions pas qu*on nous violente dans nos habitudes inteUectu elles, et pour que. la paix soit avec nous il faut qu'on nous serve, chaque jour, le léger petit roman d'actualité. Vainement on tenterait d'énuniérer en quelques lignes les multiples aventures d'Hassan; D'ailleurs, il importe plus de reconnaître que les personnages ressuscites secouent leurs vêtements de mort et se mettent à vivre, que les déesses se dressent.des ruines, que les foules se meuvent tumultueuses, grouillantes, et lès armées en ordre magnifique, ;

— « Regardez-les : voila des soldats desquels on dit qu'on peut en conduire quarante par un cheveu I ».

Onainie cette discipline, pour sa beauté, comme une statue. Est-il ample et d'une ligne pure ce geste d'officier : «cXe capitaine tira son sabre, à toute, longueur, .de bras : on eut dit quil lançait sa lame en l'air ! » La furie du soldat' vainqueur, elle est tout entière dans ce mot : « La bataille était gagnée : il n'y avait plus qu'à tuer ! » Quand. on a le goût des rapprochements, Hassan le Janissaire fait souvent songer a Salammbô, et de semblables impressions fréquemment s en dégagent. Et si. l'on aime le style de M. Léon .Cahun classique pour le définir d'un terme,, la comparaison est reprise, obsède, se justifie. Hassan le Janissaire semble écrit pour ceux qui éprouvent le besoin de s'éloigner du moderne tyrannique. N'était-ce pas la grande préoccupation de £lau~ bert et la manière de vivre qu'il préférait ? — j. R.

n La / ^ etite x B * t ^ coméd i e e P "« '*&, en prose- par Paul Fort ( Vamer). — Deux. amoureux fraîchement mariés jouent dans un salon, àquraura-le plus de sentiments délicats. Horace trouve que sa femme ne l'aime pas encore assez. Jeanne est jalouse de 1 affection que sa mère pourrait avoir pour tout autre objet que sa fille. Survient la belle-mere, une jeune mondaine qui affecte un air évaporé, mais, au fond est ^désespérée d'être séparée de sa fille. L'ami indispensable et toujours gênant est 11,. représenté par un baron de Tresmes qui a voyagé dans les pays chauds et en rapporté lui aussi, une denu-douzaine de sentiments délicats^ Ce qui fe~ : rait le bonheur de tout le nijnde, ce serait un nouveau mariage : de Tresmes contre la /Belle-nière. Jeanne pleure à. cette idée... la belle-mère pleure un peu de son côté, maïs sans doute en regrettant de Tresmes. .. Enfin, le modèle des époux * et des gendres dénoue la situation tendue sur quatre pointes d aiguilles, en décidant que belle-maman ne quittera plus sa femme, car il a tout deviné en feignant de dormir à côté .des sentimentales plaintes que Jeanne adresse à la trop mon^ dame | Aime dé Barnye. De Tresme est peut-être.. i la grosse., bebete de la farce, mais il s'en, tire par quelques mots . d'esprit. Rideau. ■■..■',

Il n'y a pas d'observation àfairé à M . Paul Fort, d'abord parce qu il a eu Tidée géniale de fonder un théâtre d'Art en France, et ensuite parce qu'avec deux ou trois touches littéraires de plus il obtenait dans sa Petite Bête une œuvre

ms d« ^Slî-ff ^«qne^ette piécette est habilement menée,

Son rt NonrritT ™ 'Y™" bibliothèque El&iriennc. - PWdnnn.? £ K" A P res 1« poésies de Bertiut, l'éditeur Snne 1« î ^"^velle série de la Bibliothèque Elzéd ; étre rinnti-i"^ 1 , 65 - de Môntcbrestien. L'œuv?e valait Motl - P léC: il s y mêle d'oranges survivances du aux^ri^n^ souvenirs J de J * Renaissau.ee encore tenaces * ££?«?« nci P« «^««s du futur, rt classique, comme cher tous les auteurs des trente premières années Wdft^DtièmT ffSï. P ° qUC J,n *?8 B «. *»nîultueuse et d'aventure? Wroïaué.

™bles° W S m a e e s S ku Q k and £°? C «3»^-*— 23 kJïïE S* ■ po t mes du sieur Tristan r* Son nom me vient à 1V«

.^-S^JS^^W"» ««His dans iïLïiïlâÀ'L

If row ;rf« fhisir délaisse à qui V arrache . Son epmc poignante au plus profond du ectur. P. Q,

-m^n^'n 9 f *'/" J DB BwtanoUUtD'' (Vie et Amat)

—■Un volume illustré pouvant servir de iruide aux touriste*

c q riSX^ r tSUr £ V*S d'Qberamme^gan. Longue d«! Sué <-W 4 I* ms de l a Pas ? ion faite dans le goûteatha- On aîr a ff;^ V^ PaS * C ^ ma£s énormément de parti pris. mô,n t ? «F >. Oberammergau la vie se passe dans la Bible <

zmnrl^K^rT'* du **• * eux te »PS- I>e ci de là de» «0^ - ScJ^i 1 ^ 1 * eS ' - ce P enda »* « touchantes comme ^ten- Suti'le ° ' Cn ° r,ne tra r ail . de patience parfaitement

pa?S BlÏ/S *£***<>**«• Sur un air ilainand,

£ a „i ■ f LIE * (Caen. H. Delesques). — Poète oui tel an*

Ly^ ^ P ^ CC et > ~2 ^ enCe'que 1 ":

*Stv ! recherche jamais nn© notoriété qu'il aurait pu

'SSf ? V *™ est , lun des PÎus intéressants parmi les &r- Seut to?Ç^' C î lo * ta j^ V <* ci > ^ Z* 7*«£ des vers qui peut-être le signalent juste et le caractérisent un peu : H

. , * J'étais encore un écolier

Sttandf osai gravir l escalier •■'"-.

jf 7* Tour d'ivoire du rêve, . .

-, . M t voila vieux; mon fentes s'achève; M*™ je suis fier — vieux et vaincu ^~ Hr cire monté % d'avoir vécu Pans la Tour d'ivoire du rêve.

5 74 MERCVRE DE FRÀKÇE :'/ ^v.

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Les Deux Rendes 9 transpositions de deux petits poèmes pOr pulaires, sont très charmantes et d'un joli sentiment

Horas, par Ecge^to de Castro (Coïmbra, Alméida Cabr^);. " — C'est le dernier recueil de vers d'un jeune poète portugais, sur lequel son Oaristos avait déjà attiré J'attentiou et les foudres de la critique officielle de son pays, et qu'on ne saurait . trop encourager à continuer de. chanter, selon sa foi d'artiste et de chrétien, longe dos Barbares , en rythmes rares et d'une harmonieuse sonorité suggestive; On saura, bientôt» hors du' Portugal, le nom d'Eu'genio de Castro. É. IX

Comment vivre à. deux? par B,-Ch. Gàusserotst (Librairie illustrée), — Sous le spécieux prétexte de dépopulation, nous sommes inondés, depuis un an» de livres puant ïa. morale à treize sous des docteurs sans clientèle sérieuse. C'est à la fois risible et navrant. Echantillon du style employé: « Les parages où lés jeunes mariés ont à diriger le navire conjugal leur sont inconnus : mais ils sont, en outre, sillonnés de, courants perfides et semés Recueils, & Ces choses-là né s'inventent pas! Et tout autour à e cette , littérature substantielle, les coups de ciseaux pieu vent M. Gausseron prend des citations, vers et prose v sans trop de discernement; "II' démarqué Jules Simon et risque des sentences de l'Anglaise WÇrs- Cha T pone,. Il y â de quoi Vous couper le fil de la ■ Reproduction pour toujours. ■,:-..". '■■. ..'-.. /. ,'•***

CHOSES D'ART

"Expositions :\ \. ' ,*'"'.',!.**''■ ■:

Chez Gbohges Petit : Exposition d r œuvres de , - Claude Monet. ' " .

A FEcolé des Beaux â*ts : Exposition de PArt Lithographique, (des Goya, Ctiarlet, Gavarui, Daumierj Manet, Ghé-

ret, etc ). ,' . './.- ' , c .,'.'.,

Exposition des arts au début du Siècle (Palais des Beaux Arts — ouverte depuis ié 9 Mai).*

Dans le 'prochain numéro du Mercure de Frààce : une étur de sur les deux Salons, par G.-Albert.Âuxïer. . ...

La maison Tanguy, dépositaire des tableaux des principaux peintres impressionnistes, est transférée o, rue Cîauzel, Elle possède, en ce moment, une merveilleuse, collection de toiles de Vincent Van Gogh, un admirable portrait du peintre Empereire par Césanne/ des natures mortes et paysages, du même, des Guillaumin, . Gauguin, Emile Bernard, Gausson,

etc „ ... ' ' ■ ■ : • ' . ' ' i

En vente, douze photographies d'après Pœuyre dé Vincent Van Gogh (ia fr,) . S'adresser cher Tanguy, 9, rue Clauzèl, ou aux bureaux du Mercure de France^ Gy-A.. À.

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Ec&os divers et communications

â la suite de son article Lq Joujou Patriotisme* notre colla* foorateur Reniy de Gournxont, attache à la Bibliothèque Nationale, a été révoqué de ses f on ctio as* V administration de nos archives a fait preuve en la circonstance d'une remarquable sottise,, l'article étant dirigé contre lé. faux patriotisme : rien de plus. Cette pertinace mesure a d T aiIleurs été appréciée comme, il convenait : M- Remy de Gourmbnta reçu, par lettres, de nombreux témoignages de sympathie, et cet extrait de La Bataille résume assez oien l'opinion de la presse :

« Nous envoyons toutes nos félicitations, à notre confrère, < avec l'espoir qu*il donnera plus utilement à la défense de «ses idées, dans quelque libre journal ou Ton ne peut man* « quer d'accueillir son beau talent, le temps qu'il dépensait « en vaines. besognes dans le service d*une administration « imbécile.», ' . ' ' jf . * * '

Trop tard pour qu'il nous soit passible d'en reproduire un passage, nous lisons dans le Figaro du iS mai un article de

■ M. Octave Mirbeau : Les Beautés du Pair tôt isme y qui juge comme il sied la révocation de M. de Gourai on t. , — Nous adressons à. M/ Octave tyUrbeau nos plus chaleureux remerciements, et lepripns d'agréer Fassurance de notre gatitude*

Plusieurs de nos. abonnés désirant âes tirés à part du For- , trait de Gustave Flaubert diaprés son buste par Cîésinger^

publié dans notre fascicule de mai, nous avons sollicité et „ obtenu l'autorisation d'un tirage spécial à petit nombre* Il a

été effectué sur peau d*âne in-quarto Jésus (0,36 sur 0.38), à

85 exemplaires numérotés- Prix: 3 francs. '(Envoi franco

contre bons de poste, mandat ou timbres)»

, Le mardi 12 mai, M. Jules Bois a fait à la salle des Capucines une conférence sur ce thème ; L'occui/tisiih : Satanisme et Magie, Je ne sais trop quelle impression emportèrent les personnes absolument ignorantes de la question, mats

. cette causerie était par trop superficielle pour quiconque s'est, même vaguement, occupé des sciences ésotériqnes. Les jeunes hommes de lettres présents ont applaudi un passage de La Sorcière, de Michelet> et des vers de Baudelaire, mais on- a murmuré quand M. Jules Bois a proclamé M. de Strada un grand poète, <

Le 16 Mai, mariage de M. Paul Fort, Directeur du Théâtre d'Art, avec Mlle Marie Theibert, Les témoins de la mariée étaient MM- Theibert père et .fils; ceux de M- Paul Port, MM. Catulle M en dès et Alfred Vallette. — Parmi les invités réunis à Asnières, Villa Chérubin : Charles Moriçe, Pierre . Quillard, Rachïlde, Jules Méry, Mlle Camm, Paul Franck, Henri Quittard, Henri Huot, Paul Roïnard. Larochelle, Rivière, Janvier^ René de la Villohio, Paul Gabillard, etc.

Pour paraître prochainement: La Voie Sacrée, poésies, par M. Jules Méry, ; '\

Dans les Entretiens Politiques et Littéraires, un amusant paradoxe de M. Bernard Lazare, Le Justicier^ sur la haute moralité du vol; Commentaire sur l'argent % de M.Henri de Régnier; de M, F. Viclé-Griffin, Ehtcidatiùns> parallèle ' entre certaines affirmations des symbolistes et quelques observations de M, Brunetière (Revue des Deux Mondes^ i cr avril 1S91V d'où il appert — qui l'eût cru !— que la nouvelle école et le critique ne sont pas déjà si éloignés de -s'entendre, l

Pages, de Mo Stéphane Mallarmé, avec un Frontispice à Peau forte par Renoir» vient de paraître chez l'éditeur, Demam, a Bruxelles. Notre prochaine livraison contiendra un article de M. Pierre Quillard sur ce beau livre.. .

Xos souhaits de bienvenue a un nouveau confrère au titre singulier: L'Endehors, lied do m ad aire (12, rue Bôchard de '. Saron). Directeur: Zo d\\xa.

Chez Savïnc : Mœurs Littéraires, par Camille de Sàïnte- Croïx. M. Paul Margueritte écrira de ce. livre dans notre nu- ■ méro de juillet.

La Conque, Anthologie des plus jeunes poètes, a déjà publié trois des douze livraisons auxquelles elle s'est limitée. Chaque livraison, dit une note, est précédée d'un Frontispice, en vers, inédit, signé d'un des poètes les plus justement admirés de ce temps. Les trois « Frontispices » parus sont de MM. Leconte de Lisle, Léon Dierx et José Maria de Hérédia : le$ neuf autres seront de M"" Judith Gautier, MM. Maurice Maeterlinck, Stéphane Mallarmé* Jean Moréas, . Charles Morice, Henri de Régnier, Algeenon Ch. Swinburne, Paul Verlaine et Francis Vielé-Griffin, Quant aux « plus jeûnes poètes tï, nécessairement point ou peu connus, plusieurs de leurs poèmes sont remarquables : nous y reviendrons bientôt.

Le dernier numéro de l'Ermitage, qui débute par un article de M. Henry Bérenger sur l'Evolution de M. Barrés, est particulièrement intéressant. Au sommaire, les noms de MM. Charles Morice, Henri de Régnier* Bernard Lazare, Pierre Quillard, Stuart MerrilL Henri Mazel, Pierre Dufay, Georges Fourest, Alphonse Germain, Dauphin Meunier, Adolphe Retté, etc. .

Un nouveau périodique belge, la Revue Libre (Bruxelles, 15, chaussée deWavrej, où nous relevons les noms de MM, Henri de Régnier {quatre fois nommé), José Hennebicq, Raymond Nyst, Henry Classant, Jean Delvitte, Camille Roussel. — Belle mine, typographie soignée.

Mercvre.

JUIN iSqr T77

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