LA MARGUERITE
«... Une vapeur lourde et froide enveloDoe le«rh« a — ™* u ^ ' 1 U1 Se dressen * informes, grand*, pla-
sr hiîta • «Si* rout ■' ain n qu ' une haie » bi ^ ^S
ae nauts gardiens noirs. Rarement ar>T>anias* n t aÏI ombres mouvantes, qui passent dans taBEST" "
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ïTSïïÏÏL 8 . 11 " 1 ^»' qui monte > moot ^ ^35 S
S enfuient les longues fumées bîancnes. De fantôme pâles ce sont le, insaisissables robes. Elles volent frS brfj£ 8 CimeS , des . arbres ' se déchirant parfois fleurs huXnt. ""V an "t ter ' eMes volent > Poupées par une b?sî
déchiré! ^l^^^l^^ ~j£
fifficSET"» et qùe d 4 a ^ isssi^rïs
a un cbee la natu re sommeillant ? H
1,,™- nt ' UQ soleil rou S e te >nte de sanjr les nuées
lumineuses, aux reflets diaphanes 'd'opale; et par îa
tuFJ"*/** n ^ eS loin ^ ns ' aperçoit' un'co^ de q^oiJe ' ^ "• bICU paSSé d'Weim^ne « de tu r !
Ah 1 clairs réveils, réveils joyeux, réveils re<m1 M ^;« sants des étés chauds, où êtesirous * ! ' «splendis-
Jolies fillettes aux cheveux blonds, aux cheveux bruns toujours beaux; gaies fillettes en robes claires quiTou-
SeuriSenïïe e nin be, L U,eS "&"> ^ S de8 **2* * neunssent les nénuphars, où êtes-vous ?
Et vous aussi, ïêves d'or, flamboiements d'idéal»
entrevus, volutes bleues de cigarettes blondes, rosesdécloses au bord des chemins, baisers d'amantes, ivresses partagées... . '
Sont-ce pas eux qui s'envolèrent tantôt, devant
'•tri-ÏÏ^M^f*" 6 » - U ^ ailt Sa ° S trêve dans le Pré «nt triste, frêles illusions si vite évanouies?... '
Cette pâquerette! — ô l'ironie poignante, contenue en cette Heur de printemps, née là, un jour d'hiver — cette pâquerette mignonne qui s'entrouvre I
i'i^LJ?"'' - Ce fut ï?, e mar « ue "*e t°ute semblable, que J interrogeais avec Elle. '
Etait-ce hier?
Non ; il y a plus longtemps que cela ; et je me souviens. .
Maintenant, elle est mortel
Ah, cette petite fleurette des champs, comme elle paraît innocente, virginale 1 Elle aussi, me semblait plus pure même qu'un lys. P
Maintenant, elle est morte ! Ses yeux, ses yeux de pervenche... ils ne se rouvriront plus, et plus jamais, non, plus jama ls , elle ne boira mon âme, de ses lèvres aux mystérieuses caresses, de ses lèvres rouges, de ses lèvres chaudes. • . ■ .
Comme elles doivent être froides, à présent!... Mais pourquoi revient-elle ainsi, en mon âme, moi qui croyais avoir pu oublier. Oui, je la revois, la frêle et charmante créature, qui n'est plus... Un soir, pu les étoiles riaient dans les cieux assombris, un soir tiède de prinf « pS '-,, 3e ravais re °c<mtrée ce tte marguerite qui «effeuille en mes doigts, étrangement! — Des parfums pa les montaient des fleura endormies. Qu'elle était belle!... Un peu,..
Un peu... beaucoup*. ..
En effeuillant la marguerite, elle riait, d'un rire franc qui la secouait toute, et découvrait ses dents, ses adorâbles petites dents, blanches ainsi que de blancs pétales de camélia. Sa silhouette cambrée, se profilant dans les demi-temtes d'un dessous de bois, où l'épaisse torsade des cheveux blonds brillait seule, nimbe d'or, est demeurée assez précise en ma misérable cervelle pour la troubler encore. Quoique très enfant, elle avait, en même temps que ces gentillesses mièvres de gamine, un fonds de délicatesse, plus sérieuse, de femme.
Passionnément... passionnément!... "~ .
Certes, ce fut passionnément quejePadorai. Avoirpartois, en son visage à l'ovale délicat de vierge, luire un
JANVIER i«9! yj
instant ses yeux de violette, d'un celât humide, tdùt mon être pantelait sous le poids d'un ineffable bonheur, et mes moelles tressaillaient d'une obscure, vibrante et indéfinissable volupté. Elle avait fait de ma vie la sienne; et j'ai cru, insensé, que cette félicité pouvait ne pas finir! J'ai cru cela — alors, les églantiers rosissaient, les bois se drapaient jd'émeraude, nous allions tous deux sous le soleil chaud. ~ Maintenant, les buissons sont défleuris, les branches pleurent leurs feuilles ; U fait froid, et je suis là, sans elle... Hélènel... Hélène!,;, 1
...Oh, l'inoubliable, l'horrible sensation I,.. je ne rêve pas.. # mes mains sont mouillées d'une tiède rosée.»* comme en cette nuit affreuse, — Non, ce sont des larmes 1
Pourquoi, pourquoi ce souvenir toujours revient-il m'angoisser, comme un terrible cauchemar? C'est vrai, telles ne sont pas rouges, mes mains... mains de brute... mains qui l'ont tuée.., ï
J'avais veillé ce soir-là. Penché sur ma table, travaillant, par la porte entrouverte me parvenait le bruit rythmé de sa respiration. Elle dormait.
Me suis-je assoupi? Sans doute; car, à un moment, reprenant possession de moi-même, comme au sortir d'un rêVe — ah! il commençait, le rêve, rêve lugubre et trop réel — j'entendis un bruit anormal dans la cham- f ; bre. Est-ce à ce moment que j'eus l'atroce idée de me i saisir d'une arme ? Et pourquoi ? — Mais qui dira jamais les causes obscures, secrètes, confuses des obéissances irraisonnées, des aveugles, des complaisantes soumissions aux ordres de l'Inconscient ! — Brusquement j'entrai, et je vis un homme, un autre, couché là, près d'elle... Encore, à cette heure, la vision m'obsède, de sa précision troublante et funeste. Là, elle est là... C'est l'ombre fauve de ses cheveux qui lance ainsi des rayons d*or sur la liliale floraison des chairs nacrées, que teinte imperceptiblement d'azur le délicat réseau des veines, transparais* santés- Ce sont eux,,, devant moi,., ce sont eux... et ils rient, je crois... Atil...
Ai-je fouillé lé lit de mon couteau? Il ne me souvient plus. Je suis, U me semble, tombé sur un fauteuil, très las, hébété; et tout était rouge... rouge... le lit, mes mains 1.»» Et tandis que le corps chéri tiédissait à côté de moi, un sommeil noir m'envanit. Je dormis très bien, cette nuit-là.
Le lendemain, les yeux dessillés à peine, le cadavre de l'aimée m'apparut, seul; et je. compris que j'avais été la
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hallSa d t!on. ér " ditëS m * lh '™™*> ***** mensongère
ent? 01 ?? T C - l f cou P abIe - loutre... ne se soit enfui. Doute cruel, pesante incertitude... Ma raison chancelle; et... je ne sais pas.
Oh! si cela était!... Non, je suis un misérable.
...nelene, Hélène... ne viens pas ainsi me torturer de ton regard accusateur... Quels yeux de reproches tu fixes '. sur.moi !.. Dis-moi — quel cercle de feu étreint mes tempes — dis-moi que tu pardonnes.
Passionnément.. . Pas du tout !
Chère âme, tu es vraiment belle ainsi. Maïs., cette marguerite est rouge... et qu'asrtu donc sur tes vêt*, ments.. Du sang! du sang... le ciel aussi en est rouge, et j'en vois danser des taches devant moi
Oh! je souffre, je souffre ! Mon Dieu... Hélène" >
Gaston Danville.