PROSES DE DÉCOR
LA MER SPOLIATRICE (i)
Tel qu un enchantement vague et bleu, de rêve* la mer étend a l'infini son immobilité de lac sous la blatarde lueur d'un insolite crépuscule. Au long des rivages croules de vétusté, l'orle écumant du flot vitnt mounr et s étale, tandis que des vols épars de blanches mouettes planent en des cris plaintifs, tournoient vers les récifs au large. Le ciel, sans un nuage, garde encore la flottante tendresse de teintes apalies de mauves et de Mas, qui se foncent aux violets du zénith. Mais là-bas, sur 1 Horizon, la gloire agonise du soleil, dont la sanglante rougeur tache les brumes envahissantes et va disparaître* en ce soir définitif, de la terre condamnée. L'énorme boulet achevé son incendie séculaire; déjà son ruissellementorgueilleuxa péri sous les funèbres voiles montés de 1 Océan. Et dans l'air chaud et lourd, où pèse Pangoisse d'une attente et la terreur de rirrevocable, des sanglots se lèvent du rivage avec la brise odorante des collines de roses. La voix, la grande voix gémissante de p. me f'. s ' est assoupie et berce ie désespoir des hommes*' lit voici que d'autres voix répondent, dominant la coniuse mélopée du ressac et les clameurs de misère ; des : voix de révolte, qui accusent et blasphèment,.,