‹ Mercure de France, tome 2Chapitre 19 sur 127 · CHŒUR DES POÈTES · texte numérisé non relu

CHŒUR DES POÈTES

— Nous l'avons aimée, la mer! nous l'avons aimée 1. N a-t-elle pas le charme étrange des divinités perdues . n est-elle pas incertaine et changeante comme la fiction de nos âmes ? — Douce et calme, parfois, telle que la pure fiancée des songes, — fantasque et câline et perverse comme une maîtresse, — c'est elle, toujours, que nous acclamions, majestueuse comme une souveraine, jusqu en ses hurlements de folie, jusqu'en ses sursauts de rage, et poussant l'escalade de ses lames blêmes de colère contre les flancs des navires et le cranît des môles. °

(i) La musique, pour soutenir ces déclaniatious, et les cnœurs, sont de M. £ngène Lacroix,

WÏÏf"" V r° BS Himée ' la mer » Ia bonn e dévastatrice et l'épouse de nos représailles. Lorsqu'elle bataillait fas-

2S~ aux dents aigufes des rocs, elle venait encore défoncer les bastions et les remparts des villes, c'était joie des calamités vengeresses La n,„» ni.,,. T 1» > ?' râler le Mnfîr,,,» j„ * T » ' nous ' écoutions

rater le^ntique des morts. Avec des glapissements et

des imprécations et des menaces, elle no^crTalt l'ai saut, et les murs s'écroulant sous ses coups | de bélier Elle crachait; sur le défi des peuples les ép P ave7de lew proçente dérisoire. Et seule proférant le ^mépris e Z

xebè fe rtSSdSS 1 ^'^ demeUrait «elt £

ses priai?! Z, JL ' m «f»*t '^ U s disions ses légendes, ses palais de nuages grandis au soufae de» tempêtes ■ sei

retSnïïe e s n c te omb°i, h l tiqUe f *" 4 «^T?^ renetant les combats des satans et des archanires • et **«

caresses consolatrices aux pauvres cœurs Sris W

dédSe'. 1 e a !. raer ' Ct mai " te , na * •»!• nous trajet noua velît 5T e ' • n ° US P r nd lext » s *du soleil qu'elle ense-

terà oue de trU^ 6 ^ d ? tt M r ° be livide - J1 ™ «>«^ phalS e ?î« 2! S . flambei «« Pour les marches triomreffiS; Il A ™»mu«ble profanera les bois sacrés et I etngie des dieux. Les lampes des catafalques devront

l« a sernsetu\ nSdeSterraS ? eS ' et Ia ^£ ï ° les se ns et le cher visage frivole des amies Et la pourn™

épuisée du couchant, auprès qu'aura sombré vlnSau7"t

S . S° r '- n J ? US nWons P-« même à conterïï tragique et 1 effroi d'un désastre, l'horreur k la maLifi cence des suprêmes catastrophes!... magmfi-

CHŒUR DES MATELOTS ii

nôteefn^nï* ** mer ? Ia '?«'' spoliatrice ! Combien des 32 « n * ïe P aa engloutis, et combien de vaisseaux"

^-^.'te roStc- p<>ur -ï **

cloches et la rumeur des oraisons, regarde s'approcher dans les palmes et les dalmatiques le lugubre troupeau des suppliants ; regarde-les qui tendent les bras et s'écrient et implorent; regarde se prosterner les diacres et les légats, et les eveques de ton culte. Par leurs mains, leurs mains sacerdotales, les mains dont la bénédiction te dévouait la mer du passé favorable, suspend*, Seigneur, suspends les funérailles du Soleil. Permets le miracle et la pérennité de ce soir moribond; prolonge ces lueurs de désuétude ; et conduis les navires et les flottes, Dieu secourable, car sans toi nos frères ne reviendront plus sans toi nos frères ne reviendront jamais.-., *

Mais la froide et fantomatique lumière de l'Occidenttaibht encore. Sur les nations agenouillées et les collines de roses, et la mer étendant à l'infini son immobilité de lac, 1 ombre descendait, déroulait ses plis de linceul, teignant la flottante tendresse des teintes apâlies de mau^ ves et de hlas. Graduellement, les ténèbres se refermèrent, laissant a peine le blanc portique d une clarté indéc 1S e, qui plana sur la tombé du Royal interdit. De compassion, sa défaillante fierté se réverbéra sur les crosses et les mitres, arracha de suprêmes étincelles aux bagues episcopales. Et dans la paix mystique de cette vespérale défaite, on vit des barques pavoisées s'éloijrnant sous la cadence des rames, déployant des voiles et des banderoiles. Au pied des mats et sur les poupes, on distinguait les formes liliales de femmes essaimant des fleurs dans le sillage Le vent apporta des chants de citharedes, des soupirs et des langueurs de harpes eohennes; et ces voix s'attéuuant, et la méprise de ces virginités, évoquaient les vieilles parthénies et les convois des vestales... - :

Cependant, les voix, sur l'eau, très loin, disaient :

— remme blonde, sœur de péché! Femme de mon cœur! Sœur de ma chair! Ton cœur étrange et doux, le cher cœur de nos rêves; ton cœur aventuré, la belle aux cheveux roux; ton cœur s'endort— ton pauvre cœur — ton cœur est mort!

Fille de roi, fille d'amour! Est-ce la mort du rêve, ou rêvons-nous la mort et l'exil éternel de l'erreur charitable ? — O sœur de mon péché, comme ton cœur est triste — ton triste cœur — comme ton cœur est las! .

On entendit encore :

— C'est le soir bienvenu de notre délivrance; voici

JANVIER i«u

Les barques et les voiles peu à pên s'évaiun»-.,* parurent dans le» raaIéfique» F vape«^ du E R^ demeura que le sanglot 3esho£m,£ e< à SimeS.** mstre du flot — auidtf#H»» j«t i - Jf. «canementai-

l'immensitë des ^èvet? fla,t "**">*»•, P»r

Charles Merki.

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