‹ Mercure de France, tome 2Chapitre 2 sur 127 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

Ont collaboré à ce iomie .:

Jr BAÏtBET. D*AuRBVIIiY, Gr;~AxBfc*T ^LtTBXEH; JEAN. ÇpTîléry -

ôastosï' Daothxe, ÇiAUPHik Mtosrâit/.locrs 3>enise i? Edouâk» Dc^ns, Louis Domije.,. Rem^c. iyi; Gotàk^OT ;. ■ ' ■ lJ^stjiàJû&mx- (Comte x>b) , '; jftiuar ■ LBc£râç<tv" - " ■': ' ■ :

Raotjx; M^ba^Chabcts Moitc&; jpnûÈ*iC'.OixK;^'!, '■. Albert SAHAaiff, :V 'LÀuïtEWT Taïthâdb; : Ernest . TisisoT r .: * '

Toti J)6RïAN, AtFBB» VAitKTTE, 'VtxÙËBS'.'DB X'3siJE-AfcAM f

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1B, Rué de* ï'Echaudé-r Saint - Germain;, 1S

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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*l II

iiSa^ïNÉàiTs.

S ^ ^«^^s >ouvéDi f nt v 4e l'ensemble, ^a^n ^ moàstre •Alicïa^i-Lord^Jald

^%* a ^P^ 1 éb^ai^,aÊiia mes sens jusqu à + de plus subtile? àiteatfons, jusqu'à des diri-

S^SPtf ^S^Î*A Jfl ouvris,

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n n VL nne , llgne - SI "«^ible, si ténue, que celle qui sépare la sottise du génie est un madrier en comparaison - bien que si fine qu'elle soit, elle soit, en réalité, un abîme. — Eh Sien, je l'ai vue

f f'esner?n r ^ Ct M 0n - de -, mir + a « e A ni ^ait indu* t\L £r a 11 "- Maw, j'ai touché, à force d'attention, la ligne où le mirage commençait et m'avait dupé par sa perfection surprenante. Maintenant je comprends, cela ne m'étonne plus, je sais. » '

Si délicate et lumineuse que soit une pensée

a nlï S / eUX - ° Ù ' Si J e , r ^oie, je sens P qu£ïe a pénétré, mais pour s'y éteindre. Or, rien dans la vibration des pensées ou des êtres ne s'arrête et ne cesse : tout a droit à son prolongement infini : l'opacité néfaste et mortelle de cftte femme est la damnation pour [jamaisj de mes pensées.

« — Vous demandez beaucoup [dit Edisonl ' — ^ est une chimérique espérance de fonder l'a-

ï^i™ 1 " ( £ rve ? u d ' une femme > q" est toute mystérieuse d'un instinct divin. La femme a d'autres énergies de compréhension (?) q ue nous •

2r^? 01 l C £ dire > de la désirer a?tre qu'elle ne doit eb-e? Ç e serait dénué [de sens] que de

â P o^les r .° P ^ ^ 6Ïle ' dCS A"».

« — i Aussi, ne fut-ce point cela, vous dis-ie que ma pensée se trouvait en droit de réclamer de celle-ci : mais une réfraction, une transparence un prolongement!... non un obstacle mortel... Quoi! ma j umière heurte un mur où elle se brise, et elle est obligée de revenir sur elle-même dans mes yeux, et d> reconcentrer perpétuellement sa force radiante ï Mon regard, de plus en Plus lourd de rayons ainsi renvoyés capttfs, sera le rocher de Sisyphe de mes yeux, - et je ne crierai pas contre l'être de mort qui ne peut que me les tuer par son horrible chambre noire * —

liNestal pas des femmes obscures, sans eancatîhn artistique, sans être muses (cWà-dire déflora d avance de tonte sensation délicate et twti&S?

ESSÈ?" ° > P î UVent c °»«*vôir, Vïï?îfe

fémméité, que le côté putassier), mais qui «itS! dent, par un rieii, un regard, ui mouveWeïl*

Celles-là, seules ont la vie ! Celles-là seuftTsont femmes! -- Oh! celle-ci m'a donné tôuî^monr

S au'à^î? 3 ^ l' amère «*■*& ÏÏTÏ- SwJ ? ette hmite où cette sorte d'amour n'est plus que commerce ce que j'entends p?IwS

ri'alïrVouvïr^r 11 ,* s ^ ei,e *wKS£

de smïïï J k * * existerf ° Tant alel je meurs de soif de son baiser, et nos lèvres se touchaient)"

,i ^ oit f„ à Joujoux de la science lui a fait Uffet de l'ivresse. Elle est ivre-morte du pro-

Les sots ont toujours du génie l quand il s'a-

Sin"?";' i Ct llS ° nt cela de ^ud?ssable qu'As rendent indulgents pour les méchants. q

p^«SiîAa^r? d ' esprit " uei i" e

A'SfnS" Jr 1 ? CS P rit fin et éclairé > q«i ^vent

JfiuSït^S"^ d ' âmes élé A et q!

s imaginent qu il y a des temps modernes. H

'^^SLm^J rien de cet or P> ea «« .«•* U wl\ P 1 W ^ de ces S^ûds crimes, qui, dans

modlrtrde^m^i; 8 C f mpaS9ée ^S*K auTvKtWflf. mps à atttres agitent leur thyrsé aux vieilles fleurs incarnates ! oh ffî I... Lé meurtre

ne lui semble que cruel : elle n'en comprend ni les tempêtes ni l'intrépidité.

Lord Lyonnel :

« — Ah! si, vêtu en histrion, je me fusse présenté à elle en débitant quelque grossière grave* lure d'une voix impudente, en prenant une voix énergique (ou du moins qui lui eût semblé telle, selon la notion qu'elle se forme du « caractère ») — nul doute qu'elle n'eût raffolé moralement de votre serviteur. — « A la bonne heure, au moins, eut-elle pensé, voilà un homme! »

« En Allemagne, en écoutant Beethoven^ elle disait : « Parlez-moi d'une jolie romance pu d'une valse chantée!... Mais on ne peut même jias danser sur cette. musique-là! :» etc. — Ces païoles ou leur équivalent, agrémentés du sourire convenu, tintinnabulaient toujours sur ses lèvres exquises, comme des grelots où l'âme d'un perroquet sonnerait perpétuellement- Je sens en elle la vague présence, en effet, de toutes sortes d'animaux, figurez-vous! Elle me donne, de temps à autre, tantôt l'impression de la paonne étalant son fastueux éventail sur l'herbe d'un parc, tantôt d'une dorade ensommeillée à midi, à fleur d'eau, — que sais-je? 3»

Chapitre. — Subtilités. — « Tenez, reprit Lord Lyonnel, le propre du vulgaire est, n'est-ce pas, de n'accorder aux nuances des paroles qu'une importance médiocre (son regard suffisant semble toujours signifier un perpétuel : « je sais ce que vous voulez dire!.,., je ne suis pas un imbécile!,., je comprends tout sans phraséologie, etc. »), — et de se prononcer sur tout, de parti pris naturel, sans avoir rien écouté attentivement. — Or, les mots, étant des êtres animés, précis comme les nombres, éveillant tous une pensée différente, il s'en suit que le vulgaire épuise des siècles à ex-

S! à l!™ e ï ran i c 1 * uil est, sa rondeur m**** cieuse à leur égard. Je suppose qu'un aœSl deur quelconque du vulgaire ait entendu ^c^Sî je viens de vous dire. Voici ce que vôZnhJéJèr

rapnef e ?d e d nF. âCée e î m *}**™* <l™ ne sert q "ï

séSare n„ h?ïf C V IUS la distan ' e SOcia le qui sépare un homme d'un autre, alors qu'on l'on

C SL Un un S S VOl,S êtCS JeWvolTête °un~ trèT?«î,v f ** nd sei » neur » vous découvrez une voix J une fi?£ me ' Une artiste douée d'une beSe

eUe Vous f a£ de faC VP fès tout > vous ^ez dit, liïn Tu aime, ~ et vous vous plaignez > Au

quelle ; e Ç t r e d b e êe e *??* a c *™** ™ ** sa* lWnf 1 t ♦ e ' , aM J e ne referais pas tirer reuî fe V ° tre , plac *> Pourmelaisser être henri£* y° US v V - Z F. I i Usde c ^ ce ! ue vous ne mé- 2ÏÏ'« Vi — ! Hu «»anité égalise et ces tristesses-là d.sparaîtront. Ce n'est pas juste, Jr»

rait avoir

avoir di r a rfS/2??* Je Cf e yais ' d ' ailIe ™V vous récemment tWt . d , Une bonne fami «« «AobUe

ta£? Tmî; T C ?-,ï u n est pas un **"&, au con-

v^aTbomïïeoifî 1 *° aa ïï P ^ éfèfe ^^ment un »iai.Dourgeois à un noble- récent Le nantr i, rt „,

Iemoû C t°? aCré de Ia veiUe ' e^e d^ S un g e s^rte

turf ï deL S r? agent J eS ■ eBb défauts ^ sa nï lure, et dégage une odeur d'aigre, oui fait au* 1».

fervÏÏr H,i ™ ^ U re ? OSé * C est une cris e» c'est la fouîaî ZSZ™* '' CeS \ Un mo ^^,t de folie qu'il surtouuSwii , ? a °? 4^ siè ^ Pour calmer,

d&^^Ï^JSÏ^.^t nne chose

astreiie* •*. :~—~ *""*""wc ciam une cnose S' » ^~ A ce propos, voici notre opinion la noblesse en général, dans toute l'Humanité.

Au-dessus de toute noblesse > il y a la Race, le

§rpe sublime qui la consacre. Jamais il n'yjeutque eux manifestations de la Race, l'homme de génie et le héros. Tous deux portent leur signe avec eux. Tous deux font la noblesse d'un pays, mais de la noblesse humaine* Par la race qui est en eux, dans l'un comme l'éclair, dans l'autre comme le flambeau, il tiennent du feu qui purifie ce qu'il touche ou le consume. Toute action se transforme en eux et devient.belîe. L'anobli peut souiller son courage d'un intérêt, d'une convoitise de grades ou de dignités, le ^gentilhomme lutte parce que sa cause est belle et qu'il l'aime, et il ne peut se préoccuper d'aucun intérêt pendant le combat, A ce désintéressement seul on reconnaît un homme de race, un gentilhomme. Aussi est-il très difficile, sur mille gentilshommes, d'en trouver un seul, par tous pays. Il ne faut pas être dupe de l'anoblissement, voilà tout. Cela n'a jamais rien signifié pour un gentilhomme réel.

Chapitre x. — A ce moment quelque chose de terrible passa, du sourire flegmatique et du tremblement léger de la voix de lord Ljonnel,. dans le ton de son histoire. Une sorte d'éclat de dynamite intellectuelle rompit le roc de glace de son débit, bien que l'organe ne s'élevât pas d'un coma plus haut que l'instant d'auparavant» Ce fut seulement cette petite hésitation de la voix qui avertit électriquement Edison qu'une de ces crises formidables, qui dédaignent de se manifester icibas, et où la Haine prend les proportions de l'Eternité, agitait Vâme profonde du narrateur.

« — Ami, reprit le jeune homme, ce n'est pas au fronton de l'antre où flamboie le Pire, c'est au seuil bénin du Médiocre qu'il faut laisser l'Espérance!.,. »

Je dois ici relever une erreur de détail commise par Dante* Tout Jiomme digne du nom d'homme doit tenir à la rectifier à 1 occasion, car

JANVIER iftji

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l'importance du poète accrédite tua peu tf$jp le côté sensible de cette erreur. Le Pire ne «Brait entraîner jamais que le Purgatoire : au Médiocre seul appartient» revient de droit l'Enfer, Gaï f Enfer doit manquer de toute grandeur pour ttïe infiniment affreux, c'est-à-dire conforme à M notion* La flamme, pour être absolument ignoble/ C4?mme il est de nécessité, doit s'y compliquer de nausée : donc, le Médiocre en est l'élément indispensable. L'Orgueil peut s'amender, s^l est grand, la Vanité, non. Son soi-disant repentir aggrave la faute et en approfondit la misère» Elle n'a pas en elle de quoi se reconnaître autrement que selon sa nature, c'est-à-dire d'une manière stérile, c'est-à-dire pour toujours et de plus en çlus infernale* C'est la, je puis le croire, sans forfaire ^au dogme, il me semble, le sens du mot évangélique : « Si vous êtes tièdes, je vous vomirai par ma bouche* » Or, d'après l'éclaircissement du Christianisme, . chacun, dans la mort, devant) se rendre, dé luimême, à Vétat qu'il s'est créé pendant la vie.,., — le Médiocre, désagrégé, ne peut se précipiter que dans l'absolument Médiocre, c'est-à-dire dans ce que l'on peut appeler, en effet, au figuré, le vomissement de Dieu, — c'est-à-dire la dernière expression de l'éternel dégoût de l'Esprit-Saint, -rc'est-à-dire l'Enfer. '

j Bien des casuistes, des conciles même pourraient sanctionner de leur souveraine autorité cette interprétation, que quelqu'un leur soumettra sans doute, un jour, avec les développements,qu'élle comporte. Cela deviendra, certainement, un article de foi> si je raisonné selon le Bien, comme je l'espère*

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