DESTINS
O Femme, chau tragique exquîsément amère tomme, notre mépris sublime et notre die*, u gouffre de douceurs, et cavale de feu, Qui galope plus vite encor que la chimère.
Femme qui nous attends dans l'ombre au coin du bois Quand chevaliers d'avril en nos armures neuves Nous allons vers la vie et descendons les fleuves En bateaux pavoises, la palme verte aux doigts.
L'oriflamme Espérance aux fraîcheurs matinales ^e gontle ; nous ouvrons dans le matin sacré Nos yeux brillants encor de n'avoir pas pleuré .Nos yeux promis plus tard à tes fêtes fatales: '
Ivre d'or et de pourpre, et des fracas du fer, Le sang torrentiel en nous se précipite,
VerfvInW 6 SUpefb 1 ea lon 8 s hissons palpite Vers 1 infini, comme la voile .vers la nier!
Toi, debout au miroir et dominant la vre «.Peignes tes cheveux de reine, indolemment:
Et pou r les voi r passer, tu tournes un moment Tes yeux d enfent cruel, à qui tout fait envie.
Fleur chaude, sombre fleur balançant ton poison Tu te souris, tardant ta nudité hautaine, P '
Et dej a les parfums de ta robe lointaine Elottent comme une haleine ardente à l'horW
Le Soleil, qui surgit, ruisselle snr lestes... ils on^frenn devant les destins révéfés
Tvr«°,? qUé i antS du Rêve anx « rands fr< »»ts étoiles, Ivres de galoper, ventre à terre, aux abîmes
Ah l tu la connais bien. Sphinx avide et moqueur, Cette folle aux yeux d*or, qu'à vingt ans Ton épouse, La gloire? — femme aussi... Lève -toi donc, jalouse. Debout et plante-nous ta frénésie au cœur.
Rampe au long des buissons, darde tes yeux de flamme.
Un regard, et déjà notre élan est tombé ;
Un sourire, et l'alcool de nos sens a flambé;
Un baiser, et tes dents ont mordu dans notre âme!-
Les voilà maintenant, les sublimes, les fous, Tous ceux qui s'en allaient aux fêtes inconnues, Archanges déplumés, précipités des nues, Oh! comme les voilà rampants à tes genoux!
Tout leur cœur altéré râle vers ta peau rose ; L'âme saigne le sang pur de la trahison* , Là-bas, les derniers feux meurent à l'horizon, Et voici s'effondrer la grande apothéose!
Toi, cependant, trônant aux ténèbres du lit,
*Tu .berces leur vieux rêve éteint dans ta chair sourde,
Et dérobes le monde à leur paupière lourde
Avec tes longs cheveux de langueur et d'oubli*
Ta chair est leur soleil, tes pieds nus sont leur gloire,
Et ton sein tîëde est une mer aux vagues d'or,
Où. leur cœur épuisé dé paresses s*endort
Sous tes .yeux où s*allume une sombre victoire,**
Ils sont tiens maintenant ; c'est à jamais leur sort De se damner au ciel sanglotant de ta bouche ; Et, souriant du haut de ton orgueil farouche. Tu refermes sur eux, enfin douce à leur mort,
Tes bras, tes bras profonds et doux comme la Mort,
Albert Sàmàin.