DEUX POÈMES
Les Quarante Heures
D33 tous les jours que l'année, cette joueuse au cerveau chasse devant elle, le jour -d'aujourd'hui est le plus singulier, peut-être. Il nous faisait rire autrefois Mous ne rions plus; je rêvent toi, tu pries. Seulement ta prière est plus longue que les autres jours, et moi, ma rêverie plus amère. C'est le jour des masques pour moi, Pour toi, le jour des Quarante Heures!
Jour double! et mi-parti comme l'habit d'un bouffon qui nmt avec le cœur gros et les yeux en larmes. — Vêtu comme Scaramouche — ici d'un jaune éclatant et joyeux, - là, d'un noir funèbre. Païen et chrétien à la fois. Jour d'éternelk dissipation et d adoration perpétuelle.
(ij Le Mercure de Franc* doit ces pages à M»« Kead la détentrice et la >r^«/r^ des papiers d« g„ ffld romancier
ment. Des Spectres, une ou. deux strophes forent jadis citée» dans un article du Parlement. Les Quarante sSUL ^ adressées à son frère, qui, on le sait, St prêtref !? R. g!
C'est le jour des masques jioirr moi, Pour toi, le jour des Quarante Heures f . - ~ Jour des masques ! Il , est bien nommé, quoi-
lînnï V* aPPel6r âinsi tous les autres jours de
I année. Mais ses masques à lui sont plus cais -L"
étonne ne nie ce jour-là qu'il en ait 4 sur la
7.i e j° leil lni - n * m «-«-te 5ien et se cache souple 3 dun nua S e - I-ra^ta remarqué?... H fait presque toujours, ce jour-là, un équivoque beau temtfc ou grise comme un domino ^gris, tombe autour de nous la lumière! Seul, dans l'église où les
DTe^r^r" f ° n ^ le S ° leil ^ ^ue aux rues
C'est le jour des masques pour moi, . "
Pour toi, le jour des Quarante Heures !
^ Oh! mon ami/mbn cher Léon, ce jour sinistre dans sa gaité pour moi, .est rempli pour toi- de joies saintes! Pour toi, il fait flamber plus fort
1 encens de ton cœur embrasé. Pour moi, dans le mien il ne remue, du bout de son doigt ennuyé,
ïïïr? " ""f "^ PréSent éteinteS ' ° P rétre W
S\ P heUreUx! 1 uand dans ta staUe.à.
Saint-Sauveur, sous ces vitraux qui tamisent pour
moi tant de pensées, avec la lumière, tu chantes
ton Seigneur Dieu, aux longues après-midi dès
vêpres, tu n'as jamais fermeté fois le Mâfseï
couverte^ ' l*^ * fr ° nt Sur J * P°itrine > W?? V SUrphS tran< ï uille ' Pour rêver aux
in Zf e JeUneSSe ; "~ èt à m6l > ce J our ' 'comme un bourreau masqué, apporte la tête de la mienne!
C'est le jour des masques pour moi,
Pour toi, le jour dés Quarante Heures! •
MARS xfyt
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Les Spectms ,
Vous les connaisses bien ces amants des clairières. Ces spectres, revenant,, de la tombe transis, Sous la Inné bleuâtre et ses pâles lumières, . . > Ils dansent dans les cimetières, Mais dans mon cœur, ils sont assis.
Ils sont ïài tous, assis avec mélancolie, Dans l'immobilité des morts, sons leurs tombeaux : Et pâles et navrés t croyant qtfon les oublie. Us ne se doutent pas qu'ils sont pour uous la vie/ Plus puissants quelle et bien plus beaux!
O spectres des amours finis, spectres de femmes, Qui faites nos regrets pires que des remords... Vous ne revenez pas que la nuit dans nos âmes. * Mais des jours les plus clairs vous noircissez les flammes r Et, morts, faites 4e nous des morts!
Et toi, toi qui me crois vivant, — vivant encore , Car je le redeviens sous tes regards si doux, — >,
Craies les sentiments fous des cœurs à leur aurore, . Et n'apprends pas qu'il est dans ce cœur qui t'adore, : -Un mur de mortes entre nous!
L Barbey d'ÂureviixV
ija MERCVRE DE FRANCE