‹ Mercure de France, tome 2Chapitre 6 sur 127 · LA CHANSON DES SOUVENIRS · texte numérisé non relu

LA CHANSON DES SOUVENIRS

— Mangeons de* souvenir* dans la coupe d'atrate Mangeons le* grappes d'or des souvenirs épars ' ' . —- Kegarde frissonner notre vieille frégate Appareillant déjà ponr de nouveaux départs...

- Nos deux cœurs sont trop vieux ponr quitter lesrivams

No»? Z l tt r V ° n * ^""? Vf des fl " VM ainers... ^"

Nous ne referons plus les longs et beaux voyages, No. cœurs bercé* par la chanson calme des mfrs...

R«« P ^ lle ; toi le . tem - ps de nos aveni tremblants... iaeus, maintenant, vois, nos denx cœurs ont des rides Nos cœurs sont des vieillard* graves, à chevenx blanc, Qui ne quitteront plus ces littoraux arides.':.. ' '

nPï^f 1 ' ah! dïS -~ P OUT «»»MIer ces soirs farouches - Dis-moi tes souvenirs des choses de jadis

Dis-moi les clairs baisers qui fleurissaient' nos bouches Les rouges voluptés de nos vieux paradis ! .. ..

Ces rdiques, dis-les, chère langue perverse... évoque les parfums des roses qui m'ont plu.

roi, mon printemps fané, que ta lèvre me verse Un peu dujeune avril qu'elle ne connaît plus!.*.

Ne te souvitfnt-il point des rires de ces faunes

Qui faisaient s'envoler nymphes et papillons >

— La tempête, aujourd'hui, tord nos crinières jaunes

Ht mord ta peau, partons les trous de tes haillons L.. -

—- Maudis-tu donc encor la pâle châtelaine Pour qui ma pauvre vielle a bien longtemps chanté Qui daigna .^écouter pleurer ma cantflèné, Assise au balconjd'or du manoir enchanté?...

RappeUp-to! 1 effroi des robes dégrafées.

Dans les grisants parfums de ce jardin ialant

? a °£Jir ♦ *? »•—"*«* à des ïev,S de «es r Rappelle-toi tons mes baisers sur ton cou blan"? "*

Rappelle-toi çes^ nuits où les ailes d'un ange Embrasaient de leur vol les cèdres du ravST Et nos rires d'argent, ce midi de vendante ' Ou tu te barbonillas lés pommettes de ^n

O le baume enchanteur des choses en allées 1 O le royal nectar des souvenirs amers » ^"

W les baisers surpris aux tournants des allées ' Et nos rêves bercés sur Pazur don* deî Im^ÂV."'

O i'évocatiqn des jeunesses lointaines :

Où revivent des voix d'enfantins violons '

g tes petits pieds blancs dans le chant des fontaines -

Et leslys! et mes doigts dans tes longs : c&££?^Y I

O tout notre passé !... et toute notre ioie r !

- Maintenait les éclair, brûlent affronte tremblant* Et 1 ouragan, parmi les rochers, roule et broie

Nos ç« ttrs , nospauvres cœurs/déchirés et «nglants l ...

— Regarde frissonner notre vieille fréaâte •'■'":- Appareillant déjà pour de nouve^uxXLts

■ManSifT deS ««*«»« dan, la wKaWle Mangeons les grappes tfor des soùveniiTéparf * :i

G;-Aibbrt Aurier.

Page 1