PRIÉ ME
. ' A Albert Samaîn.
Seigneur! conserver-moi mon chagrin vénérable ! Que , mon chaste déd!ain soit fort comme un érable !
Conservez-moî t Seigneur! mes ténèbres, afin
Qu!e mon désir oublie i jamais qu'il eut faim !
Là joie est le glûau misérable où s'attache
L'aile blanche de nos virginités sane tache.
Hais la souffrance est le sol fécond où tu croit,
Fleur de mystique amour, loin des tièdes effrois,
. Et c'est pourquoi; Seigneur! j ? ai fait de ma. tristesse, Lourd tissu de mes deuils, une tenture épaisse
Où mon culte s'isoie/ayec la volupté . Du; chien qui voit marcher so*n maître à son c6té.
Je suis le chien boueux qui hurle dans la cave Où la mort a. tendu spn ombre froide et grave. ;
Seigneur! purifier mes sens dans le sommeil! ; Le mal prend conscience aux gaités du soleil ! \
Et mes yeux de -scandale ont scellé leurs paupières, De peur qu'uu xayon dur ne heurte les prières.
£a cendre de douleur couvre mon front penché. Devant le spectre blême et louche dix Péché
X*espérançé d'en bas, honteuse, 3e retire, .
Et, parfum doulpureux.de mon âme inarlyre, ;
Comme un murmure lent, sort d'un, buisson geignent, Mon extatique ennui monte versions, Seigneur !
Lours Denise /-